III. — PRESCRIPTIONS SPÉCIALES A L'USAGE DES DESINFECTEURS
32. — Agents désinfecteurs. — Les agents des services publics de désinfection, appelés à intervenir soit pour la désinfection pendant la maladie, soit pour la désinfection après la maladie, doivent se conformer aux instructions qui précèdent, et aux prescriptions spéciales ci-après.
33. — Transport des objets. — Lorsqu'ils doivent pratiquer la désinfection au domicile du malade, ils transportent avec eux dans une voiture les objets, substances désinfectantes ou appareils dont ils peuvent avoir besoin.
Arrivés au domicile des malades, ils préparent les solutions désinfectantes dont ils auront à faire usage. Ils endossent ensuite les blouses, échangent leurs chaussures habituelles contre des chaussures spéciales et se coiffent du bonnet en toile, etc. Ils trempent, en outre, leurs mains dans une solution désinfectante.
Il se peut que la désinfection pendant la maladie ait été négligée et que l'on ait à traiter notamment des matières évacuées par les malades : il y sera procédé comme il est dit ci-dessus (n° 15). Il en serait de même, s'il y avait lieu, pour les petits linges ou vêtements qui pourraient être désinfectés sur place (n08 16 et 17) ainsi que pour les ustensiles et menus objets à l'usage du malade (n° 18).
34. — Si certains objets doivent être désinfectes au poste, les désinfecteurs procèdent à leur triage et à leur emballage.
Ils arrosent le plancher ou le carrelage en évitant de soulever de la poussière, au moyen de l'un des désinfectants ; ils le couvrent d'une grosse toile qu'ils mouillent de la même manière ; sur cette toile ils réunissent les objets à emporter ; ils procèdent à l'emballage, dans des sacs numérotés, des diverses catégories d'objets : vêtements, linge sale, linge propre, literie (couvertures, matelas, coussins, etc.), rideaux et tapis et tous objets délicats ne supportant pas les lavages par des solutions désinfectantes et destinés à être traités dans les appareils du poste, etc. ; ils arrosent l'extérieur des sacs d'une solution désinfectante et les déposent immédiatement dans la voiture servant au transport au poste des objets infectés.
Les objets de rebut souillés sont mis à part ; ceux de petit volume tels que pièces de pansement, loques, ouate salie, etc. sont brûlés dans la cheminée ou le poêle, chaque fois qu'on le pourra.
Les objets plus volumineux, tels que vieux vêtements, chemises usées, vieilles couvertures, paillasses, meubles
sans valeur, son! enveloppés de toile ou emballés dans des sacs mouillés et transportés 911 dehors. S'il existe un espace libre suffisant à proximité de l'habitation (cour, jardin, etc.), ces objets pourront être incinérés après arrosage au pétrole. Il sera procédé dans ce cas comme pour toute destruction d'objets mobiliers conformément aux règles fixées par les articles 19 et 20 du décret du 10 juillet 1906.
35. — Désinfection sur place. — Si pour une raison quelconque les objets de literie (couvertures, matelas, etc.) doivent être désinfectés sur place, il y sera procédé comme il est dit ci-dessus sous les numéros 24 et 25.
36. — Locaux. — Les désinfecteurs procèdent ensuite à la désinfection proprement dite du local et de ses dépendances, soit par dégagement de gaz antiseptique, soit par lavages (voir nos 27, 28 et 29).
Pour la désinfection par dégagement de gaz antiseptique, ils se conforment aux prescriptions énoncées sous le numéro 28 des présentes instructions.
S'il y a lieu, ils placent aux différents endroits qui leur sont indiqués par le chef du service des tests bactériens ou chimiques destinés à contrôler l'efficacité de la désinfection. L'opération terminée, les tests sont enfermés dans un récipient spécial pour être aussitôt remis au laboratoire de contrôle. Si l'inefficacité est ainsi démontrée, la désinfection est renouvelée.
37. — Lavages. — Pour la désinfection par lavages, les désinfecteurs se conforment aux prescriptions énoncées sous les numéros 26 et 29 des présentes instructions.
Ils procèdent également s'il y a lieu :
Dans les conditions prévues sous le numéro 30, à la désinfection des latrines, fosses d'aisances, etc. ;
Dans les conditions prévues sous le numéro 31, à la désinfection des éviers, vidoirs, rigoles, puits, citernes, etc.
38. — Précautions spéciales. — Lorsque leur travail est terminé, les agents se désinfectent eux-mêmes. Ils emballent dans un sac leurs blouses, leurs casquettes, leurs chaussures, et se lavent les mains et le visage avec de la solution de crésylol. Puis ils se transportent immédiatement au poste
avec leur voiture. Là, après avoir déballé les sacs, etc., ils lavent l'intérieur de la voiture avec des linges imbibés de solution de crésylol.
39. — Désinfection au poste. — Les objets transportés au poste pour y subir la désinfection y seront le plus souvent désinfectés à 1 etuve par l'action de la vapeur ou d'un gaz antiseptique.
On peut traiter par la vapeur tous les objets de laine, crins ou plumes, de toile ou de coton ; on n'y doit jamais soumettre les objets en cuir, en caoutchouc, feutre, bois collé, les tissus délicats avec apprêts et les fourrures.
Les livres, les chaussures, chapeaux de feutre, casquettes, malles et tous les objets en cuir, en caoutchouc, qui ne supportent pas l'action de la vapeur peuvent être désinfectés par des lavages au moyen des solutions indiquées ci-dessus, ou dans une étuve à dégagement de gaz antiseptique, tel que, par exemple, l'aldéhyde formique.
Les solutions désinfectantes servent aussi au trempage et au lavage des tissus et des objets fortement tachés de sang, de matières fécales, de pus, qu'on ne peut passer par l'étuve, sans cette précaution préalable, sous peine de voir les taches devenir indélébiles.
Les conditions de fonctionnement des ëtuves, la durée de l'opération, le degré de température atteint ou la dose de gaz antiseptique employé doivent être, ainsi qu'il a été dit plus haut (n° 11), rigoureusement telles que l'autorisation officielle les détermine.
Instructions, approuvées par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, le 18 février 1907.
Circulaire du Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur, du 30 JUILLET 1907
Pour compléter ma circulaire du 18 mars dernier en ce qui concerne le fonctionnement du service de désinfection, j'ai l'honneur de vous adresser les quatre notices ci-après qui comprennent :
1 ° Des instructions prophylactiques correspondant à trois catégories de maladies contagieuses ou transmissibles ;
2° Une note destinée aux chefs de poste de désinfection.
Ainsi que l'indiquait la circulaire susvisée, lorsque en vertu des articles 14 et 17 du décret du 10 juillet 1906, les intéressés, leurs familles ou leurs ayants droit désirent assurer eux-mêmes la désinfection imposée, ils doivent prendre l'engagement de se conformer exactement, aux instructions du Conseil supérieur d'hygiène publique de France approuvées par le Ministre de l'Intérieur et dont un exemplaire leur est remis. Ce sont ces instructions auxquelles j'ai donné mon approbation et qui font l'objet du présent envoi. Afin de garantir le caractère confidentiel des déclarations, la nature des maladies n'y est désignée que d'une manière générale d'après le mode principal de propagation qui leur est applicable et qui permet de les grouper en trois catégories : maladies se manifestant principalement par des symptômes intestinaux ou gastro-intestinaux ; maladies se manifestant principalement par des symptômes pulmonaires ; maladies se manifestant principalement par des symptômes affectant !a peau ou les muqueuses des voies respiratoires, oculaires ou génitales. Les chefs de poste seront constamment munis en conséquence des trois instructions correspondantes ; pour les remettre, suivant le cas, aux intéresses, il suffira de se reporter au numéro de la maladie portée sur
la déclaration. Ce numéro qui figure sur les carnets de déclaration des médecins est rappelé avec l'indication de l'instruction qui s'y réfère, sur la notice spéciale destinée aux chefs de poste.
La dite note reproduit en outre les divers textes qui servent de base au service de désinfection, en règlent le mode de fonctionnement et précisent notamment la fonction des chefs de poste ; elle énumère les divers documents ou imprimés dont chaque poste devra être constamment pourvu Des exemplaires de la notice devront être attribués nominalement aux titulaires et renouvelés toutes les fois qu'il sera jugé utile.
J'ajoute que les quatre imprimés qui accompagnent la présente lettre ne vous sont fournis qu'à titre de modèles. Il vous appartiendra soit de les faire reproduire pour les besoins de votre département, soit d'en demander la fourniture par l'imprimerie administrative de Melun, ainsi que cela a déjà lieu pour les documents analogues. Vous aurez dans ce dernier cas à faire passer par mon entremise votre commande indiquant le nombre exact des exemplaires.
Je vous prie, Monsieur le Préfet, de m'accuser réception de la présente circulaire.
Pour le Ministre :
Le Directeur,