‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 346 sur 377 · OPERE PIE · texte numérisé non relu

OPERE PIE

l'application des lois, un revenu de '26,400,000 1. Savoir: 14,300,000 1. biens fonds à 12,100,000 biens mobiliers. Ils ont conservé ces derniers biens et ont échangé les biens fonds contre une rente de 10,600,000 1. 5 0/0 sur lEtat.

Quant aux corps moraux supprimés, ils ont été intégralement spoliés sauf les pensions viagères et une rente de 3,500,000 1. remis au fonds du culte.

Les profits liquides de toute l'opération n'ont pas eu pour le trésor l'importance sur laquelle on comptait. De 1866 a 1882 le trésor a encaissé 1,165,600,000 m. (produits des ventes, revenus, taxes diverses, obligations) ; il a remboursé 773,100,000 1. (frais, entrelien, impôts, dettes hypothécaires, service des rentes, amortissement des obligations).

Par suite l'opération a eu un caractère révolutionnaire et anti-catholique dans le pays qui demeure le centre de TEglise catholique. Bien qu'elle ait pu être provoquée par les besoins du fisc, elle ne saurait avoir l'approbation de tous les esprits qui ont conservé quelque souci de l'avenir de la civilisation chrétienne en Europe. Toutefois elle est loin d'avoir été aussi destructive qu'en France. Les Italiens ont respecté les églises, les séminaires, les fabriques. S'il y a eu spoliation, il n'y a pas eu destruction. Tous les monuments et documents que tant de siècles religieux avaient accumulés sur leur sol ont ainsi échappé à la dispersion, au pillage, a l'incendie. En France tout a disparu, touta sombré: il a fallu tout refaire, jusqu'à une nouvelle catastrophe.

V. Les opère pie. — L'église catholique avait constitué d'autres œuvres en Italie. Ces œuvres forment le groupe des opère pie ^oni le patrimoine s'élevait en 1880 à 1,704 millions d'un revenu brut de 87 millions. Parmi ces opère pie figurent les plus anciens établissements de prévoyance de crédit agricole et populaire en Italie : Monti di pieta^ Monii friimentari, case agrarie, auxquels des caisses d'épargnes ont été réunies.

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% 10. — Les taxes locales.

L'Italie est prohablemenl en Europe l'État dont les ta^:es locales sont le mieux connues. Malgré son long assujettissement à des gouvernements étrangers, 1 Italie a conservé, depuis l'époque romaine, des libertés locales précieuses, compensation à son asservissement politique. Elle n'a pas été soumise, comme la France, au joug d'une centralisation oppressive qui a détruit peu à peu, au profit d'un seul centre où la gangrène a pénétré et sévit toujours, les foyers multiples de sa vieille civilisation. Elle possède des traditions locales, des gloires locales, des institutions locales qui sont l'une de ses forces comme l'une de ses attractions. Selon nous, le mouvement de 1860 n'a été que trop unitaire et n'a que trop tendu a effacer toutes les forces, toutes les originalités provinciales pour constituer un seul foyer dont la puissance d'absorption a déjà dévoré la plupart des anciennes ressources que sous des maîtres, plus débonnaires qu'on ne les a dépeints, l'Italie avait formées (1).

La vie provinciale, la vie communale qui ont été presqu'éteintes en France et qui sont menacées chez d'autres peuples, comme l'Allemagne, sont encore une réalité en Italie. Le gouvernement central est contraint, par les traditions et par les mœurs, h contenir ses appétits. Les proconsuls qui régentent

(1) Consulter : Bilanci provinciali, Roma, 1887 et 1886; — Bilancicommunali en 2 parties, juin 1884, avec introduction ; — Stathtica Délie Tasse communalt, 1881-1884, avec introduction ; Debiti provinciali et communali, avec introduction, Roma, 1886 ; — Bulletin du ministère des finances, juin 1887, octobre 1886, octobre 1879 ; — Économiste français, 7 octobre 1876. L'auteur de cet article admirait déjà la fertilité de l'esprit fiscal des autorités locales en Italie ; combien il est plus fécond aujourd'hui! Consulter également l'annuaire du ministère des finances, 1887, et celui du ministère du commerce, 1887.

Consulter encore le mémoire de M. Serojaoacca, premier fascicule des mémoires de CInstitut international de statistique, et Finanz archiv, de M. Schanz, 1er fascicule, 1884.

Le livre de M. Sachs est encore le recueil le plus complet, mais il s'ar rête en 1884.

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