II. — MODES DE TRANSMISSION DES MALADIES CONTAGIEUSES
4. — Modes de transmission. — Les maladies qui viennent d'être éhumérées peuvent être transmises dans des conditions multiples :
La transmission peut se faire d'une manière directe : contage immédiat du malade à l'homme sain ; ou d'une manière indirecte, et clans ce dernier cas le germe a besoin d'un véhicule : par exemple l'eau transmet le bacille typhique, les vêtements transportent le germe de la variole, etc..
1° Transmission par les déjections des malades, par certains PRODUITS DE SÉCRÉTIONS, PAR LE SANG INFECTÉ !
Par les déjections. — a) Maladies transmises par les matières fécales :
Fièvre typhoïde (selles, urines et crachats) ; Dysenterie (selles) ;
Choléra et maladies cholériformes (selles et matières vomies).
Par les sécrétions des voies respiratoires. — b) Maladies transmises par les sécrétions des voies respiratoires, expectorations, crachats, etc. :
Scarlatine (sécrétions du nez et de la gorge ; les fragments d'épiderme, lorsque la peau se desquame, peuvent aussi transmettre la maladie) ;
Rougeole (matières sécrétées par les yeux, le nez, l'arrière-gorge, les bronches) ;
Diphtérie (fausses membranes, vulgairement appelées peaux ; sécrétions du nez, de la gorge, etc.) ;
Peste pneumonique (crachats et sécrétions nasales) ;
Méningite cérébro-spinale épidémique (mucosités buccales et nasales) ;
Tuberculose pulmonaire (crachats secs et particules humides de crachats projetées par la toux ; parfois matières fécales et produits de suppuration ) ;
Coqueluche (produits de l'expectoration) ;
Grippe (produits de l'expectoration) ;
Pneumonie et broncho-pneumonie (crachats) ;
Oreillons (mucosités de la bouche et du nez) ;
Peut-être suette miliaire (mucosités, sécrétions).
Par autres sécrétions. — c) Maladies transmises par les sécrétions, suppurations et desquamations :
Variole (produits des pustules et surtout croûtes desséchées) ;
Scarlatine (fragments d'épiderme lorsque la peau se desquame [voir également ci-dessus]) ;
Peste bubonique (matières issues des pustules ulcérées ou gangrenées et des bubons [voir également ci-dessus]) ;
Infections puerpérales (sécrétions vaginales, pus, lochies);
Ophtalmie purulente des nouveau-nés (pus provenant des yeux de l'enfant ) ;
Ërysipèle (sérosités et parcelles d'épiderme détachées des surfaces enflammées) ;
Teigne (pellicules épidermiques du cuir chevelu) ;
Conjonctivite purulente et ophtalmie granuleuse (sécrétions oculaires).
Par sang infecté. — d) Maladies transmises par le sang injecté du malade [transporté par certains petits animaux ou parasites) i
Peste (rats et puces [voir également ci-dessus]) ;
Fièvre [aune (moustiques) ;
Typhus exanthématique (puces, poux, punaises, etc.) et selon toute vraisemblance lèpre (les puces, poux, araignées etc.) ;
Peut-être suette miliaire (puces).
2° Transmission par tout ce qui a pu être souillé par les produits de sécrétions et par les déjections :
Souillures provenant des déjections ou sécrétions. ■ — Corps du malade ;
Ses vêtements, son linge (mouchoirs, chemises, etc.) et sa literie (draps, matelas, oreillers, traversins, couvertures, etc.) ;
Ses objets de toilette et ses ustensiles de ménage (verres à boire, tasses, cuillères, assiettes, éponges, essuie-mains, etc.), ses jouets, ses livres, ses crayons, porte-plumes, etc. ;
Parois et mobilier de sa chambre (lit, table de nuit, chaises, tapis, rideaux, tentures, murs, planchers, portes, fenêtres, etc.) ;
Siège et abords des latrines ou des water-closets qui auraient été salis par les excréments du malade ; fosses d'aisances, fumiers et fosses à purin où auraient été jetées ou déversées ses déjections ;
Eaux ménagères provenant de la toilette ou des bains donnés au malade, du rinçage des ustensiles à son usage et des vases de nuit, du nettoyage de la chambre, du lavage du linge ; — éviers, vidoirs, bacs de pompes, décharges, rigoles, ruisseaux, fossés ; — et surtout eaux de rivières, de sources, puits ou citernes qui auraient été infectés par déversement ou infiltration de ces eaux contaminées ; — certains aliments mangés crus et souillés accidentellement par de l'eau contenant des germes pathogènes : huîtres et coquillages, lait, radis, salades, etc. ;
Certaines marchandises souillées de sang (laine des animaux charbonneux),
3° Transmission par les personnes :
Transmission par les personnes. — Les germes peuveRt êlre transmis par les personnes qui ont soigné ou visité le malade, par celles qui ont manié et transporté les objets souillés, si ces personnes ne s'astreignent pas à des mesures de propreté et de désinfection ; ils peuvent être aussi transmis parfois par des lettres.
4° Transmission par certains animaux :
Transmission par les insectes et rongeurs. — Pour quelques affections, telles que la peste, la fièvre jaune, le typhus exanthématique et selon toute vraisemblance la lèpre, etc., la maladie peut être transmise par certains animaux, tels que les rats et les insectes, moustiques, puces, poux, punaises, araignées, etc. Les puces des rats de nos pays, de l'Europe centrale et septentrionale ne piquent pas l'homme ; celles des rats de l'Inde, de l'Egypte, etc., des navires, le piquent et transmettent la peste. Les mouches qui souillent facilement leurs trompes et leurs pattes dans les produits de déjections ou d'expectoration jouent un rôle certain dans le transport des germes pathogènes (tuberculose, fièvre typhoïde, choléra, etc.).