‹ Traité de cristallographie suivi d'une application des principes de cette science a la détermination des espèces minérales et d'une nouvelle méthode pour mettre les formes cristallines en projectionChapitre 60 sur 74 · Tourmaline · texte numérisé non relu

Tourmaline

a5. Les divers cristaux de tourmaline qui, depuis un certain nombre d’années , ont été découverts au Tyrol, en Espagne , au Brésil , en Sibérie et dans les États-Unis , ont eu le même sort (pie • ceux de pyroxène , que l’on a distingués sous les noms de sahlite , de coccolite , de baïkalite , etc. Les premiers observateurs j trompés par la diversité d’aspect sous laquelle se cachait le caractère géométrique des formes, leur ont fait prendre de fausses directions, qui les éloignaient de leur véritable point de ral>liemeut.

Ce sont principalement les modifications, tirée»

hU TRAtTÊ .

des couleurs qui ont paru indiquer ici quatre especes différentes. L’une était la tourmaline de Sibérie, que l’on a nommée sibérite et rubellite. Une æconde était la tourmaline bleue d’Utô eu Suède, que d’Andrada, auquel nous en devons la connaissance, appela indicolite. L’origine de la troisième espèce remonte à la tourmaline verte du Brésil. On lui associa toutes les autres tourmalines qui réunissaient à tin certain degré de transparence le bleu verdâtre, le vert jaunâtre ou l’orangé brunâtre, et l’on réserva pour cette espèce le nom de tourmaline^ Enfin, on désigna par celui de schorl commun, gemeiner Schorl, la quatrième espèce composée de toutes les tourmalines noires et opaques.

Plusieurs auteurs rapprochent aujourd’hui ces dif* férens cristaux dans une même espèce, qu’ils ont seulement partagée en deux ou trois sous-espèces, d’après le m^e caractère dont on s’était servi pour les isoler entièrement les unes des autres. Mais les descriptions particulières qu’ils en ont données lais* sent subsister des traces des anciennea distincÜQns, que l’état actuel de nos connaissances doit &ire évanouir. C’est ce que prouvera le tableau que je vais tracer de l’ensemble de toutes ces tourmalines, d’après des considérations qui, je l’espère, paraîtront neuves, soit par la manière dont elles seront pré** sentées, soit en elles-m^es. Ces considérations nie paraissent d’autant plus importantes, que la Chûme, contre son ordinaire ^ semble avoir étéd’intelli^ce

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DE CRISTALLOGRAPHIE, avec les caractères extérieurs, pour établir ici des points de séparation, et que c’est principalement à ses résultats que je dois comparer ceux de la Cristallographie , pour remplir le but de cet article.

Je remarque d’abord que parmi les divers cristaux de tourmaline que j’ai eus entre les mains, il n’en est aucun sur lequel les faces du rhomboïde primitif (fig. 36) ne se montrent, avec la seule différence que tantôt on les voit toutes les six, et tantôt on n’en voit que trois situées autour d’un même sommet. La surface latérale est presque constamment composée de neuf pans, dont six résultent du dé-

croissement D, et trois du décroissement e. Il est rare qu’il n’existe que les six premières, ou que les secondes se répètent, de manière que le prisme soit dodécaèdre, ce qui rétablit la symétrie sur la sur&ce latérale j mais les formes des sommets continuent d’y déroger, ainsi que l’exige la vertu électrique. L’ensemble de ces diverses &ces , surtout de celles des sommets, communes aux différens cristaux de tourmaline, annonce qu’ils ont été, pour ainsi dire, exécutés d’après un même dessin, composé des traits les plus caractéristiques de l’espèce à laquelle ils appartiennent. Les unes se rapportent au type géométrique, et les autres ofirent l’empreinte qu’une propriété physique très remarquable a laissée de son influence sur la cristallisation.

La forme qui résulte de l’assortiment dont je viens^ de parler, était plus ou moins modifiée sur tous les-

53(î ■ TlUITÉ

ciistaüx que j’ai vus, par des facettes additionnelles qui, loin de nuire à sa prédominance, la faisaient ressortir davantage. Les diversités qui en résultaient avaient un autre effet, qui était de mettre une parfaite ressemblance entre des cristaux qui, d’après leurs couleurs, auraient appartenu, dans les anciennes méthodes, à des espèces distinctes^ ainsi, la variété équidifférente raccourcie, que représente la fig. 37, et dont le signe rapporté au rhomboïde pri-

mitif ( fig. 36 ) est, D e E PpB 6(1), existe parmi des

si' Vpn

cristaux transparens d’un jaune verdâtre que l’on trouve dans l’île de Ceylan , et j’ai dans ma collection deux cristaux opaques et d’un noir foncé, qui en offrent la forme dans toute sa perfection. C’est le scborl qui se confond avec la tourmaline dans un même résultat de cristallisation.

Je n’ai observé jusqu’ici que des cristaux noirs de Madagascar et du Groenland', qui ofifrissent la forme complète de la variété isogone (fig. 3g), dont le signe

est DE e Fp ’E' Mais les faces de celui de ses

si' Ÿ P O

sommets qui en montre six se retrouvent sur des cristaux qui appartiennent les uns à la tourmaline verte du Brésil, et les autres à celle de Ceylan, d’une couleur brune.

(i) C’est une sous-variété de celle dont on voit la projection (Eg. 38) sous les dimensions des cristaux ordinaires.

Ces cristaux ne sont pourvus que du sommet qui est terminé par les six faces indiquées ; et comme il est le siège du pôle vitré, on doit présumer que l’autre sommet , s’il existait , n’offrirait que les trois laces primitives, comme devant être plus simple que le premier ; les formes alors en diraient davantage. Mais déjà elles en disent assez dans leur état actuel , pour solliciter la réunion du schorl avec la tourmaline.

Je n’ai pu encore me procurer que des portions de cristaux de sibérile qui n’étaient terminées que d’un côté. Toutes avaient leur surface latérale composée des neuf pans ordinaires. Mais les formes des sommets intacts différaient entre elles. Dans les unes, elles offraient tantôt les trois faces primitives seulement, et tantôt neuf faces, dont trois étaient primitives, et les six autres disposées autour des pré-

cédentes, résultaient du décroissement D. J’ai cru pouvoir faire en quelque sorte la syntlièse des cristaux dont ces formes incomplètes seraient comme les élémens , en combinant les positions des pôles électriques avec celles des sommets qui existent solitairement sur ces formes.

J’avais remarqué que ceux de ces sommets qui n’avaient qu’une face perpendiculaire à. l’axe donnaient des signes d’électricité résineuse, et que ceux qui était terminés par plusieius faces obliques manifestaient l’électricité vitrée. 11 résulte de ces observations, que si l’on réunit par la pensée les portions

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de cristaux terminés par un seul plan , avec celles qui oflrent plusieurs faces, de manière à en composer des polyèdres complets, les positions des sommets, dans chacun d’eux, auront la même relation avec celles des pôles électriques que dans les tourmalines ordinaires , et l’analo^e sera d’autant plus marquée, que ce sera le sommet simple, et même le plus simple possible, qui manifestera l’électricité résineuse, ce qui a lieu généralement dans les tourmalines.

J’ai dans ma collection un morceau qui confirme cette manière de deviner en quelque sorte ce que l’observation ne nous apprend pas. On voit sur ce morceau divers cristaux engagés par leur partie inférieure dans la roche environnante, et dont l’autre y qui est saillante, offre tantôt le sommet de la variété quinquévigésimale ( fig. 4o) , qui, sur la figure, est tourné vers le haut, et tantôt le sommet opposé. Son signe est

DEeP‘“pB b A a A a

Il est bien naturel de penser que si la cristallisation avait joui de toute sa liberté , les cristaux complets qu’eUe aurait produits auraient offert la coexistence des deux sommets qui se montrent séparément sur les parties saillantes dont j’ai parlé.

Je reviens à la sibérite , dont j’ai observé deux formes que je crois pouvoir regarder comme corn-

DE CRISTALLOGRAPHIE. 53g

plûtes, d’après l’hypothèse précédente. L’une est celle de la variété trédécimale (%. 4i)> dont

signe est DE e P^p’* A a, et l’autre celle de la va-

riété nonodécimale (fîg. 43); qui a pour signe

DE e Pp‘®D d Aa.

La face A:' qui termine la partie inférieure de ces Variétés , n’existe solitairement sur aucune des autres tourmalines. Mais elle se retrouve sur un des sommets de la variété sexdécimale (fig. 44)» dont on rencontre au Saint-Gothard des cristaux d’un vert clair, et sur un de ceux de la variété quinquévigésimale (fig. 4o), dont j’ai parlé plus haut, et qui appartient au schorl. Le sommet supérieur de la même variété de sihérite, qui n’offi’e que trois fiices primitives, fait partie du type commun à toutes les tourmalines. Quant aux faces t, tj de la variété nonodécimale (fig. 43) , j’en ai reconnu les analogues sur une tourmaline transparente d’un vert foncé, qui venait du Brésil. C’est celle que j’ai nommée didodéoaèdre , et que représente la figure 43. Son signe est

DE ePp‘E‘*VD d.

s l P fl O t

La variété surcomposée ( fig. 47 ) qui se rapporte à la tourmaline verte du Brésil, est remarquable à

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54o TRAITÉ

plusieurs égards et mérite d’occuper ici une place, quoique je ne l’aie encore vue qu’avec un seul sommet, que représente la partie supérieure de la Cgure, l’autre n’étant qu’hypothétique. Son signe est

DeE*E‘*'’e‘.*e e P/J*E* e A. a

Les faces du rhomboïde primitif se combinent avec ' celles d’un rhomboïde secondaire désignées par s, qui en offrent la répétition , en vertu du décroisse-

sement e. La cristallisation ne s’est pas bornée à montreiç^le type de l’espèce sur cette variété comme sur toutes les autres, elle y a joint encore la copie fidèle de cette forme originale. D’une autre part, la même variété a de l’analogie par les faces du même sommet avec les formes de cinq autres, savoir, la trédécimale (fig. 40 dont j’ai déjà parlé, et qui est

une sibérite, la sexdécimale (Gg. 44) ®

signe D P E * *E “‘‘cpa A , et que j’ai observée i

parmi les tourmaÜhes d’un vert clair du Saint-Go- - thard, l’isogone (Gg. 3g) que nous avons vue être commune à deux espèces différentes, et de plus, la iiono-septimale ( Gg. 45) et l’équivalente (Gg. 45 ([ui se rangent parmi les schorls noirs. Le signe de Ja

première est D E e Pp A « , et celui de la seconde

si V P h

DE/Pn'E"’'e’*.

Cette sorte de commerce que les lois de la structure établissent entre les corps que je viens de citer, ne paraît pas se concilier avec une diversité de composition.

Je n’ai pas compris l’indicolite dans le parallèle précédent, parce qu’on ne l’a pas encore observée sous des formes déterminables. Le rapprochement que j’en ai fait depuis long-temps avec la tourmaline (i) était fondé sur le résultat de sa division mécanique et sur sa propriété éleetrique. Le caraetère qui se déduit du premier résultat est surtout sensible dans les petits eristaux cylindroïdes que j ai observés, et que l’on trouve à Utô, où ils accompagnent l’indieolite acieulaire d’un bleu foncé.

26. Rien n’est plus digne d’attention que ce qu’on observe aux Etats-Unis, dans la province de Massaebusets , où la manière dont les cristaux qui ont la plus grande analogie avee ceux des quatre espèees s’allient ensemble , offre un fait non moins curieux qu’instructif. On voit sur un même fragment de granité des cristaux violets semblables à la variété eylindroïde de rubellite , d’autres qu’on prendrait, à leur eouleur verte, pour des tourmalines du Brésil, d’autres encore, en aiguilles groupées, tantôt d’un bleu de eiel , tantôt d’un bleu noirâtre, comme

(1) Annales du Muséum d’Hist. nat. , 1. 1, p, u5j et suiv.

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dans les variétés d’indicolite, et enfin des schorls d’un noir parfait. Ces difTérens corps s’unissent deux à deux , de manière à n’en former qu’un seul. Ici, un cylindre de sibërite est entouré par une tourmaline verte, qui lui sert comme d’étui. Là, c’est. le schorl noir qui est la matière du cylindre, et l’enveloppe a été fournie par la toiumialinc violette. Un peu plus loin, un semblable cybndre est emboîté dans un groupe d’aiguilles d’indicolite. Les joints naturels qui naissent dans la partie cylindrique se prolongent dans celle dont elle est entourée. Par une suite de cette uniformité de structure, les deux parties ont leurs pôles vitrés ou résineux tournés du même côté, ainsi que je m’en suis assuré par l’expérience ; et ce qui est remarquable, c’est que si l’on prend diflTérens cristaux qui se soient formés séparément surun même morceau, et dont les axes soient parallèles ou à peu près, l’expérience fait voir qu’ils ont tous ^lement leurs pôles de même nom tournés dans le même sens. Ainsi tout, jusqu’aux relations que j’ai appelées de rencontre y conspire à démontrer l’impossibilité de séparer des corps que le travail de la nature a npis par des liens si nombreux et si étroits.

Les formes des cristaux que je viens de citer sont de celles que Pon nomme indéterminables' , à- Fexception de quelques-unes qiü offrent des indices du prisme à neuf pans et du rhomboïde primitif. Mais ce qui est concluant, c’est que l’on trouve, dans certaines parties du même granit, des cristaux noirs,

qui ont environ 45 millimètres ( 3 pouces ) de diamètre, et sur lesquels on démêle, à travers les stries qui sillonnent leur sur&ce latérale, les deux pans du prisme ordinaire. Ils n’ont qu’un sommet, qui offre d’une manière très prononcée les trois faces primitives. U est visible que ces cristaux sont identiques avec ceux de la mêmeccmleur engagés dans les groupemens dont j’ai parlé; mais ces derniers ne font qu’un avec les cristaux violets, verts ou bleus, dont ils sont inséparables. Nouvelle raison pour Ira considérer tous comme des variétés d’une espèce unique.

La découverte importante de cés tourmalines est due à M. Ezra Weeks, auquel elle assigne un rang distingué parmi les savans des Etats-Unis , dont les recherches dirigées par un zèle aussi éclairé qu’actif ont fait sortir d’un sol qui était resté si long-temps intact , diverses substances les unes jusqu’alors inconnues, les autres relatives à de nouvelles variétés, dont l’étude nous a procuré une connaissance plus parfaite des espèces auxquelles elles appartiennent.

Avant de terminer ce qui concerne les formes des tourmalines , je ne crois pas inutUe de Êiire remarquer la tendance qu’a eue la cristallisation, pour divcrsiffer les couleurs des variétés de cette substance que l’on trouve dans un même terrain. J’ai des sibérites qui, étant vues par réflexion, paraissent d’un bran noirâtre, mais qui, placées entre l’œil et la lumière, offi'ent des parties trans^rentes dont la

couleur est d’un vert qui se rapproche de celui de la tourmaline du Brésil.

J’ai indiqué plus haut une sibérite dont la partie supérieure est transparente et incolore. J’en ai une autre qui offre le même aspect dans les parties situées vers les extrémités , le milieu seul est occupé par une matière noirâtre. Le terrain où l’on trouve ces sihérites et les autres que j’ai d’abord citées, renferme aussi des cristaux noirs qui ne peuvent se rapporter qu’au schorl.

La sibérite en cristaux aciculaires d’un violet foncé a reparu à ütô, en Suède, à côté de l’indicolite qui jusqu’alors semblait avoir son domicile à part dans cette contrée.

Les cristaux de tourmaline violette de Rosena sont accompagnés à certains endroits de cristaux verdâtres de la même substance , qui n’offrent aucune trace de violet.

Au Saint-Gothard , on trouve des tourmalines blanches, et d’autres d’un vert clair, dans différentes parties d’une même roche, qui est la dolomie, et ailleurs des schorls noirs sont engagés dans des cristaux de quarz ou de feld-spath dit adulaire.

On ne connaissait au Brésil que les tourmalines les vmes vertes et les autres d’un vert bleuâtre. Ou a rapporté récemment de ce pays des cristaux cyli ndrôïdcs de la même substance qui sont d’un vert pâle, avec d’autres d’un vert jaunâtre, et des morceaux taillés dont la couleur est d’un rouge vif, qui

approche de. celui de la variété de corindon qu’on nonune rubis oriental.. On les a donnés ici comme tourmalines, et ce nom est vérifié par la propriété qu’ils ont' de devenir électriques à l’aide de la chaleur.

Il faut joindre à 'ces- observations celles que j’ai citées relativement aux quatre variétés diversement colorées qui «s’associent l’une à l’autre d’une manière si remarquable, siu: un même morceau de granité de la province de Massachusetts.

On n’avait pas encore observé, dans l’origine, toutes ces relations de position dont je viens de paiv ler^ mais, dans l’état actuel de nos connaissances, les distinctions tirées des couleurs et que semblaient Élire ressortir les distances entre les pays où l’on trouvait les corps des quatre espèces et les diversités des circonstances géologiques qui en formaient comme l’alentour, n’ont plus rien que de vague et d’insignifiant, lorsque c’est le même caractère dont on s’était servi pour séparer. ces corps, qui nous leSi montre en contact les uns avec les autres. i

27. Je reviens un instant sur la propriété qu’ont les .tourmahnes de devenir électriques par Faction de la dialeur. J’ai déjà parlé d’une, corrélation entre les ; pôles qu’elle détermine et la configuration des sommets dans lesquels résident ces -pôles. Elle cqn-^ siste en ce que l’un" d’eux a subi une; ou plusieurs lois de décroissement do^t.l’efiet a été npl ^';le sommet opposée Jüsqu’ici c’est le plus simple qqi a manifesté, ir. ' 35

réleetrieilé résineuse. Les tourmalines dont lés sbmmets contrastent le plus fortement par cette exception à la loi de symétrie, sont celles de Sibérie, sur lesquelles le sommet dans lequel réside lé pôle résineux n’oflre qu’une seule lace perpendiculaire à l’axe. La propriété dont il s’agit est beaucoup plus générale dans les tourmalines que dans les topazes elles autres corps qui la partagent, et où elle disparaît dans quelques-uns de ceux qui joinssent de la transparence. Parmi les tourmalines , la plupart même de celles qui sont noires et opaques, telles qu’on en trouve à Madagascar, dans le Groenland et le Massachusetts où quelques-unes ont jusqu’à 4^ millimètres (environ 9 pouces d’épaisseur), m’ont donné des signes très sensibles d’électricité. Mab les grosses tourmalines du Devonshire, où la couleur noire est jointe aussi à l’opacité, ont résisté à l’expérience, d\)ù l’on doit conclure, ce me semble, que c’œt la présence de quelque matière étrangère interposée entre leurs molécules intégrantes, qni s’est opposée à l’exercice de la propriété dont il s’agit ; et œ qui semble le prouver, c’est que j’ai observé une tourma - Kne semblable à celles dont je viens de parler, «t dont la forme , qui était celle de l’isogone dérogeait à la Symétrie, sans qu’il m’ait été possible d’en tirer aucun signe de vertu électrique.

La Crblallographie seule m’a fourni des considérations qui m’ont paru être d’une grande force^ en feveur du rapprochement des variétés, soit* de py-

roiène, soit (Tampliibole, dont on avait Êût plusieurs espèces. Les mêmes considérations se renouvellent ici à l’égard des variétés’ de tourmaline , et de plus y la Kiysique vient se placer à côté de la Cristallogra* phie, munie d’une propriété doublement remarquable , soit par elle-même, soit en ce qu’elle semble s’étre concertée avec l’action de l’alHnité qui a réuni les molécules de la tourmaline, pour représenter les actions contraires' des deux fluides électriques par Indifférence entre les formes des sommets qui manifestent ces actions.

J’ajoute que les corps susceptibles de devenir électriques par la chaleur, qui appartiennent à d’autres espèces, comme à la 'magnésie boratée, à l’axinite, à la mésotype, à la prebnite, au zinc oxidé et au titane silicéo-càlcaire, ont des formes primitives qu diffkent très senriblement les unes des autres par leurs angles et par le rapport de leurs dimensions. La tourmaline est la seule qui ait pour type un rhomboïde, et les incidences des faces de ce rhomboïde, dont la plus grande est d’environ i33*^7, le placent à une grande distance de ceux que présentent d’autres espèces , telles que la chaux carbonatée, le corindon , la chabasie , la dioptase , etc. Cependant les analyses, si elles ne laissaient rien à désirer,- indiquerai^t ici trois ou quatre rhomboïdes très voirins les uns des autres, et dont la différence serait si l^ère, qu’elle é^iapperait à tous nos moyens d’observation , ce i qui n’est imliement probable ; et si

l’on joint a celle considéraliou celle qui se lire de l’aclion électrique combinée, avec les formes des cristaux, on ne pourra que s’étonner des suppositions forcées par lesquelles il faudrait passer, pour arriver des résultats de la Géométrie et de la Physique à ceux de là Chimie.

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