XXII PRÉFACE
fres accusent de notables différences avec 1884 ; néanmoins les Etats australasiens n'ont pas hésité à augmenter leurs dettes. Ils ont vu s'accroître encore les chiffres de leurs budgets.
Parmi les changements fiscaux, il y a lieu de signaler 1" une capitation ou poU-tax levée sur les immigrants chinois dans divers Etats Australasiens, à l'exception de l'Australie du sud ; 2" un impôt d'un demi penny, établi dans la Nouvelle Galles du sud, sur toutes les terres non exploitées et d'une valeur supérieure à 500 L.
D'après la statistique, relevée plus haut, des tarifs douaniers des colonies anglaises, le taux moyen de ces tarifs était de 20, 3 0/0, Australie Occidentale, 19, 1 0/0, Nouvelle Zélande, 15, 7 0/0, ïasmanie, 15, 4 0/0, Queensland, 11, 3 0/0, Victoria, 10, 9 0/0, Australie du sud, et 7, 5/0 Nouvelle Galles du sud (1).
Des différences si accusées ont provoqué un mouvement en faveur d'une union douanière australasiene ; une conférence des représentants des Chambres de manufacture a été tenue le 5 octobre 1887 à Adélaïde afin de jeter les bases d'un ZoUverein Australasien, et de faire cesser la guerre de tarifs entre les divers Etats de l'Australasie. Tout indique que ce mouvement portera ses fruits.
1 . Sir Rawson W. Rowson a été chargé par la Fédération impérial League, de faire une enquête sur les divers systèmes douaniers de l'empire anglais. Il est résulté de cette enquête que tous les systèmes douaniers sont largement pratiqués, depuis la franchise entière jusqu'à la prohibition fiscale, qui atteint un maximum au Canada, avec des droits ad valorem de 75 0/0. D'après les calculs de sir Rawson, le commerce extérieur total de l'empire britannique s'élèverait à 1,048 millions de liv. st. dont 547 millions d'importations et 472 millions d'exportations. Dans ce total, le Royaume-Uni figure pour 642,372,000 liv. st. ou 61 4 0/0, et les possessions anglaises pour 405,908,000 ou 38 0 0/0, lesquels sont ainsi répartis : — Inde, 15 9 0/0; Australasie, li 10/0; Asie, 4 7 0/0; Amérique du Nord, 4 0/0; Afrique, 1,6 0/0 ; Indes occidentales, 1 0/0; Guyane anglaise et les îles Falkland, 0 3 o/O — D" commerce total du Royaume- Uni, les échanges avec les possessions anglaises prennent 26,4 0/0 et ceux avec les pays étrangers 73,6 0/0. — Dans le commerce total des possessions anglaises, les échanges avec le Royaume-Uni entrent pour 48 3 0/0, ceux des possessions entre elles pour 23 3 0/0, ceux avec les étrangers pour 28 4 0/0 — Voir le Messager de Paris, 27 mars 1888.
PRÉFACE XXIU
V. Etats-Unis. — Dans aucun Etat, les conséquences du régime protecteur, appliqué avec la plus extrême rigueur,ne sont plus saisissantes et plus curieuses à étudier qu'aux Etats-Unis. Nulle part, l'intérêt privé, dans ce qu'il a de plus fécond, mais aussi de plus excessif, n'a sacrifié plus impitoyablement à ses convoitises les intérêts généraux de la nation. Il n'y a point d'enseignement financier et fiscal comparable à celui contenu dans le mémorable message du président Gleveland du 6 décembre 1887. C'est naturellement dans le volume sur les théories fiscales au XIX'' siècle que se trouvent l'exposé des théories fiscales aux Etats-Unis et la critique de leur régime économique. Je suis donc obligé d'y renvoyer le lecteur. Mais ce régime économique est tel qu'il exerce sur les finances de la Confédération une influence néfaste malgré les apparences d'une prodigieuse prospérité. Il y a là une sorte d'énigme financière qui mérite quelque attention(l).
L'exercice de 1885-1886 avait présenté un excédent en recettes de 95 miUions d. (2j L'exercice 1887 a donné 55,567,849 d. On évalue celui de 1888 à 66,182,214 d. et celui de 1889 à 56,469,206 dollars. Le tout forme 170,219,269 d. ou 927 millions de francs qui constituent ce qu'on appelle le surplus. Que faire de ce surplus ?I1 existe
1. Sur les finances des,Etats-Unis depuis 1860^ consulter Schunx, archiv. 1885, 1er volume, 177, et Nouvelle Revue, ia^nvier 1888.
2. L'exercice, clos le 30 juin 1887, a produit 371,403,277 D. ; savoir: douanes, 217,286,893 ; revenu intérieur, 118,829,391 ; district de Colombie, 2,367,869 ; vente de terres publiques, 9,254,286 ; vente de terres en territoires indiens, 1,479,028 ; ventes de domaines de l'Etat, 262,832 ; monnaies, 8,929,252 ; taxes des banques nationales, 2,385,851 ; droits divers d'enregistrement, 3,301,647 ; amendes, 1,053,057 ; taxe d'immigration, 258,402 ; remboursement des compagnies de chemins de fer, 2,270,248 ; caisse militaire, 1,226,259 ; vente de monuments publics, 624,882 ; peaux de phoques, 317,452 ; plans, 94,289 ; divers, 1,458,672.
Le revenu intérieur se subdivise en : spiritueux, 65,829,321 ; tabacs» 30,108,067 ; liqueurs fermentées, 21,922,187; divers, 1,057,722.
Les dépenses se sont élevées à 315,835,428 D.
Pour 1887-1888 les recettes sont évaluées à 387,000,000 D. et les dépenses à 316,800,000 D.; 1888-89, évaluation des recettes 383 m., des dépenses, 326 m.