ii
Taxe de consomin.
Taxes diverses
i — extraordin..
Loterie
ÎServices publics. .
Patrimoine eccié.s.
Revenus patrim . .
Remboursements.
Recettes diverses.
— extraord.
Si on laisse de côté dans ce tableau les recettes qui n'ont pas un caractère purement fiscal, la loterie comprise puisqu'elle est une véritable taxe sur les jeux de hasard, on trouve que de 1862 h 1886, l'ensemble des impôts levés par l'État a été porté en Italie de 378,542,000 lires à 1,250,213,000. L'impôt a été plus que triplé. L'impôt direct, en particulier, a été augmenté de 400 millions de francs et les taxes indirectes de 420 millions. Des autres articles de recettes;, les domaines ont laissé une moins-value, de même que le patrimoine ecclésiastique. Les services publics et les recettes diverses présentent, au contraire, une augmentation de près de 100 millions,
Malgré cette augmentation, il faut bien reconnaître que rimpôt est, dans le budget italien, un élément presque exclusif, ce qui limite la faculté d'agrandir les ressources. Or j'ai fait toucher du doigt au tableau qui précède que l'Italie ne pouvait que très faiblement amoindrir ses dépenses. L'analyse des recettes nous conduit par suite aux mêmes résultats que celle des dépenses ; quels que soient les progrès accomplis par l'Italie, elle doit encore veiller sévèrement sur ses finances. Le moindre orage qui viendrait rider la face politique de l'Europe la menacerait encore du déficit, du papiermonnaie et de l'agio.
g 6. — Les réformes fiscales en Italie.
Le mouvement d'unification de l'Italie avait pour corollaire un mouvement de réformes fiscales. L'Italie y était complètement préparée. D'un côté, les inconvénients de la multiplicité et de la diversité des impôts sautaient h tous les yeux ; d'un autre côté, dans aucune partie de l'Europe, les théories fiscales du XVIIP siècle ne s'étaient autant répandues qu'en Italie. J'ai montré dans le premier volume de l'histoire dos théories fiscales quelle part importante les principaux économistes de l'Italie, Filangieri, Genovesi, Verri, Galiani luimême, avaient prise à cet élan de réformes fiscales qui marque le siècle dernier. Cet élan se calma nécessairement avec les
guerres de la Révolution ; mais il en resta des germes précieux et féconds dans ces nombreux foyers scientifiques que l'Italie a eu le bonheur de conserver et qui sont une de ses forces comme un de ses attraits. C'est dans ces foyers que se sont formés les financiers habiles qui ont remplacé les théoriciens éminenls du XVIII" siècle. Il serait impossible d'expliquer la supériorité financière que les hommes politiques italiens ont montrée dans des temps difficiles — supériorité qui a fait défaut à la France depuis M. de Villèle — , si l'on ne tenait pas compte de ces foyers, tels que Milan, Bologne, Florence, Gênes, Naples, Palerme, Venise, Rome, Cagliari, Bari. C'est dans ces foyers que se sont aussi préparés les éléments complexes des banques populaires, des sociétés de secours mutuels et de toutes les associations de crédit et de prévoyance qui accusent en Italie un grand développement économique. On saisit facilement qu'avec de pareils éléments, lentement adaptés dans des foyers différents, par suite tout autrement expérimentés et sérieux que ceux auxquels la centralisation parisienne permet de subsister, il ait été possible d'entreprendre et de réaliser sans violence et sans déception une double série de réformes fiscales. En effet, les Italiens n'ont pas seulement poursuivi l'unification fiscale correspondant à l'unification possible; ils ont également accompli des réformes fiscales en vue de théories scientifiques, pour obtenir une meilleure assiette et pour réaliser une plus juste répartition des impôts. Et ils ont accompli cette œuvre difficile, tout en augmentant les ressources fiscales de l'État de 800 millions. Nous verrons que les ressources des provinces et des communes n'ont pas été négligées. Leur exemple est à étudier et à signaler; ils n'ont pas procédé au hasard, dans les ténèbres, sans direction pour aboutir à une situation pleine d'incertitudes et de difficultés comme en France. Ils ont su plumer la poule tout en l'engraissant ; c'est presque une merveille, mais de tout temps les Italiens ont eu d'habiles financiers. Tous les ministres des finances de l'Italie depuis 1862, tous les hommes politiques considérables de l'Italie ont mis la main à l'œuvre. Mais c'est a M. Magliani qu'il a été donne de la réaliser.