III.— PROCEDES ET APPAREILS DE DESINFECTION
5. — Procédés de désinfection. — La désinfection se pratique :
A) Par l'immersion dans l'eau bouillante ;
B) A l'aide de substances chimiques, liquides ou à letat gazeux ;
C) Par l'exposition des objets contaminés dans une étuve, soit à vapeur, soit à dégagement de gaz antiseptiques.
.4). — Désinfection par immersion dans l'eau rouillante 6*. — Eau bouillante. — L'immersion dans l'eau bouil-
lante à gros bouillon doit durer au moins une heure. On favorise l'élévation du point d ebullition de l'eau et par conséquent l'efficacité de son action en y ajoutant du sel ou un peu de carbonate de soude ; on peut ainsi désinfecter notamment les objets, linges et ustensiles ayant servi au malade.
D). — Désinfection par des substances chimiques
7. — Substances chimiques. — On doit rechercher surtout parmi les désinfectants ceux qui possèdent à la fois les qualités suivantes : action rapide et sûre, maniement facile, effet de détérioiation nul des objets et coût aussi faible que possible.
8. — La désinfection peut être pratiquée suivant les cas par les désinfectants chimiques ci-après :
Solutions désinfectantes
Solutions. — 1° Crésylol sodique (1) : solution forte à 4 p. 100, solution faible à 1 p. 100. A tous les points de vue, la valeur de cet antiseptique est assez grande pour qu'il puisse suffire à lui seul à remplacer tous les autres désinfectants liquides.
2° Eau de Javel étendue d'eau de façon à obtenir une solution titrant un degré chlorométrique par litre ;
3° Lessives chaudes à la cendre de bois ou au carbonate de soude ;
4° Sulfate de cuivre à la dose de 50 grammes par litre ;
5° Chlorure de chaux fraîchement préparé à 2 p. 100 c'està-dire 20 grammes de chlorure de chaux dans un litre d'eau ;
(1) Formule du crésylol sodique liquide ou solution alcaline concentrée de crésylol officinal :
Crésylol officinal 1.000 grammes.
Soude caustique liquide 1.000 grammes.
Effectuer le mélange dans un récipient en grès ou en métal. La réaction dégage beaucoup de chaleur et pourrait provoquer la rupture des récipients en verre épais. Ne s'emploie que dilué suivant les indications prescrites.
6° Aldéhyde formique à raison de 20 grammes d'aldéhyde formique pur (HCOH) par litre d'eau ;
7° Lait de chaux fraîchement préparé à 20 p. 100.. Pour avoir du lait de chaux actif, on prend de la chaux de bonne qualité, on la fait déliter en l'arrosant petit à petit avec la moitié de son poids d'eau. Quand la délitescence est effectuée, on met la poudre dans un récipient soigneusement bouché et placé dans un endroit sec. Comme un kilogramme de chaux qui a absorbé 500 grammes d'eau pour se déliter a acquis un volume de 2 litres 200, il suffît de le délayer dans le double de son volume d'eau, soit 4 litres 400, pour avoir un lait de chaux qui soit environ à 20 p. 100 ;
8° Sublimé corrosif en solution d'un gramme par litre d'eau, additionné de 10 grammes de chlorure de sodium (sel de cuisine), ou d'un gramme d'acide tartrique ou d'un gramme d'acide chlorhydrique. (Ne peut être employé pour la désinfection des crachats, matières fécales et autres produits organiques) ;
9° La lessive de soude, en solution aqueuse à 10 p. 100 et teintée à l'aide d'une substance colorante.
Désinfectants gazeux
Gaz. — Parmi les substances chimiques, on peut utiliser à l'état gazeux, pour la désinfection, les suivantes :
1° L'aldéhyde formique gazeuse, obtenue à l'aide de l'un des appareils autorisés officiellement ;
2° Les vapeurs d'acide sulfureux dans les cas particuliers et les conditions déterminés par les instructions du Conseil supérieur d'hygiène.
Cas dans lesquels les désinfectants chimiques peuvent être
utilisés
9. — Emploi des désinfectants chimiques. — Les usages pour lesquels les désinfectants chimiques indiqués ci-dessus sont recommandés sont les suivants :
Le crésylol sodique pour les produits de sécrétion, d'expectoration, pour les déjections, pour le lavage des planchers.
L'eau de Javel :
Pour la désinfection des produits de sécrétion et d'expectoration et des déjections ;
Pour celle des linges, vêtements, literies par lavage ou trempage ;
Pour celle des objets ou ustensiles ayant servi au malade ;
Pour celle des parois, murs, planchers, meubles, etc. ;
Les lessives :
Pour la désinfection des linges, vêtements, literies par lavage ou trempage et pour celle des objets ou ustensiles ayant servi au malade ;
Le sulfate de cuivre et le chlorure de chaux : Pour la désinfection des produits de sécrétion et d'expectoration et des déjections ;
L'aldéhyde formique en solution :
Pour la désinfection des linges, vêtements, literies par lavage ou trempage ; Pour celle des objets ou ustensiles ayant servi au malade ; Pour celle des parois, murs, planchers, meubles, etc. ;
Le lait de chaux fraîchement préparé :
Pour la désinfection des produits de sécrétion et d'expectoration et des déjections ;
Pour le badigeonnage des murailles non tapissées, qui constitue, quand il est possible de le pratiquer, un bon moyen de désinfection ;
Le sublimé :
Pour la désinfection des parois, murs, planchers, meubles, etc. ;
Pour le lavage du corps du malade, ainsi que de la figure et des mains des personnes qui le soignent ou le visitent.
Ce produit ne doit pas être employé pour la désinfection des crachats, des matières fécales et autres produits organiques ;
L'aldéhyde formique gazeuse :
Pour la désinfection des parois, murs, planchers, meubles, etc. ;
La lessive de soude :
Pour la désinfection des crachats, ceux des tuberculeux en particulier.
De tous ces désinfectants chimiques le plus simple, le plus actif et le moins coûteux est. le crésylol sodique. N'était son odeur phéniquée il serait à recommander dans la plupart des cas.
C) ËTUVES
10. — - Étuves. — L'exposition des objets contaminés dans une étuve, soit à vapeur d'eau, soit à dégagement de gaz antiseptiques, tels que l'aldéhyde formique gazeuse, est le meilleur et le plus rapide moyen de désinfection des vêtements, de la literie, des linges, des tapis, des rideaux, des tentures, etc..
Les objets tachés de sang, de pus, de matières fécales, etc., qu'on veut exposer à l'action de l'étuve, doivent être préalablement nettoyés dans un liquide antiseptique.
Les étuves à vapeur d'eau ne doivent jamais recevoir de cuirs ni de fourrures.
Observation générale applicable aux appareils
11. — Les étuves et les appareils servant au dégagement de gaz antiseptiques (aldhéhyde formique gazeuse, ou autres) ne peuvent être mis en service que s'ils ont reçu l'autorisation officielle exigée par la loi du 15 février 1902 et le décret du 7 mars 1903 ; leur fonctionnement doit être rigoureusement conforme aux conditions spécifiées dans le certificat de vérification dont ils ont fait l'objet en conséquence.
instructions 8i