‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 365 sur 377 · PROGRÉS DE LA RICHESSE EX ITALIE · texte numérisé non relu

PROGRÉS DE LA RICHESSE EX ITALIE

lier, M. Pantaleoni n'en a donné qu'une évaluation indirecte. M. Pantaleoni a contrôlé, en effet, les estimations ci-dessus au moyen des valeurs successorales. En 1877 ces valeurs s'étaient élevées a 1,054,708,000, y compris les donations entre vifs fournissant 205,045,000 lires. En 1881, les droits ont été perçus sur 1,078,418,000. En multipliant les deux masses par le coefficient 56, nombre moyen delà vitalité de chaque génération, on trouve 40,944 millions pour 1877 et 41,808 millions pour 1881. Ces nombres sont considérés comme trop faibles par M. Pantaleoni, puisqu'ils ne laisseraient qu'une marge de 2 ou 5 milliards pour la fortune mobilière de l'Italie. M. Pantaleoni les majore d'un quart ; il arrive ainsi à un total de 48,107,415,908 lires,. Mais ce chiffre lui-même doit être très au-dessous de la réalité. J'ai démontré qu'en ce qui est de la France, le capital mobilier était, pour les valeurs successorales, aussi important que le capital immobilier. Il n'est pas présumable qu'en Italie le capital mobilier n'équivaille, par suite, qu'au quart du capital immobilier. Après avoir porté à 45,750 millions le capital de l'Italie en 1870, M. Mulhall l'élève à 56,275 millions en 1882. On peut accepter ce dernier chiffre comme une approximation qui n'a rien d'exagéré. Le premier devait, au contraire, être trop faible. En tout cas, de 1870 à 1882, la richesse aurait augmenté en Italie sans qu'on puisse vérifier la proportion, probablement trop forte, de M. Mulhall. Mais cette augmentation n'a rien de particulier 'a l'Italie. Et 11 est même à présumer que l'accroissement de la richesse n'a pas marché plus vile en Italie que dans les autres Etats de l'Europe. Au surplus, quelles que soient les fraudes que les Italiens se permettent encore dans les déclarations successorales, on peut considérer comme corrélative au développement de la richesse la progression du rendement des taxes successorales. En 1875, elles avaient produit, avec les droits sur les donations, 52,544,000 I. ; elles ont donné en 1886 40,166,000 1.

L'impôt sur la richesse mobilière peut servir également, dans une certaine mesure, de thermomètre pour mesurer les progrès de la richesse. De 1878, époque des derniers remanie-

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ments, à 1886, son rendement est passé de 175,209,000 à 206,686,000; cet accroissement de revenus doit comporter un accroissement parallèle de capital.

On peut aussi utiliser les évaluations fournies dans les villes et communes importantes par le Fuocatico, qui n'est autre chose qu'un imp<3t général sur le revenu. Les chiffres reproduits plus haut indiquent que l'Italie ne compte pas encore beaucoup de grandes fortunes.

M. Mulhall a évalué les revenus généraux de l'Halie 'a 5,800 millions en 1870, à 6,300 en 1880 et a 7,600 en 1885. Cette dernière estimation peut être prise en considération, car la statistique officielle porte les revenus de la production agricole on Italie, fondementdu revenu national, 'a 4,652 millions, ce qui laisse environ 3 milliards pour les revenus mobiliers et ceux des fonds urbains (1); or il résulte du tableau des revenus imposables par rôle et par retenue (impôt de la richesse mobilière) qu'en 1886, l'ensemble de ces revenus a été a peu près de 1,600 millions. Il resterait 1400 millions pour les revenus non taxés et détaxés. Cette somme doit être plutôt au dessous qu'au dessus de la réalité comme on peut s'en rendre compte en vérifiant les données relatives à l'impôt du revenu en Prusse. On peut par suite considérer l'évaluation de M. Mulhall comme insuffisante et la porter au moins a 8,500 millions, dont 500 millions pour les revenus des fonds urbains.

D'après les derniers relevés, le capital de la France serait approximativement de 225 milliards et son revenu national annuel de 26 'a 27 milliards; mais le coefficient successoral annuel de la France est supérieur a 6 milliards. Avec un coefficient successoral annuel de 1536 millions, indiqué par M. Pantaléoni,le capital réel de l'Italie ne dépasserait pas 48 milliards pour un revenu national annuel d'au moins 8,500,000 ; ce serait anormal. Il faut en conclure que le contingent successoral italien est trop taible et que la richesse de l'Italie doit

(1) D'après VEconomista,le joiotml des économistes (oclohre i88o,page 68) a donné le chiiïre de 752 millions pour l'ensemble des revenus mobiliers de l'Italie. L'honorable M. Maurice Block a été induit à erreur par l'Economista,

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