‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 298 sur 377 · DU SYSTÈME D'IMPOT DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME D'IMPOT DE L'ITALIE

L'Italie a joué sur le globe le rôle d'ordre supérieur qui appartient aujourd'hui a rAllemagne, après avoir été successivement rempli par l'Espagne, la France et l'Angleterre, rôle que la Providence réserve, dans un avenir plus ou moins proche, mais inévitable, a la Russie, aux Etals-Unis et a l'Australie. Il n'est pas probable que ce rôle lui soit confié de nouveau. Par suite l'intérêt qui s'attache a tout ce qui concerne l'Italie aura toujours plus d'importance quant au passé que pour le présent. L'a-propos de ces réflexions ressortira plus complètement dans le chapitre consacré aux impôts a Rome et sous l'empire romain. Car, il faudra reconnaître que la plupart des peuples européens sont très grandement redevables aux traditions romaines en ce qui concerne leurs institutions fiscales et que Rome, elle-même, sous la République comme sous l'Empire, a emprunté la plupart de ses impôts aux Etats grecs et à l'Egypte. De sorte que l'histoire des impôts est un véritable tableau de l'histoire de la civilisation.

Néanmoins l'étude du système actuel d'impôt de l'Italie, sans mériter l'attention que provoquent les institutions de peuples aussi importants que l'Angleterre, les États-Unis, la Russie, l'Allemagne, est pleine des plus utiles enseignements, à un double point de vue. Dans aucune partie du globe, la civilisation n'a jeté des racines plus profondes et plus vivaces qu'en

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Italie. Les peuples que Rome a réunis, après les avoir difficilemcnt vaincus, étaient déjà parvenus à un haut degré de culture. Lorsque la force vitale de la civilisation, proprement romaine ou latine, a été épuisée, une renaissance vigoureuse s'est produite en Italie, six siècles après la chute de l'Empire romain; et cette renaissance s'est elle-même prolongée [tendant près de sept siècles, c'est-à-dire pendant une période aussi étendue que la véritable influence politique et territoriale de Rome.

Après trois siècles de décadence, nous assistons, dans la seconde moitié du XIX° siècle, 'a une nouvelle renaissance de rilalie. Cette renaissance, de môme que celle de la Grèce, de l'Egypte, de même que l'indomptable résistance que les Irlandais opposent à la tyrannie anglaise, est un argument irrésistible contre les théories évolutionnistes de la concurrence vitale, de la sélection naturelle et de la disparition des faibles devant les plus forts.

Et non-seulement une seconde renaissance se produit en Italie, mais au milieu des plus grandes difficultés, après trois cents ans d'oppression et de malheurs, l'Italie donne 'a tous ses voisins l'exemple d'une grande sagesse politique, d'une sérieuse possession d'elle-même pour accomplir un but politique nettement défini, poursuivi 'a travers des obstacles de toute nature ; ce but, c'était et c'est encore de constituer et de conserver une seule et même nationalité des Alpes au golfe de Tarente et au cap San-Euphemio.

L'Italie est ainsi pour les hommes d'Etat un objet d'observation du plus haut intérêt.

g 1 . — Renaissance de l'Italie

Les enseignements que cette renaissance de l'Italie présente aux économistes n'ont pas moins d'importance : 1° L'Italie est l'un des Etats de l'Europe où la population augmente le plus rapidement. De 1800 'a 1887 cette augmentation a été de 15 millions d'âmes. Par suite il s'est créé en Italie un mouvement d'émigration considérable, puisqu'il a représenté 1,550,000

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