‹ Traité de cristallographie suivi d'une application des principes de cette science a la détermination des espèces minérales et d'une nouvelle méthode pour mettre les formes cristallines en projectionChapitre 56 sur 74 · Pyroxène · texte numérisé non relu

Pyroxène

Depuis que le pyroxène a été séparé de l’amphîbolc, de la tourmaline, 'de l’axinite, de l’épidote, etc., auxquels Rome dc l’Isle(i), le baron de Born (2), et d’autres minéralogistes l’avaient

(1) Cristallogr. , tome II , page 344 et suivantes.

(2) Catalogue niéthodiquo et raisonné de la collection des

Fossiles dd mademoiselle Eléonore de Raab, t. I, p. i58 et suivantes. •

associé sous le nom commun de schorl, on a découvert successivement, dans divers pays, des substances qui en diffèrent par leurs caractères extérieurs, mais qui m’ont paru n’en être que de simples variétés, d’après les applications des lois de la structure à leurs formes cristallines. Ces substances, au nombre de six, sont la sahlite ou malacolitc, et la coccolithe, que M. d’Andrada a décrites le premier, et qui faisaient partie de la riche récolte qu’a procurée à ce savant célèbre sou voyage en Suède et en Norwége(i); la baïkalite, ainsi nommée par les minéralogistes de Russie, à cause de son gissement près du lac Baïkal (3) ; la mussite etl’alalite dont nous devons la connaissance à M. de Bonvoîsin, qui les avait trouvées en Piémont dans’ les vallées de la Mussa et d’Ala (3) ;

(1) Voyez, la Journal de Physique, t. II, p. aSg etsuiv.

(2) Je dois avertir que, pendant plusieurs années, on a débité ici, sous ce nom de baïkalite, une variété d’amphibole aciculaire blanc-jaunâtre (tremolith, W. ). Je me suis aperçu de' la ihéprisè, on examinant des cristaux de la véritable baïkalite , qui m'ont été envoyés par M. Heuland , et que j’ai reconnus pour appartenir au pyroxène.

(3) Le premier article que j’ai imprimé sur ces deux substances avait pour but de prouver qu’elles devaient être réunies au pyroxène. (Annales du Muséum d’Histoire nat. , tome XI, page 77, et Journal des Mines, tomè 'XXIlI, p. 145.)

Cet article avait été précédé d’une note insérée dans ce dernier Journal , tome XX, page 65, par M. Tonnelier, où

enBn la lassaïte (Iccourerte, il y a environ trois ans, dans la vallée de Fassa en Tyrol, ce qui lui a lait donner, par M. Wemer, le nom que je viens de citer, auquel d’autres minéralogistes ont substitué celui de pyrgom (i).

Les premiers observateurs de ces diverses substances n’avaient pas hésité à en faire autant d’espèces particulières. Il est même très probable que l’idée du pyroxène ne s’élait offerte à aucun d’eux, tant ces substances lui ressemblent peu par les caractères qui parlent aux yeux, tels surtout que le ton de couleur et l’aspect général de la forme. U n’y avait pas même lieu à imaginer ici un de ces passages d’une espèce à l’autre, que l’on trouve indiqués dans plusieurs traités, et les résultats des découvertes récentes, en s’introduisant dans celle dont le pyroxène est le type, auraient pu ramener la confusion que ses anciennes alliances avaient répandue autour de lui.

il expose l’opinion que j’avais émise dans une de mes leçons publiques , à laquelle il avait assisté , savoir : que la mussite et l’alalite formaient deux variétés d’une espèce particulière à laquelle j’avais donné le nom de diopside. L’article dont j’ai parlé d’abord ne me paraît laisser aucun doute sur la justesse de la détermination que j’ai bientôt substituée à celle qui résultait des observations faites sur le seul cristal que j’eusse à ma disposition, et qui n’était pas susceptible de se prêter à des mesures précises.

(i) Voyez, le tome III des Mémoires du Muséum d’His* toire naturelle, page 120 et suivantes.

SaS

^ Dans Pélat actuel de la science , on s’accorde assez généralement à partager les différens corps dont j’ai parlé, en trois séries relatives à autant d’espèces, dont l’une est le pyroxène (augit) auquel on a réuni la coccolithej la seconde la sahlite à laquelle se rattachent la baïkalite et le pyrgom, d’après les indications des caractères extérieurs , et le diopside qui comprend la mussite et l’alalite. Je me réglerai sur cette distribution dans tout ce qui va suivre.

^3. Les ressemblances qui ont lieu entre les formes secondaires que présentent certaines variétés qui sont communes aux ti’ois séries, donnent une nouvelle force à la preuve qui se tire de l’identité de forme primitive, en faveur de l’unité d’espèce. La variété périoctaèdre ( fig.| aS ) (i) existe parmi les sahlites d’un gris verdâtre, que l’on trouve en Norwège, et reparaît dans les pyroxènes noirs du

(i) Je joins ici le signe de cette variété et ceux des cinq autres dont je vais parler. La figure a4 représente le noyau.

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