PRÉFACE XXIX
sont portées à 851 ,767,628 r. , et les dépenses à 851 ,242,423 r. Ainsi la période des déficits semblerait close pour la Russie ; ce serait un progrès sérieux.
Par quels moyens le gouvernement russe est-il arrivé à réaliser cette amélioration ? Quels changements se sont produits soit dans les charges fiscales, soit dans leur rendement? Il est indispensable d'en rendre compte, pour connaître la situation fiscale de la Russie. La plupart des impôts ont été assez sensiblement majorés ; quelques impôts nouveaux ajoutés aux anciens.
La plus forte augmentation est celle qui est demandée aux boissons. Au lieu de 236,400,000 r. portés au tableau des taxes en 1887 (page 320) on leur demande 252,137,000, rendement qui serait obtenu au moyen d'une surtaxe de 25 copeks ou 55 centimes par vèdro. Un accroissement de 16 millions r. sur un seul impôt, déjà excessif, paraît d'autant plus difficile à obtenir que la consommation de l'alcool tend en Russie, comme partout, plutôt à diminuer qu'à augmenter. De 28 1 /2 millions de vedros en 1883 la consommation d'alcool pur est descendue à 24,3 millions en 1886, ou de 4 litres 96 à 3 litres 32 par tête.
Vient après une majoration de 7 millions r. dans l'accise des tabacs et de 9 millions r. dans les évaluations douanières. Cette majoration a exigé un remaniement des taxes de consommation (1) qui frappent les tabacs et une surélévation des droits de douanes sur les fontes, les fers, les machines, les dentelles, les cotons lilés,les oranges (2).
Sont encore majorés : les recettes des chemins de fer
1. D'après le compte- rendu du département des contributions indirectes, on comptait en 1886 en Russie 180.035 plantations de tabac ayant une étendue de 57,087 déciatines contre 390,515 plantations d'une étendue de 51,180 déciatines en 1885. La production du tabac, en 1886, s'est élevée cà 4,067,387 pouds (te poud égalant 16 k. 380 g.). Les plantations ont cependant livré aux fabriques i, 101,364 pouds de tabac, parce qu'elles disposaient encore d'un stock de l'année précédente. Le tabac de qualité supérieure figure dans celte quantité pour 907,321 pouds.
2. Bulletin de statistique des Ii7iances, iuin et décembre 1887.