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III. ÉTUVES A VAPEUR DORMANTE

L'expression de « Vapeur dormante » ne paraît pas ici exactement appropriée, car l'expulsion totale des dernières molécules d'air renfermés dans les objets à désinfecter exige la pratique répétée de ce qu'on appelle des « détentes » que l'on doit renouveler jusqu'à trois ou quatre fois pour chaque opération.

Le principal avantage que présentent les étuves dites à vapeur dormante, consiste dans la grande économie de fonctionnement. En effet, la quantité de vapeur nécessaire à chaque opération est réduite au strict minimum, puisque la vapeur n'est expulsée au dehors qu'après avoir produit son maximum d'effet. Si bien que, malgré les difficultés de construction et le prix plus élevé de ces appareils, on les préfère pourtant aujourd'hui aux étuves à vapeur fluente, dont le fonctionnement est plus onéreux.

Etuve à désinfection par la vapeur sous pression de Geneste et Herscher. — L'étuve Geneste et Herscher (fig. 34), se compose d'un cylindre de 1 m. 30 de diamètre, en tôle de fer. Aux deux extrémités de ce cylindre sont fixées deux fortes cornières en fonte, munies d'oreillons disposés pour recevoir les axes de boulons articulés, et de deux saillies traversées par les axes des charnières des portes. De plus, les faces extérieures de ces cornières portent une rainure circulaire dans laquelle s'encastre un anneau en caoutchouc et toile, formant joint hermétique.

Pour combattre les condensations, ce cylindre est recouvert sur toute sa surface extérieure d'une enveloppe isolante en bois, cerclée en laiton.

Le cylindre formant le corps de l'étuve est fermée par deux portes en tôle, embouties en forme de calotte sphérique.

Le bord de ces portes est armé, du côté extérieur, d'un cercle en fer plat de 18 millimètres d'épaisseur, et 80 millimètres de largeur, rivé sur la tôle, et, du côté intérieur, d'un cercle en fer demi-rond, également rivé sur la tôle, et formant une saillie ayant le même diamètre moyen que la rainure réservée dans la cornière en fonte. Sur ces portes

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(Fig. 34) Etuve à désinfection par la Vapeur sous pression cb Geneste el Herscher

sont encore fixées deux fortes charnières en fer forgé. De plus, on a réservé sur C3 bord, dix échancrures pour le passage des boulons à bascule. Pour faciliter l'ouverture des portes, un galet en fonte, dont l'axe traverse une chape rivée au bas de la porte, roule sur un rail courbe formé d'une barre de fer plat fixé sur le sol par des pattes en fer scellés dans une petite maçonnerie.

A l'intérieur de l'étuve, deux rails en fer plat, ayant la même longueur que l'étuve, guident et supportent le chariot. Deux voies extérieures se raccordent avec les rails intérieurs.

Agents et appareils

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A l'intérieur du corps cylindrique (fig. 35), deux batte* ries chauffantes complémentaires, dont l'une est placée en haut et l'autre en bas, sont constituées par des tubes en fer rivés et mandrinés dans des boîtes de distribution,.

Ces batteries de chauffe sont fixées dans le corps cylindrique par des supports en fer, boulonnés sur tôle. Une boîte

(Fig. 35) Coupe cTétuve Genesto et Herscher

de distribution du haut, communique avec le tuyau de vapeur venant de la chaudière ; la deuxième boîte du haut communique avec la boîte du bas, placée directement audessous, par deux tuyaux. Enfin la dernière boîte placée en bas communique avec le tuyau de purge.

La batterie du haut est en quelque sorte accolée au plafond de la chambre à désinfection ; elle est doublée d'un écran placé au-dessus des objets à épurer ; la seconde batterie garnit le vide laissé en contre-bas du chariot. Cette dernière est disposée de manière à provoquer le séchage rapide des objets après l'épuration ; la batterie haute a surtout pour but d'empêcher les condensations à l'intérieur de l'étuve, et par suite d'éviter les taches et le mouillage.

Ces surfaces chauffantes complémentaires, sont desservies par une arrivée de vapeur distincte et indépendante qu'il est bon de porter et de maintenir à la température de 135° à 140° C. Il convient de ne pas dépasser cette limite ; cependant, pour simplifier l'opération, les dites batteries sont construites de manière à supporter accidentellement les plus hautes pressions des chaudières qui les alimentent.

Un tuyau, en cuivre rouge, percé de trous, est fixé à l'intérieur du cylindre, un peu au-dessus de l'axe ; ce tuyau communique avec les appareils de distribution de vapeur placés à l'extérieur.

Un écran est placé devant ce tuyau sur toute sa longueur.

La chaudière verticale, genre « Field », à tubes de circulation (fig. 36) est composée comme suit : une grille en fonte, une porte de foyer, un cendrier, une cheminée en tôle avec registre, un obturateur, portes autoclaves pour la visite et le nettoyage ; une double soupape de sûreté, un manomètre indicateur de pression, un niveau d'eau à tube de verre, deux robinets de jauge.

Sur le haut de la chaudière est placé un robinet de prise de vapeur servant à l'alimentation ; ce robinet est assemblé avec un tuyau reliant la chaudière à l'injecteur. L'injecteur placé près de la chaudière aspire l'eau dans une bâche en tôle. Enfin, un dernier luyau conduit l'eau de l'injecteur au bas de la chaudière ; ce tuyau s'assemble avec le clapet de retenue fixé sur le robinet d'entrée d'eau.

Un autre robinet est également placé au-dessus de la chaudière ; un tuyau en cuivre partant de ce robinet amène la vapeur près de l'étuve, où il se divise en deux branches. La première se raccorde avec la boîte de distribution des batte-

AGENTS ET APPAREtLS

ries de chauffe placée à l'intérieur et dans le haut de l'étuve. Cette conduite porte un robinet de réglage, une soupape de sûreté et un manomètre.

La deuxième branche porte un robinet, une bouteille de séparation d'eau condensée et de vapeur, une soupape de sûreté, un manomètre, et, elle se raccorde enfin avec le tuyau d'arrivée de vapeur directe dans l'étuve.

(Fig. 36]

Chaudière verticale, genre « Pield »

Sur le tuyau de vapeur directe et un peu avant sa pénétra tion dans l'étuve, se trouve branché un tuyau de plus gros diamètre portant un robinet valve. Ce tuyau sert à faire échapper la vapeur pendant les différentes phases des opérations,

Un robinet purgeur d'air est placé extérieurement près des appareils de distribution de vapeur ; il communique avec l'intérieur par un tuyau qui descend jusqu'à la partie la plus basse de l'étuve. A l'extérieur, il se continue par un portethermomètre et par un tuyau en cuivre débouchant dans le tuyau d'échappement de l'appareil. Ce dispositif, appelé contrôle de purge, permet d'éviter de la façon la plus absolue, toute fausse manœuvre due à la malveillance ou à l'ignorance de l'opérateur. Grâce à ce dispositif, on expulse en effet, la totalité de l'air primitivement renfermé dans l'étuve.

Pour purger l'eau condensée des surfaces de chauffe servant au séchage, la quatrième boîte de distribution des surfaces de chauffe placées à l'extérieur de l'étuve se termine par un tuyau de purge d'eau condensée, à l'extrémité duquel est fixé un robinet réglable à la main.

Afin de purger l'eau condensée provenant de la vapeur directe, deux tuyaux de purge se réunissent en un seul terminé par un robinet, partent, sous l'étuve, des deux extrémités basses du corps cylindrique.

Enfin, pour purger l'eau condensée avant son entrée dans l'étuve un dernier tuyau terminé aussi par un robinet sert à purger la bouteille de séparation.

Tous ces robinets sont réunis pour déverser l'eau dans un récipient quelconque.

Le chariot, formé de fer U et de cornières cintrées suivant les formes intérieures de l'étuve, est porté par quatre roues en fonte, maintenues dans des chapes en fer forgé fixées sur des plaques en tôle.

Des claies en fer cornière galvanisé peuvent s'enlever! facilement suivant les besoins. Enfin, toute la partie inférieure du chariot est enveloppée d'un grillage en cuivre étamé.

Ce chariot d'une construction légère et solide, est agencé de façon que les matelas puissent être placés verticalement, ce qui est une condition très recommandée ; de plus, de simples claies, jetées à volonté sur les traverses-guides, forment des compartiments étages, tout à fait convenables pour recevoir les linges et vêtements.

Toutes les parties métalliques intérieures et extérieures de l'étuve sont recouvertes de deux couches d'un enduit spécial.

Les figures 34 et 35 représentent l'étuve à désinfection, pourvue de deux manomètres, de deux robinets d'entrée devapeur et d'une soupape de sûreté.

Fonctionnement. — L'étuve élant chargée et les portes hermétiquement closes, il faut tout d'abord évacuer audehors tout l'air contenu à l'intérieur de l'appareil. En effet, les résultats que l'on veut obtenir ne peuvent être certains que si la température de 115° est bien uniforme dans toute la capacité intérieure, et on ne peut obtenir cette uniformité que si l'on travaille en vapeur saturée.

Si, au contraire, on laisse de l'air en plus ou moins grande quantité, la pression sera bien de 0,700, mais la température sera d'autant plus basse que la quantité d'air oublié dans l'étuve sera plus grande. Dans ces conditions, l'opération peut s'effectuer à des températures de 80 ou 90 degrés, alors que l'on croit atteindre 115°.

Pour éviter cet inconvénient, on ouvre lentement le robinet spécial dit de purge d'air qui communique avec le tuyau général d'échappement de l'étuve. Le thermomètre indique alors des températures de plus en plus élevées, et lorsqu'on atteint de 98 à 100°, on peut admettre que tout l'air de l'étuve est chassé. La première phase de l'opération est terminée.

On fait alors arriver la vapeur à la fois par les deux robinets de vapeur directe et de vapeur de surchauffe, de façon que les manomètres correspondants se maintiennent aussi régulièrement que possible respectivement à 0 k. 700 et 3 k. 500. Cinq minutes après que le poids de 0 k. 700 est obtenu au manomètre de la vapeur directe, on ferme le robinet correspondant et on ouvre brusquement la vanne d'échappement. On fait ainsi ce qu'on nomme une détente, c'est-à-dire que toute la vapeur contenue dans l'étuve s'échappe au dehors. Le manomètre de la vapeur directe tombe alors à 0. A partir de ce moment, on ferme la vanne d'échappement, et on recommence à laisser pénétrer la

vapeur directe, jusqu'à ce que le manomètre indique une pression de 0 k. 700. On fait ainsi trois détentes consécutives, c'est-à-dire trois contacts de 5 minutes. Après cela, l'opération est terminée et on procède au séchage des objets.

Dans ce but, on entr'ouvre légèrement les portes et on laisse la vapeur dans les serpentins. Au bout de quelques minutes, le séchage est complet. On peut ensuite ouvrir les portes en grand, tirer au dehors le chariot et sortir les objets.

Ils sont encore chauds et paraissent humides, mais il suffit de les secouer à l'air pour qu'ils sèchent très rapidement.

Les précautions qu'il convient de prendre dans les opérations de désinfection sont les suivantes :

En principe, ne jamais tasser les objets dans le chariot, de façon à rendre plus facile l'opération de désinfection proprement dite. Faire évacuer au fur et à mesure de sa formation, l'eau de condensation. Cette précaution, surtout pour les batteries de chauffe, est indispensable, car on arriverait rapidement à n'avoir dans les serpentins que de l'eau chaude et non de la vapeur à une température très élevée.

Avec cet appareil, on peut facilement faire deux opérations complètes par heure.

Lorsque l'appareil est froid et qu'il faut le mettre en marche, c'est-à-dire lors de la toute première opération, il est nécessaire de. prendre quelques précautions spéciales. Si l'on veut aller vite, on remplit l'étuve de vapeur et on laisse le robinet de purge entr'ouvert jusqu'à ce que l'eau condensée ne se forme pour ainsi dire plus.

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