‹ Traité de cristallographie suivi d'une application des principes de cette science a la détermination des espèces minérales et d'une nouvelle méthode pour mettre les formes cristallines en projectionChapitre 59 sur 74 · M'G’È, M‘H“G'É, M'G'PB, M'G’EA · texte numérisé non relu

M'G’È, M‘H“G'É, M'G'PB, M'G’EA

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Les lois de décroissement d’où dépendent ces va^ riétés sont du nombre des plus simples, et de celles qui se rencontrent le plus ordinairement, en sorte que leur concours dans des corps dont on a fait des espèces différentes, n'offre par lui-même qu’un faible motif en faveur de la réunion de ces corps dans une même espèce. Mais les lois dont il s’agit empruntent un caractère spécial d’une propriété remarquable dont elles décèlent l’existence dans les mêmes corps , et cet avantage compense , au moins en grande partie , ce qu’elles perdent à être en si petit nombre et si

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communes. Celle propriélé consisle en ce que parmi les lois dont il s’agit , celles qui agissent sur les angles et sur les bords de la base de la forme primitive, conduisent à des résultats qui oflrent la répétition des mêmes faces situées en sens contraire , avec des inclinaisons égales. Ces lois se rapportent aux corn-

binaisons binaires E B et PA. Ces sortes de répeti-

lions n’ont lieu dans aucun des autres prismes rhomboïdaux connus jusqu’ici , à l’exception du pyroxène, qui est d’ailleurs très distingué de l’amphibole par sa forme primitive et par l’ensemble de son système de cristallisation.

Les substances dont je me propose ici d’établir le rapprochement ont été partagées en trois espèces, dont l’une est la horn-blende (amphibole), la seconde le strahlstein ou l’actinote, et la troisième la trémolite ou la grammatite.

Examinons maintenant la manière dont les lois de décroissement que j’ai citées sont coordonnées par rapport aux variétés comprises dans les trois espèces.

Les amplnboles du cap de Gâte, qui s’offrent comme les types des cristaux répandus daI^s les terrains volcaniques, se montrent sous la forme de la variété dodécaèdre (fig. 34), tantôt .simple et tantôt modifiée par des, hémitropies dont j’ai donné plus haut l’explication. 11 existe à Parlas, eu Finlande, des cristaux de la même substance, d’un noir foncé, eugagés dans une cliaux carbonatée laminaire blaa-

châtre. Leur forme , qui est celle de la variété bisunitaire (fig. 3a), a aussi son sommet composé de trois &ces, dont deux Z, /, présentent la répétition en sens contraire des faces r, r de la précédente ( fig. 34) > séparées par la face P.

La même chose a lieu par rapport aux cristaux de Strablstein , que l’on trouve datis les filons métalliques de la Norwége.

Cette même forme reparaît sur les trémolites du Saint^Gothard , dont la gangue est une dolomie , et dans certains individus elle passe à la forme de la triunitaire, qui ne la modifie que légèrement. Ainsi, voilà le strahlstein et la trémolite qui s’identifient d’une part avec les amphiboles de PargaS, par là coïncidence des mêmes lois de décroissement, et avec ceux du cap de Gâte, malgré la diversité des décroissemens, qui, en suivant une autre marche, ont ramené les mêmes faces situées en sens contraire.

On trouve dans le Groenland dés cristaux que leur couleur d’un gris verdâtre, jointe à un éelart nacré , doit faire ranger parmi les trém'oÜteS. Leur forme, qui est celle de la variété imitative

(fig. 35), et qui a pour signe M*G*EA, semble

ofinr là contre-épreuve de la variété dodécaèdre , à laquelle appartiennent les cristaux dû cap de Gale. IjCs faces Z, Z, naissent d’un décroissement qui à lieu, uon plus sur les bords supérieurs, mais stir les angles I ^4”

latéraux, comme dans les crisfaux de Pargas, et qui s’annonce aux yeux par les stries dont ces laces sont sillonnées dans des directions parallèles à la diagonale oblique de la base du prisme rhomboidal. La face y est la répétition en sens contraire de cette même base. Le cristal de ma collection qui oflre cette intéressante variété, faisait partie d’une suite d’échantillons que M. Giesecke a eu la bonté de choisir, pour m’en faire présent , dans la récolte doublement précieuse par la rareté et par la multitude des objets, que lui a procurée son voyage dans le Groenland, dont il a parcouru les difiérenles parties pendant huit années consécutives, avec l’œil d’un excellent observateur, et avec ce courage que l’amour delà science est seul capable d’inspirer et de soutenir.

On ne croira pas aisément que les actions de ces lois, qui semblent s’ètre concertées pour donner naissance, par leur diversité même, à des analogies et à des ressemblances si parlantes , se soient partagées entre des corps distingués par leur nature. Il est visible que ceux auxquels elle sert de lien commun sont inséparables les uns des autres. Parmi les cristaux que j’ai cités, il en est que l’on pourrait tout aussi bien rapporter à telle série qu’à telle autre. Plusieurs de ceux que l’on trouve en Norwége, et qw sont d’un noir nuancé de verdâtre , ne diffèrent pas à cet égard de quelques autres qui ont été placés dans l’espèce de la horn-blende. La variété imitative du Groenland, participe des caractères extérieurs des

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Irémolites et de certaines variétés du strahlsteiii. J’ai été quelquefois témoin de rembarras où se trouvaient des minéralogistes auxquels on montrait des cristaux isolés de leur gangue. Ils rapportaient, par exemple, au strahlstein , des trémolites d’un vert clair, que l’on rencontre quelquefois au Saint -Gotliard. Mais si on leur en montrait de- semblables engagées dans la dolomie , ils les reconnaissaient à leur gangue pour des trémolites. C’était le caractère empirique qui les nommait. Au reste, cette incertitude, loin de préjudicier aux conséquences que j’ai déduites des résultats de la Cristallographie, leur donne une nouvelle force. C’est une raison de plus pour nier l’existence d’une ligne de démarcation qui se fait cliercher par ceux mêmes qui l’ont tracée.

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