‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 364 sur 377 · ORIGINES ET POIDS DE CES DETTKS · texte numérisé non relu

ORIGINES ET POIDS DE CES DETTKS

vernenient int(!Higent, mais 1res coûteux, a remplacé des gouvernements multiples, rétrogrades, impuissants mais débonnaires. Sous quel genre de gotivernement les populations jouissent-elles le mieux ou le moins mal de la vie? Les Français ont ils été plus heureux sous Napoléon que sous Louis XV? Certes leur condition a été bien meilleure sous Charles X que sous Nar.oléon III. La servitude militaire des guerres de Crimée, d'Italie, du Mexique, de Chine n'a eu aucune compensation, si ce n'est une invasion, un démembrement, et une dépense de 10 milliards.

On peut donc très légitimement se demander si le coût de Tunité italienne n'est pas pour beaucoup dans les souffrances secrètes des populations et dans leur pessimisme, ^n effet, la France est demeurée riche. Elle possède un incomparable territoire, une très belle situation commerciale, une supériorité industrielle incontestée sur des articles de grande valeur. Elle a dans ses vins et ses eaux-de-vie un monopole hors de pair! On le reconnaît aujourd'hui. La France s'est trouvée par suite à même de faire face a ses pertes. Les rentes qu'elle a constituées sont demeurées chez elle. Elle a même pu continuer aplacer ses économies à l'étranger. L'Italie en sait bien quelque chose : que serait le crédit de l'Italie sans le concours de la France ? Néanmoins cette création de rentes, continuée par le nouveau gouvernement, a été un malheur pour la France, en augmentant le nombre des Français qui vivent aux dépens du labeur des populations.

Mais la condition de l'Italie est pire. En France, les contribuables servent, en général, à des Français les rentes quisont consommées dans le pays. L'Italie n'est pas assez riche pour être propriétaire de ses rentes. En 1886, le gouvernement italien a payé lui-même 97,729,445 lires aux rentiers étrangers. Et ces rentes sont loin d'être les seules appartenant 'a des étrangers. Ces rentes ont exactement les mêmes effets que les anciens tributs que les Romains imposaientaux peuples vaincus. Elles appauvrissent de la même façon les peuples qui les paient. Impôt ou rente se ressemblent fort : ce sont des frères jumeaux. Auquel donner la préférence ?

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I 13. — Administration financière de l'Italie.

Si on se reporte de soixante ans en arrière, on croit rêver quand on voit que l'Italie a si facilement emprunté 8 milliards et qu'en 1815 la France n'a pu, avec tant de difllcultés, s'en procurer deux. Aucun fait ne donne une idée plus exacte des immenses progrès qui se sont accomplis en Europe en ce siècle. La richesse s'y est développée avec une très grande rapidité ; des capitaux énormes y ont été accumulés. L'Ilalie a ainsi profilé de tous les progrès opérés aulour d'elle. Il est juste de reconnaître que ses hommes politiques, sans qu'il y ait lieu d'approuver tous leurs actes et encore moins leurs maximes, se sont montrés a la hauteur de leur lâche par la connaissance des conditions du crédit public et de la science financière. Il suffit de consulter les annuaires du ministère des iinances ou du commerce d'Italie pour être entièrement édifié a ce sujet. L'Ilalie a été sinon toujours bien servie, du moins toujours habilement servie. Son administration financière est plutôt supérieure qu'inférieure a celle des Etats les plus avancés de l'Europe. La science fiscale, le maniement des fonds, l'emploi du crédit, la modération jointe a la hardiesse, les pratiques les plus nouvelles, l'élude des théories, rien n'a manqué, si ce n'est une plus sévère appréciation du droit, aux financiers italiens (1),

J'ai déjà indiqué l'excellente organisation du contrôle financier en Italie. C'est la base réelle de son crédit; l'administration proprement dite n'est pas moins remarquable. En dehors des Perceptions locales et des Recettes provinciales, elle est dirigée par deux ministères : le ministère des Finances et le ministère du Trésor. Ce dédoublement s'impose à tous les Etals qui ont d'importantes finances. Il est la condition de tout contrôle efficace. Le mouvement des fonds a lieu au Trésor : les services purement fiscaux, car l'impôt est la base de tout, relèvent des finances.

l. 1" Sar-hs, l'Italift, page 518, Cucheval-Clarigny, les finances de l'Italie, 1885 ; 2° HoUelino délia Previdenxa, avril 1887; 3° Finaux-, Archiv.deM. Schanz, 1887, 1<«" fascicule,

PROGRÈS DE L\ RICIIKSSIO KN ITALIE 7>Q'7

Acôtédeces deux ministères a été placée une troisième institution la caisse des ffépôfs et des prêts. Celte caisse correspond h la Caisse des depuis et consi (/nations en France. Elle a rendu à l'Italie les plus grands services. Elle reçoit les dépôts volontaires et les dépôts obligatoires : elle administre le Mont de Piété de Rome et la Caisse tnilitaire. Elle reçoit les fonds des caisses d'épargne postales. Elle est indépendante des ministres,bien que le conseil permanent qui la gère ait le droit d'être consulté sur les emplois de tonds. Elle prête a court et à long terme ; elle achète des consolidés ; elle reçoit les fonds des provinces et des communes ; elle leur consentdesavances. Ses bénéfices appartiennent à l'Etat, Au 50 juin 1886 l'ensemble de ses dépôts s'élevait a 852,287,279 lires. Savoir : dépôts en valeurs 407,551,755 ; dépôts en espèces 178,180,966 ; caisses d'épargne 215,242,885 ; elle avait prêté 251 millions, placé 158 millions en rentes, déposé 55 millions au Trésor, le surplus était en valeurs.

A la même époque les comptes du Trésor se balançaient par 2,701,075,496. Il avait en caisse 451, 470, 147 contre un passif de 555,844,787 à diverses échéances.

g 14. — Progrès de la richesse en Italie.

Est-il possible de mesurer, avec une suffisante exactitude, les progrès de la richesse en Italie ? M. le professeur Pantaleoni en a fait l'essai (1), il y a trois ans, en utilisant divers éléments, d'abord les résultats de la production agricole, industrielle et commerciale, puis les déclarations successorales et enfin la valeur des terres. En combinant ces divers éléments, il est arrivé a 27 milliards pour la valeur de la propriété foncière non bâtie, et à 10 milliards pour la propriété bâtie, le tout grevé d'un passif de 8 milliards. Quant au capital mobi-

i. Dell' ammontare probabile Délia Richezza privata in Itaîia. 1884, Mulhall. Balance Siieets of the worM. Dictionnary of statistics. History of priées,

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