LIV PRÉFACE
droits sur les alcools et les boissons alcooliques ont été remaniés : alcool en fût jusqu'à 40 degrés de Talcoomètre centigrade, 40 fr. ; boissons alcooliques en fût jusqu'au même degré 75 centimes par degré et par hectolitre ; en bouteille d'un litre 75 centimes, de 2 litres 1,50 (1).
Les taxes sur les successions et donations sont augmentées d'un dixième ; un troisième décime est ajouté aux taxes proportionnelles sur les transferts d'entreprise des bénéfices et chapellenies.
Relèvement des droits sur les sucres : sucre de 1''* classe, 90 fr. ; sucre de 2" classe, 76,75 ; sirop de fécule, 50 fr. ; même relèvement sur les vinaigres (2).
Ces nouvelles taxes, dont le rendement est évalué à 57 millions, suffiront-elles? On peut en douter. L'Italie sera contrainte de rétablir le macinaio ou de surélever l'impôt foncier et l'impôt sur la richesse mobilière (3). Le placement de ses obligations ou de ses rentes ne pourra se renouveler, sans menacer sa situation monétaire et sans abaisser de nouveau le change. La circulation des billets d'Etat, au 30 juin 1887, était encore de 422,519,849 francs, celle des billets de banques de 1,096,000,000 fr. (4).
Ces faits confirment et aggravent les réflexions que nous a suggérées, dans le chapitre septième de cette première série du Traité de critique et de statistique comparée, l'état financier et fiscal de l'Italie. Cet état n'est pas satisfaisant ; il peut devenir même un péril pour la paix de l'Europe, car la gêne est mauvaise conseillère.