XXIV PRÉFACE
dans les caisses du trésor pour une bonne partie en or, aux dépens de la circulation monétaire. Yeut-on l'employer à éteindre la dette publique dont l'amortissement régulier fonctionne toujours? On doit payer une prime de remboursement aux créanciers dont on anticipe le paiement; on raréfie les titres qui forment la garantie do la circulation des banques. En sorte que la circulation fiduciaire est amoindrie en môme temps que la circulation monétaire.
Ainsi le régime protecteur est un mécanisme tellement arbitraire qu'il peut restreindre la circulation et des métaux précieux et des instruments qui les remplacent. En effet, il aboutit toujours à des moyens d'amoindrir la formation générale de la richesse, de manière que certains intérêts soient favorisés aux dépens des autres. Dans un vaste Etat disposant des immenses ressoi^irces des États- Unis, au milieu d'une population exubérante, sur un territoire illimité, les résultats immédiats de l'excès des taxes douanières sont moins tangibles qu'en Italie. Néanmoins ils sont les mêmes. Ils se produisent alors sous d'autres formes. L'une de ces formes, très curieuse, très nouvelle, c'est de priver les populations d'une partie de leurs moyens d'échange. Ces considérations ont été mises en relief par la Chambre de commerce de New- York, dans une délibération où elle demande au Congrès de réduire les recettes de l'Etat fédéral.
Cet étatde choses a été dénoncé avec une hauteur de vues et une indépendance bien rares par le président Cleveland (1) et le ministre du trésor, M. Fairchild. Ils ont demandé au Congrès une réforme des tarifs douaniers afin
1. « Notre tarif douanier, base d'une taxation mauvaise, illégale, illo- « gique, inutile, appelle une prompte revision ; ce tarifa d'abord pour « effet de faire payer plus cher aux consommateurs les marchandises im- (c portées ; en suite il permet aux manufacturiers indigènes de vendre u leurs produits sur le même pied que ceux qui ont été importés. Tandis « qu'un nombre relativement restreint de consommateurs achète des arli- « clés étrangers, la masse qui se sort d'objets similaires fabriqués chez