‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 215 sur 377 · DETTE DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

DETTE DE L'EMPIRE

rentes se répartit en trois services, quant à l'emploi du capital : 1° service des emprunts généraux de l'État 176,928,515 r., c'est la part de la polilif|ue, surtout des armements et de la guerre ; 2° service des obligations des chemins de fer 05,545,045; 3° service de l'opération du rachat 36,117,536 r. Le capital provenant de l'opération du rachat (!St de 756,165,237 r., celui provenant des chemins de fer de 2.500 millions r.; la différence rej)résente le capital des emprunts politiques.

Le total des recettes ordinaires du budget de 1887 étant prévu à 793 millions r., le service de la dette se trouve absorber plus du tiers des recettes.

En 1876 sur un total de recettes de 559 millions R. la dette n'exigeait qu'un prélèvement de 108 millions r. L'accroissement a donc été en onze ans <îo 1 78 millions r. ou, en déduisant la somme afférente au rachat, de 142 millions, accroissement sans proportion avec les dépenses faites et les résultats obtenus. De 1862 a 1876, l'accroissement de la dette, en pleine paix, avait été de 54 millions de r. de rente.

Aussi le gouvernement russe a-t-il dû recourir à toutes les formes d'emprunt, à toutes les combinaisons du crédit, intérêts, amortissements, tirages, lots et loteries. M. de Clercq en a dressé un tableau très-intéressant, accompagné de calculs qui sont à suivre.

Ces diverses séries d'emprunt ont été une mine plus riche que celles du Potosi pour les banquiers de Berlin. La Russie a créé le marché de Berlin.

Néanmoins le crédit de la Russie est bien coté, parce que le gouvernement est loyal et les res.sources réelles. Jusqu"a présent les capitalistes n'ont pas à se plaindre de leur confiance. En dehors des recettes normales do !a Russie, ils savent fort bien qu'une partie de la dette, de l'Empire se trouve couverte par des contrevaleurs. Au 1" janvier 1884, les compagnies de chemins de fer devaient 'a l'État 1,500 millions r., sans compter 148 millions de créances du Trésor sur divers. L'Etat est propriétaire de plusieurs chemins de fer et de leur

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matériel, il possède une part dans les bénéfices de trois des principales lignes privées ; Ja nue-propriété de tout le réseau ferré exploité par les compagnies particulières lui appartient. Dans un demi-siècle, l'Etat rentrera en possession de toutes les lignes : actions et obligations auront été amorties. L'État s'est même réservé le droit de rachat a des conditions fixées par les concessions. Le réseau Russe, qui comprenait fm 1885, 25,342 kilomètres, est probablement le réseau d'Europe dont les recettes augmenteront le plus pendant le siècle prochain, à raison de son utilité même. Les chemins de fer ont produit a peu près tous leurs résultats dans l'Europe occidentale et centrale; il n'en a pas été de même en Russie.

Enfin les domaines de l'Etat, produisant environ 50 millions r. bruts par an, représentent une valeur réelle.

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