II. — Etuves a vapeur fluente sous PRESSION
Dans ces étuves, ainsi que nous l'avons vu, les objets à désinfecter sont placés dans un courant de vapeur sous pression, qui chasse continuellement avec elle, l'air et les gaz accumulés dans les objets.
En principe, toutes les étuves désignées sous le nom d'éluves à vapeur sous pression peuvent fonctionner comme étuves à vapeur fluente sous pression, en "ouvrant simplement le robinet d'échappement de vapeur pendant la durée de l'opération.
Nous allons décrire les étuves à vapeur fluente sous pression de Le Blanc et celles de Vaillard et Besson construites par Lequeux.
1° Ëtuves à vapeur fluente sous pression de Jules Le Blanc.
La maison Jules Le Blanc, de Paris, construit de nombreux modèles d'étuves à vapeur fluente sous pression. Les unes sont fixes, à une ou deux portes ; les autres sont locomobiles et de plusieurs dimensions. Parmi ces dernières, il faut mentionner le type à étuve en travers avec deux portes (fig. 28), permettant la séparation des objets contaminés et du personnel.
(Fig. 28) Etuveft à vapeur fluente sous pression de Jules Le Blanc
Les petits modèles d'étuves fixes Le Blanc n'ont pas de générateur de vapeur indépendant ; elles sont munies d'une chaudière placée au-dessous de l'étuve et lui servant de socle.
Tous ces appareils sont construits en tôle d'acier et rivé9 k la presse hydraulique ; ils sont timbrés par l'administration des mines à 1 k. 500.
Ils sont formés d'un corps cylindrique, et les portes sont des fonds emboutis, guidés par des charnières, fermant dans un joint à gorge garni de caoutchouc vulcanisé.
Le serrage de ces portes est obtenu rapidement et sûrement par un système spécial de boulons articulés à écrous sphériques avec poignées entourées de petites cordes pour que les mains n'aient pas à souffrir du contact de la chaleur.
Par ce système d'écrous a base sphérique s'encastrant et se centrant d'eux-mêmes dans des crans ad hoc, la fermeture et le serrage se font sans tâtonnement et très solidedement, sans avoir recours à une clé rallonge.
A l'intérieur de l'étuve se trouve un chariot de forme cylindrique beaucoup plus pratique que les wagonnets rectangulaires en usage ailleurs, en ce sens que tout le diamètre intérieur de l'appareil est utilisé ; l'ossature est en métal étamé afin d'empêcher l'oxydation ; des lames de bois garnissent le pourtour et composent ainsi des claies mobiles pour éviter que les objets ne brûlent au contact du métal.
Le chariot est muni de galets roulant sur des rails articulés fixés sur la partie inférieure du corps cylindrique. En ouvrant les portes, les rails se continuent à l'extérieur de l'étuve, par un prolongement à charnières ; il est facile de les abattre en dégageant le ressort qui les maintient verticalement en dedans quand les portes sont fermées.
A l'intérieur de létuve se trouve un dispositif ingénieux : une tôle étamée fixée dans le haut fait voûte au-dessus du chariot qu'elle recouvre de chaque côté jusque vers le milieu, empêchant ainsi toute souillure par l'eau condensée des objets à désinfecter, et jouant le rôle de répartiteur de la vapeur. Une deuxième tôle, étamée, placée dans le bas, forme un véritable plancher au niveau des rails. Elle est percée d'une multitude de trous permettant l'écoulement de l'eau de condensation et donnant passage à l'air et à la vapeur, dont la sortie est ainsi méthodique et continue.
Dans les grands modèles de ces étuves, la vapeur n'est pas seulement introduite par le milieu ; elle se répand par deux orifices à la fois, placés à égale distance des portes, toujours à la partie supérieure ; la vapeur circule ainsi plus unifor-
Agents et appareils 181
mément dans toutes les parties de l'appareil ; deux orifices sont aussi aménagés à la partie inférieure pour l'évacuation.
Toute l'étuve est revêtue extérieurement, cylindre et fonds, d'une enveloppe isolante en bois, recouverte elle-même de tôle cerclée et vernie pour bien garantir l'appareil contre le refroidissement et la condensation, et mettre les opérateurs à l'abri de la chaleur.
L'étuve comporte à l'extérieur les appareils de sûreté et d'observation ci-après :
1° Un thermomètre avec gaine en cuivre, dont le réservoir de mercure plonge dans une tubulure de gros diamètre communiquant directement avec l'étuve, de sorte que la température indiquée au thermomètre représente exactement celle de l'intérieur où se fait la désinfection ;
2° Un manomètre métallique placé contre le thermomètre, sur lequel une flèche rouge indique le point où l'aiguille doit venir se fixer pendant les opérations. Ce manomètre, en concordance par ses divisions avec le thermomètre marque également la pression de vapeur ;
3° Une soupape de sûreté toute spéciale placée aussi sur la même tubulure que le thermomètre et le manomètre est réglée de façon précise pour fonctionner très exactement à 115°.
Ces trois appareils se contrôlent réciproquement et rendent les opérations de désinfection simples et parfaites.
Enfin, l'étuve est munie extérieurement dans son milieu d'un support à cadran métallique avec inscriptions indiquant l'emploi des robinets ; une forte manette relie par une tige fixe le robinet du haut pour l'entrée de vapeur à celui du bas pour la sortie de l'eau condensée et de l'air à expulser : les deux robinets sont ainsi commandés l'un par l'autre. Cette même manette, dont le cadran indique les diverses positions sert encore à l'opération- du séchage qui se fait dans l'étuve au moyen d'un éjecteur placé dans le haut, extérieurement.
L'étuve J. Le Blanc opère la désinfection par la vapeur fluente sous pression arrivant du haut de l'étuve, afin que l'air soit toujours chassé par le bas avec l'eau condensée.
La désinfection s'obtient à la température de 115° à la pression de 0 k. 750, et l'air est expulsé sans discontinuité avec la purge d'eau condensée.
Les objets sont séchés dans l'étuve sans ouvrir les portes, à l'aide de l'éjecteur précité, qui, opère par un courant d'air ventilant les objets, et l'odeur désagréable de ce séchage est chassée de la pièce par un tuyautage relié à l'éjecteur, sans incommoder le personnel.
Les chaudières qui sont habituellement fournies avec les étuves, lorsque les établissements ne possèdent pas de générateur de vapeur, sont aussi construites en tôle d'acier, et timbrées à 6 k. par l'administration des mines ; elles sont à foyer intérieur à tubes pendentifs, et d'une capacité plus que suffisante pour alimenter de vapeur l'étuve, en sorte que son
(Fig. 29) Etuve fixe à vapeur fluente sous pression de Jules Le Blanc
maniement est rendu très facile, parce qu'il n'est pas nécessaire d'en pousser le feu ; elles peuvent même facilement alimenter deux étuves fonctionnant simultanément.
L'installation des appareils ne présente aucune difficulté ; le tuyautage et les joints étant ordinairement préparés à l'avance, il n'y a qu'à relier ce tuyautage à l'étuve et au générateur.
Nous reproduisons (fig. 29) un type d etuve fixe à vapeur fluente sous pression de Jules Le Blanc.
Fonctionnement. — Les conditions de fonctionnement des étuves Le Blanc, qui ont valu à cette maison les certificats d'efficacité 27, 28, 29 30 et 31 du Ministère de l'Intérieur, ont été les suivantes :
AGENTS ET APPAREÎLé
1° Chargement de l'étuve ; sa fermeture ; 2° Introduction de vapeur pour le chauffage ; purge d'air ; 3° Monter en pression à 700 grammes (115°) et maintenir cette pression pendant 20 minutes.
2° Ëtuves à vapeur fluente sous pression, système Vaillard et Desson.
La maison Lequeux de Paris construit les étuves du système Vaillard et Besson dont il existe plusieurs types. Le plus ancien, celui qui a servi de modèle à tous les autres est l'étuve fixe verticale avec bouilleur en dessous, depuis si
ETUVE LOCOMDBILEavec Bouilleur en dessous sur Chariot à 2 roues
Type Mi
P. LEQUEUX 'Ay-CoMt.6f.Oie Ceyiuutc.fÀ/US
(Fig. 30) Etuve à vapeur fluente sous pression, système Vaillard et Besson
longtemps en usage dans l'armée. L'étuve locomobile de Lequeux a également son bouilleur en dessous. Elle est reproduite ci-contre (fig. 30). Enfin la maison construit deux modèles d'étuves fixes avec générateur de vapeur indépendant.
Nous décrirons seulement la petite étuve si simple, qui a été conçue spécialement pour les besoins régimentaires, et qui, par ses dimensions, pourrait également suffire à de petites communes.
L'étuve à vapeur fluente de Lequeux — système Vaillard et Besson — se compose de deux pièces distinctes et séparables :
1° Le fourneau en tôle, formant un socle, sur lequel repose l'étuve ;
2° L'étuve proprement dite en tôle d'acier galvanisé, comprenant dans le même corps, le générateur de vapeur et la chnmbre à désinfection.
Fourneau. — Le fourneau est disposé pour servir de support à l'étuve. A cet effet, il comporte une enveloppe cylindrique en tôle épaisse reposant sur une plaque circulaire. Le bord supérieur porte un cercle évasé destiné à recevoir
ETUVE A DESINFECTION par circulation Erevsgd.g.
Système VAILLARD et BESS 011
P. LEQUEUX itfr-Carf- 64. foc Guy-LussacMMS
(Fig. 31 et 32)
la chaudière de l'étuve, qui s'y encastre de quelques centimètres. Le foyer peut être chauffé avec 'ous les combustibles : houille, coke, bois, etc....
Etuve. — L'étuve, en tôle d'acier galvanisée, se dispose verticalement sur le foyer. Elle est constituée par deux cylindres concentriques, fermés à leur partie inférieure p«r un
fond embouti, et écartés l'un de l'autre dans toute leur étendue (fig. 31 et 32).
Le cylindre intérieur S limite la chambre de désinfection qui mesure Om. 82 de haut sur Om. 75 de diamètre ; sa capacité est de 362 litres.
Le cylindre extérieur, en tôle plus épaisse est éloigné du précédent de 3 à 4 centimètres. Son fond formé par un embouti, est distant de 15 centimètres environ du fond du cylindre intérieur. L'espace compris entre le fond de chaque cylindre constitue la chaudière proprement dite, dont la contenance est de 40 à 45 litres. L'eau y est introduite au moyen d'un entonnoir latéral à robinet E. Un robinet de niveau N marque la hauteur de l'eau nécessaire à chaque opération. Un deuxième robinet de jauge P, placé à un niveau inférieur, est destiné à renseigner sur la quantité d'eau restant dans la chaudière au cours d'une opération prolongée.
Le fond du cylindre intérieur S est supporté par trois taquets en fer galvanisé, fixés en un point de la chaudière non soumis à la chauffe. 11 est percé en son milieu d'un orifice dans lequel s'engage une pièce en bronze K évidée à son centre, et dont la destination sera indiquée. Cette pièce en bronze adhère au fond du dit cylindre au moyen d'une grille fixée par un simple écrou. Le' cylindre est donc amovible ; en l'enlevant on peut visiter la chaudière.
La vapeur produite dans cette chaudière circule dans l'espace ménagé entre les deux cylindres, aborde la chambre de désinfection par la partie supérieure, et s'échappe ensuite par la partie inférieure après avoir circulé de haut en bas.
A cet effet, la pièce en bronze K, fixée au centre du cylindre intérieur, est creusée d'un large canal dans l'âme duquel est vissé un tube de fer galvanisé U D servant à l'échappement de la vapeur. Le tube U D se termine en dehors, en D, par une soupape qui sera décrite en détail. Toute communication par le fond entre la chaudière et la chambre de désinfection est rendue impossible par l'étanchéité du joint K.
Le cylindre extérieur I porte à sa partie supérieure une forte cornière en fer J dont l'aile horizontale est munie de
dix échancrures portant chacune un boulon à oreilles. C'est sur cette pièce que s'applique le couvercle C par l'intermédiaire d'un joint en caoutchouc assurant la fermeture hermétique.
La manœuvre du couvercle peut s'effectuer au moyen d'une poulie moufiée et d'un crochet qui s'adapte à l'anneau placé sur le rebord horizontal de la cornière.
Deux buttoirs sont disposés en un point diamétralement opposé à l'anneau de prise et rivés à la cornière du cylindre extérieur : ils fournissent un point d'appui au couvercle pendant le soulèvement et en empêchent le glissement.
La paroi externe du cylindre I est garnie d'une enveloppe isolante en feutre, recouverte elle-même d'une feuille mince de tôle maintenue par trois cercles métalliques. Cette paroi porte : 1° en M un manomètre destiné à indiquer la pression et la température à l'intérieur de l'étuve ; 2° à la partie supérieure, et en communication directe avec la chaudière, une prise de vapeur sur laquelle est branché un T en bronze portant à l'une de ses extrémités une soupape de sûreté, et à l'autre un robinet R. Ce dernier établit et supprime à volonté la communication entre l'extérieur et l'espace limité par les deux cylindres. La soupape de sûreté est destinée à fonctionner pour une pression supérieure à celle du régime normal de l'appareil.
Une claire-voie mobile garnit le fond du cylindre S et supporte les objets à désinfecter.
Dispositif placé à l'orifice de sortie de la vapeur. — Ce dispositif, représenté par la figure 33, joue un rôle essentiel dans l'économie de l'appareil. Il se compose : 1° d'une douille en bronze a vissée à la partie terminale du tube V D ; 2° d'un clapet oscillant sur une chape c et servant à la fois de moyen de réglage et de soupape de sûreté.
Ce clapet s'appuie sur les rebords amincis et bien dressés de la douille formant siège de soupape En position verticale, il obture l'orifice de sortie de la vapeur ; soulevé, il le démasque.
Une tige verticale d, faisant corps avec le clapet, reçoit un court levier muni d'une boule métallique p, pouvant tourner autour de la tige d. Cette boule est destinée à agir sur le clapet pour augmenter, diminuer ou annihiler la charge qu'il exerce sur l'orifice de sortie. La charge est maxima lorsque la boule est placée dans la position indiquée par la figure, c'est-à-dire perpendiculairement au plan du clapet ; elle est minima lorsque, après avoir décrit un quart de cercle, le levier se trouve parallèle à ce plan ; pour chaque position intermédiaire aux deux précédentes, la charge varie entre le maximum et le minimum. Enfin lorsque, après avoir décrit plus du quart de cercle, la boule se trouve en arrière de l'axe c, son poids agit pour soulever le clapet.
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(Fig. 33) Dispositif placé à l'orifice de sortie de la vapeur
Le levier et la boule métallique sont prévus de telle sorte que le maximum de leur charge sur le clapet fasse équilibre à une pression déterminée de la vapeur qui s'écoule par le tube a. Cette pression a été fixée à 500 grammes par centimètre carré ; elle correspond à la température de 110, 112 degrés, largement suffisante pour assurer la désinfection. Pour des pressions supérieures, le clapet se soulève, et l'échappement de vapeur ramène la pression au degré voulu.
De la description qui précède ressortent les principales caractéristiques de l'appareil :
1° La forme de la chaudière réalise les conditions les plus favorables à la rapidité de la mise en fonction ;
2° La chambre à désinfection est emboîtée dans le générateur de vapeur et se trouve entourée dans toute son étendue par la vapeur produite. Cette disposition, déjà appliquée à certaines étuves à courant de vapeur, offre un avantage appréciable. L'échauffement de la chaudière élève la température de la chambre à désinfection et, par suite, celle des objets qu'elle contient. Aussi, lorsque la vapeur aborde les effets, elle les trouve déjà à une température qui empêche sa condensation, du moins la réduit au minimum. Le mouillage des objets se trouve ainsi évité : le séchage en devient très rapide et presque inutile ;
3° La vapeur est introduite dans la chambre à désinfection par le haut, et elle en sort par le bas. Ce mode de circulation déjà employée par Walz et Windscheidt, puis par Van Overbeck, est le plus favorable à la facile expulsion de l'air interposé autour des objets ou dans les mailles des tissus ; il se prête ainsi le mieux à la pénétration de la vapeur dans les objets à purifier, et par suite à l'uniformisation des températures dans les divers points de l'étuve ;
4° Le dispositif qui détermine la voie d'échappement, permet :
a) D'utiliser l'étuve pour la désinfection par un courant de vapeur à la pression normale ;
b) De réunir à volonté la pression à la circulation de vapeur ;
c) D'élever cette pression jusqu'à une limite qu'il est impossible de franchir ou de la régler pour les degrés inférieurs.
5° Lorsque l'étuve est mise en pression et le clapet disposé pour la charge maxima, la pression se règle invariablement automotiquement pour la température de 110°-112°. Le maniement de l'étuve est d'une telle simplicité qu'il n'exige aucune connaissance spéciale de la conduite des machines ; pour son utilisation, il n'y a donc pas lieu de prévoir l'emploi d'un mécanicien de profession. L'appareil est
construit, en effet, en vue d'un fonctionnement aussi automatique que possible. Lorsque le clapet est placé pour exercer sa charge maxima, (cette manœuvre est à la portée des esprits les plus simples), le réglage s'effectue de lui-même, invariablement pour la température à laquelle la désinfection doit être faite. Le rôle de l'homme se réduit à entretenir le feu pendant le temps nécessaire et à interrompre l'opération lorsqu'elle est terminée. L'étuve remplit le reste, c'està-dire la besogne essentielle ; elle fait monter la pression au degré voulu pour la purification des objets, la maintient à ce degré, pourvu que la chauffe soit entretenue et l'empêche de monter au delà ;
6° Le jeu du clapet, en limitant « ne varietur » l'élévation de la pression, écarte toute possibilité d'accidents. Quelle que soit l'activité de la chauffe, la pression ne peut excéder la limite imposée par le jeu automatique du clapet. Un surcroit de garantie est fourni par la soupape de sûreté placée vers la partie supérieure de l'appareil et branchée sur la prise de vapeur R. Cette soupape est destinée à fonctionner dans le cas où un obstacle, placé sur la voie normale d'échappement de la vapeur (obstruction du tube de sortie, charge exercée volontairement sur le clapet de réglage), viendrait à élever la pression intérieure de l'appareil au delà de la limite fixée. Cette soupape est établie de façon à faire équilibre à une pression de 800 grammes par centimètre carré, laquelle correspond à la température de 115°-116°. Dès que la charge intérieure s'élève à ce degré, la soupape livre passage à la vapeur et prévient tout accident en maintenant la pression bien au-dessous de la limite de résistance de l'étuve ;
7° La vapeur est toujours en circulation à tous les moments de la désinfection. La fermeture de l'orifice par ïe clapet n'est pas, en effet, tellement hermétique qu'elle ne puisse livrer aucune issue à la vapeur ; celle-ci s'échappe toujours, faiblement il est vrai, au début de la mise en marche sous pression, plus abondamment par la suite, mais sans cesse d'une manière suffisante pour établir un courant Cette particularité est une garantie de l'efficacité de l'étuve ;
8° La disposition de l'appareil qui assure réchauffement du cylindre intérieur, permet d'opérer le séchage des effets. Lorsque le robinet R est ouvert et le couvercle enlevé (après s'être assuré qu'il n'y a plus de pression à l'intérieur de l'étuve), le courant de vapeur cesse de traverser les effets, et la chambre de désinfection devient une sorte de bainmarie permettant le séchage. A vrai dire, cette opération sera le plus souvent inutile. Les effets seront retirés de l'étuve légèrement moites, mais à une température assez élevée pour qu'il suffise de les agiter et de les exposer à l'air pour que le séchage en soit complet en peu de temps. Seuls les matelas peuvent conserver encore un peu d'humidité, et c'est pour eux surtout qu'il y a lien de pratiquer le séchage.
Au point de vue de sa construction, l'étuve ne comporte aucun organe fragile ou d'un maniement délicat. Les accessoires sont assez massifs pour être très résistants, et leur saillie est restreinte au stritct minimum. Le tuyautage se réduit à l'unique tube qui sert à l'échappement de la vapeur. Un agencement mentionné dans la description permet l'enlèvement du cylindre intérieur et la visite de la chaudière. Les avaries peuvent être réparées sur place, sans avoir recours à des mécaniciens spéciaux. Seuls, le clapet qui termine la voie d'écoulement de la vapeur, et la soupape de sûreté, s'ils venaient à être faussés par un choc violent, exigeraient un remplacement ; mais ils constituent des pièces indépendantes, vissées sur les orifices, facilement démontables, interchangeables ;
10° L'étuve peut être chauffée avec tous les combustibles, bois, coke, houille, etc.) ; son utilisation est donc assurée partout. Le fonctionnement en est économique. Son prix est peu élevé.
La contenance de la chambre de désinfection permet d'y introduire simultanément une literie complète de troupe (matelas, traversin, draps, couvertures), tous les effets et le linge d'un homme ; ou bien deux literies complètes (2 matelas, 2 traversins, 4 draps, 4 couvertures).
Fonctionnement. — Les certificats d'efficacité n08 277, 280,
283 et 286 ont été délivrés par le Ministre de l'Intérieur aux étuves Lequeux, après constatation de leur fonctionnement, aux conditions suivantes :
1° Allumage du foyer, chauffage de 1 etuve et purge d'air ;
2° Montée en pression à 700 grammes, (température -■ + 115°) ;
3° Maintenir cette pression et cette température pendant 25 minutes.