LU PRÉFACE
17 à titre extraordinaire (1). Quant à l'exercice 1888-89, elles ont été fixées à 3M millions pour l'armée et à 120 millions pour la flotte, sans compter des crédits particuliers à l'expédition d'Abyssinie. L'Italie a jugé, également nécessaire d'activer la construction de ses chemins de fer, le réfectoire de ses ports. Le budget des travaux publicS;, limité en 1868 à 22,243,000 fr. a été porté en 1888, à 136 millions. D'où des changements notables dans les budgets.
Le budget 1886-87 avait présenté un déficit de 42 millions ; celui de 1887-88 paraît devoir être de 87,119,510 lires. Les dépenses devant augmenter encore en 1889, le gouvernement s'est décidé à demander de nouveaux sacrifices aux contribuables. Il faut le dire hautement, ces sacrifices ne sont plus en rapport avec les ressources de l'Italie. L'Itahe est surchargée d'impôts ; tout ce que le fisc parviendra à lui arracher ne pourra que compromettre une situation mal assise.
Il avait d'abord été question d'une réforme complète de la taxation locale. Règle générale, depuis 1860, chaque fois que sous l'influeuce d'une politique dont l'aventure demeure le caractère, le gouvernement itahen a eu besoin d'argent, il a procédé à une réforme des taxes locales, afin de spolier les provinces, villes et communes de leurs ressources et d'accroître les siennes. Comme il ne reste plus de biens ecclésiastiques à vendre, à moins de mettre aux enchères les églises, les presbytères, le Vatican lui-même, le fisc italien est contraint, pour exécuter ses engagements avec la Prusse, de revenir aux expédients que les hommes d'Etat condamnent.
(l) On évalue que, pour les exercices financiers 1886-87, 1887-88 et 1888-89, les sommes portées à l'entrée comme capital effectif à encaisser par l'aliénation detitresdela Dette publique atteindront fr. 7l8,980,752 12. Titres émis, capital effectif 318,916,032 21, capital nominal 453,603,000. Titres à émettre, capital effectif 400,864,719 91, capital nominal, 639,101,500. Capital effectif 718,980,752 fr. sur un capital nominatif de 1,092,704,500; intérêt annuels ensemble de37,7bO,685 fr.
D'où il résulte que, en trois exercices, on augmentera d'un milliard le capital nominal de la dette publique et de plus de 37 millions leg intérêts pour se procurer 719 millions,
PRÉFACK LUI
L'honorable M. Magliani, codant aux exigences d'une politique, contraire à son esprit éclairé, avait soumis au Parlement italien un projet de réorganisation complète des taxes communales en Italie (1). Ce projet correspondait, en apparence, aux désirata mentionnes au § 17 du chapitre septième de ce volume; en réalité il avait pour but d'attribuer à l'Etat des ressources indispensables aux communes et de placer les communes sous la dépendance do l'Etat. Ainsi après avoir régularisé, par de nouvelles dispositions, la levée de la taxe sur les loyers et du i^woca^îco dans toutes les communes^ le projet remettait à l'autorité royale le droit de statuer par décret sur tout ce qui concernait ces impôts, même sur les taxes communales. L'autonomie des communes s'effondrait : le parlement n'a osé y donner la main (2).
Il a fallu avoir recours à d'autres ressources. Quelques esprits, fidèles aux théories du marquis de Casaux et aux exactions de M. Sella, avaient songé à rétablir le Macinato. Il y a toujours des gens qui craignent que le peuple ne mange trop de pain. M. Maghani s'est refusé à les seconder. D'autres ont proposé de faire faux bon aux propriétaires et de leur reprendre les deux décimes d'impôt foncier dont on les a dégrevés. Sans renoncer à cet expédient, on a eu d'abord recours aux douanes. Le droit sur les blés a été porté à 5 fr. les lOOkilog., farine 8, semoule 11, pain et biscuit 12 fr., avoine 4 fr.; sur les sels 80 et 76 par 100 k. au lieu de 58,50 et de 74,50. Les
(1) Consulter 1° Bulletin de statistique, novembre et décembre 1887. Le fascicule de décembre contient une note assez détaillée sur les taxes communales italiennes. — 2o Les fascicules 14, 18., 19 un Bulletin financiei' International de Rome. — 3° Il veritas frinanxiaro, grand recueil sur les finances de l'Italie. Rome 1888. La partie la plus intéressante de ce livre dû à M. de Joannis est la seconde (page 275-598) entièrement consacrée aux finances des provinces et des communes.
(2) Le Bulletin des finances (mars 1888) donne une notice fort curieuse sur le Fuocatico à Mantoue. En 1872, 9o7 familles ont payé 9. i62 francs et loSO ont payé 35,956 francs en 1887, Soit 22 fr, 10 par famille, La taxe est proa^ressive. vexatoire et peu productive,