Traité de désinfection
La destruction des germes pathogènes est la seule base rationnelle de toute prophylaxie ; aussi la Loi du 15 février 1902 en formulant les mesures propres à protéger la santé publique a rendu la désinfection obligatoire pour certaines maladies, édictant, pour protéger la santé de l'homme, une mesure qui était défit prescrite depuis longtemps par la légièlation de la police sanitaire des animaux.
Le législateur a voulu que le Maire soit tenu, dans son règlement municipal d'hygiène, d'imposer des mesures de désinfection et même de destruction des objets ayant servi aux malades' attends de certaines maladies contagieuses, afin <le prévenir l'extension de ces maladies et d'en détruire le foyer.
Les règlements modèles rédigés par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, qui ont été adoptés par toutes les communes, déterminent le mode d'exécution de la désinfection, qui doit être pratiquée par les pouvoirs publics ou par les particuliers, sous le contrôle de l'autorité sanitaire ; ils prescrivent que les procédés de désinfection employés doivent être approuves au préalable par le Conseil supérieur d'Hygiène publique de France et soumis à une surveillance du bureau municipal ou de l'inspection départementale de Vlujgiène.
// est donc indispensable que tous ceux qui ont à se préoccuper de l'application de ces prescriptions : médecins, maires, directeurs de bureaux d'hygiène, agents sanitaires, etc. aient à leur disposition un livre contenant des renseignements précis sur les règlements et sur les procédés efficaces de désinfection.
Jusqu'il ce jour aucune publication n'avait répondu complètement ii ce désir. Le Traité de Désinfection que MM. Coreil et Deville publient et qu'ils m'ont demandé de présenter au public comble cette lacune et répond aux besoins de tous (eux qui doivent s'occuper de la désinfection, comme administrateurs ou comme praticiens.
Je n'ai pas besoin de présenter au lecteur les deux savants auteurs de ce Traité. La grande compétence en hygiène de M . Coreil est trop connue, de tous ceux qui, peu ou prou, ont étudié les applications de l'hygiène ; ses précédentes publications sur l'Eau potable et les Industries Insalubres sont devenues classiques. Son collaborateur M. le DT Deville, médecin des hôpitaux et du bureau d'hygiène de Toulon, est également très compétent dans toutes les questions de prophylaxie et de désinfection .
Nul mieux que ces auteurs n'étaient placés dans de meilleures conditions pour écrire un Traité de Désinfection, car par leurs fonctions et par leurs travaux scientifiques aidérieurs. MM. Coreil et Deville ont été obligatoirement tenus de connaître théoriquement et de s'occuper pratiquement de la désinfection.
M. Coreil a organisé, tout à fait au début de la Loi, un bureau d'hygièhe à Toulon ; il a dû installer, à côté île ce bureau d'hygiène, une station de désinfection, qui doit être considérée tomme un modèle et qui fait Vadmiration de tous veux qui lu visitent, car l'auteur a su obtenir,
arec le minimum de frais, le maximum de sécurité (tans la désinfection cl le maximum de rendement.
Parlons maintenant du Livre.
Dans ce Traite de Désinfection les auteurs nous apporfcnl le fruit de leur expérience et de leurs travaux ; ils ont réussi à mettre an point et à coordonner les multiples questions que l'on doit résoudre pour pratiquer une désinfection efficace dans tous les cas.
Le lecteur trouve dans ce remarquable Traité tous les renseignements législatifs, administratifs, scientifiques, et pratiques, qui lui permettront soit d'effectuer une désinfection, soit d'en surveiller l'exécution, soit d'en contrôler l'efficacité.
Les maires y trouveront des modèles d'arrêtés, tes directeurs de bureau d'hygiène et les chefs de poste de désinfection, les moyens d'organiser la désinfection municipale, ou <le compléter leur organisation sanitaire avec le minimum de frais et le maximum de rendement.
MM. Coreil et Deville ont en effet, dans leur Trente de désinfection, envisagé les questions de désinfection sous toutes leur faces : scientifique, technique et administrative.
Dans la première partie de ce livre, après un rapide historique, les auteurs décrivent dans un chapitre de généralités, le but de la désinfection, qui, pour être efficace et vraiment préservatrice, ne doit pas cire un simple rite administratif.
La deuxième partie contient tous les textes relatifs à la législation de la désinfection : lois, décrets, circulaires, arrêtés, règlements, relatifs à l'organisation et au fonctionnement des services de désinfection. Le lecteur y trouve tous les textes officiels bï-extenso, les modèles, les circulaires
du Ministère de l'Intérieur ainsi que les instructions pratiques du Conseil Supérieur d'Hygiène de France.
Le* documents réunis dans celle partie de Vouvrage éviteront des recherches fastidieuses dans les multiples publications où ils ont été publiés épars.
La troisième partie traite des agents et des appareils de desinjection ; les divers procédés sont successivement énumérés, avec description détaillée de chaque appareil.
Les auteurs étudient les applications des agents physiques : destruction j>ar le feu. incinération : chaleur sèche : flambage, fours, étuves ; chaleur humide : eau chaude, lessive, vapeur d'eau, autoclaves, étuves à vapeur.
Chacun des appareils est minutieusement décrit, de nombreuses figures permettent de se rendre compte de sa eonstruction, et de son fonctionnement : la description met en lumière les avantages et les inconvénients de chacun d'eux et les indications qui doivent faire dicter leur choix.
Le septième chapitre traite des agents chimiques : sublimé, sulfate <le cuivre, sulfate de fer, sulfate et chlorure de zinc, permanganate de potasse, soude, chaux, chlorure de chaux, hypochlorites alcalins. Chacun de ces agents est étudie au point de vue des résultats pratiques de leurs applications et de leurs indications.
Dans le litre II sont dédits les désinfectants chimiques organiques : phénol, cnésols, crésylol et leurs succédanés, aniodol, lusoforme, goudron de houille, savons.
Le litre III est consacré à la description des appareils qui permettent de réaliser les désinfections avec les agents chimiques : pulvérisateurs, pompes, appareils sous pression, etc.
De nombreuses figures aillent à comprendre la description et le fonctionnement de < es appareils.
Le titre IV étudie les désinfectants gazeux : composés nitreux et nitriques, chlore, acide < hlorhydrique, oxygène, acide cyanhydrique, acide carbonique, oxyde de carbone, acide sulfureux.
Outre l'application de ces agents à la désinfection, les auteurs étudient aussi la destruction îles animaux vecteurs de maladies contagieuses : insectes parasites : poux, puces, punaises, moustiques, etc. ; rongeurs : rats ; etc.
On trouve dans ce chapitre là description de la dératisation des navires.
Un important chapitre est consacré à la formaldéhyde et à ses multiples applications à la désinfection en surface et en profondeur.
On y trouve la description de tous les appareils autorisés par le Conseil Supérieur d'Hygiène de France.
La quatrième partie comprend le Contrôle de la désinfection : on y expose d'abord en détail les moyens employés par le Conseil Supérieur d'Hygiène dans l'expérimentation des procédés et des appareils de désinfection. Le second chapitre tr<ùle des moyens de contrôle de la désinfection par la chaleur. Le chapitre III décrit le contrôle de ludion île la chaleur sur les tissus.
Les auteurs exposent, dans la cinquième partie, la pratique de la désinfection, dans une série de chapitres tout à fait originaux et pratiques.
Ils décru eut successivement les moyens d'exécution de la désinfection domestique ; les instructions pour le personnel chargé de la désinfection, la désinfection des habitations, des crachats, des selles, des urines, des livres, îles (biffons, des trayons et voilures, des lavoirs publics, des ateliers de blanchissage, des établissements hospitaliers.
On constate à la lecture de ces chapitres très substan-
fiels que les ailleurs ont non seulement des connaissances théoriques et scientifiques étendues, mais qu'ils ont pratiqué eux-mêmes en mettant la main à la pâte les diverses
opérations qu'ils décrivent.
Le chapitre XII traite de la désinfection dans Vannée :
on y trouve toutes les notices et règlements militaires sur celte question.
Le chapitre XIII étudie la désinfection vétérinaire, il contient les arrêtés et circulaires qui la réglementent.
Le chapitre XIV est consacré à la désinfection maritime : on il trouve les réglementations salutaires maritimes et les instructions pour la destruction des rais.
bans le chapitre. XV les auteurs étudient la désinfection départementale : ce chapitre important passe en revue le choix du personnel, des appareils, du matériel, l'organisation et le fonctionnement du service, son contrôle technique et administratif. Avec leur grande compétence sur celle matière, les auteurs évaluent les dépenses nécessaires.
Le chapitre XVI traite de la désinfection communale ; ce chapitre aussi important que le précédent est étudié avet le même soin.
Dans la sixième partie de Vouvrage, les auteurs déi vu cul les stations de désinfection de Paris, Milan et Toulon. Prenant comme exemple ce qu'ils ont réalisé dans cette dernière ville, tes auteurs montrent ce que doit être une station
modèle.
, Comme \e l'ai dit au début de celte préface, je n'ai ]>as besoin d'insister pour recommander cet ouvrage ; le rapide: exposé du contenu fait voir combien intéressant et complet
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est ce traité de désinfection. Tous les hygiénistes auront ce Une sur leur table, car il est indispensable.
Je remercie au nom de l'hygiène MM. Coreil et Deville d'avoir écrit ce beau Traité.
Paris, le S Avril 1911.
Docteur Allyke CHASSEVANT.