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Bacille du charbon variété A.
Bacille de la pomme de terre
Dans la pratique, Bormans a obtenu d'excellents résultats avec les solutions à 12 pour 100 pour désinfecter les parquets souillés et recouverts d'une épaisse couche de saleté.
Cette solution est employée, dans les abattoirs de Turin, pour désinfecter les wagons qui ont servi à transporter des bestiaux suspects de maladies contagieuses. Le prix de revient de la soude Baxter serait environ de 0 fr. 30 le kilogramme.
Lessives. — Les auteurs diffèrent d'opinion en ce qui concerne la valeur désinfectante des lessives. Celles-ci contiennent des carbonates de potasse et de soude auxquels elles doivent leurs propriétés. Leur efficacité dépend d'aileurs de leur degré d'alcalinité. Ce qui n'est pas douteux, c'est que leur effet s'accro'it avec l'élévation de la température. Ainsi Behring, avec une lessive contenant 1,4 pour 100 de carbonate de soude, réussit à tuer à la température de 80° à 85° les spores de charbon en 8 à 10 minutes et à 70° en 30 minutes. Forster, se servant d'une solution de soude à 1 pour 100 à la température ambiante, réussit à détruire le bacille de la diphtérie, du choléra des poules et les staphylocoques après une heure de contact. Montefusco et Caro ont pu constater aussi que les bacilles de la fièvre typhoïde
et du choléra pouvaient être détruits à froid en 12 heures par cérames lessives usuelles. Selon Boer, la lessnl de soude, dans la proportion de 1 sur 150 tue en deux heures les spin les du choléra et les bacilles de la morve. Le bleuie de Lœ fier est détruit après un contact de deux heures par
deTa eTl! ^ 30° ; C'anS Ce"e à 10 P°U1' 10° les « de a peste bubonique meurent en dix minutes et ceux du
typhus (Vincent) en 15 minute* Kitasato et Heider sont d'avis, que pour obtenir une désin-
S£ST " ^ emP%er kS 'f^ à ™ ha»te
Les lessives portées à l'ébullilion ont un pouvoir bactéricide incontestable ; elles peuvent être employées lorsoÛ on ne d,spose pas d'autres moyens de désinfection. Elles con viennent particulièrement aux linges souillés et imprégnés de matières grasses. 1"*%^
Chaux.
La chaux est connue de temps immémorial. Hippocrate employait en médecine, mais sa véritable nature n M
démontrée qu'en 1755 par Black.
La chaux pure est une substance blanche, soluble sans
effervescence dans les acides, d'une densité de 2,3 d'une
etVdeëau ' * Bl CaUS"qUe' ^ aVlde d'adde ca^o«ique
Dès les temps les plus reculés, on s'est servi de la chaux
pour la desinfection des locaux contaminés et pour la des"
ncCe on, CadaT' De n°mbreUSes el ré<*««* Agences ont remis en lumière son action sur divers microbes
LZn a; ^-f"' CT ^ '" r'èVre '>'jh0ïde el d» «*«*«! ^ bonus (1887) emploie une solution de chaux à 0,123 et
a 0,134 pour 100 ; il mélange 50 centimètres cubes de celte
solution avec 25 centimètres cubes de bouillon putréfié el
constate que le dépôt formé, au bout de 24 heures, n'est plus
capable de troubler la gélatine. D'après lui, la solution à
O 00, .suffit pour tuer rapidement le bacille Ivphoidique ■
pour Kitasato, la quantité de chaux nécessaire serait d.
0,0966, c'est-à-dire 13 fois plus forte. Pour détruire le bacille du choléra, il faut d'après Liborius 0,0240 pour 100 de chaux et d'après Kitasato 0,1 pour 100.
X Pfùhl, dans ses recherches, a constaté que la chaux vive en petits fragments a moins d'action que la chaux éteinte.
Avec une proportion de 6 pour 100 de chaux vive, la désinfection des selles cholériques et typhiques n'est obtenue qu'au bout de deux heures. La chaux vive a aussi l'inconvénient de ne pas se conserver aussi bien que la chaux éteinte. D'après cet auteur, la chaux éteinte en poudre agit moins bien que le lait de chaux, par ce que, incorporée aux matières fécales, elle se divise en petits amas qu'il est difficile de désagréger. C'est donc, sous forme de lait de chaux que l'oxyde de calcium doit être employé pour en obtenir l'action la plus énergique.
Le lait de chaux ralentit, selon Koch, le développement de la spore charbonneuse. Par contre, il serait sans action sur le virus frais du charbon symptomatique (Arloing, Cornevin et Thomas), sur la spore du bacille tétanique (Bombicci) et sur le bacille de la tuberculose (Giaxa).
Plus récemment (juillet 1889), dans un rapport communiqué au comité consultatif d'hygiène publique, M. M. Richard et Chantemesse ont relaté leurs expériences sur l'action microbicide du lait de chaux à l'égard des bacilles du choléra et de la fièvre typhoïde. Ils ont observé que le lait de chaux seul stérilisait les selles typhiques et cholériques dans la proportion de 4 p. 100 de chaux au bout d'une demiheure, tandis que le même résultat n'a été atteint ni avec le chlorure de chaux dans la proportion de 5 pour 100, ni avec le sublimé dans la proportion de 1 p. 100, soit pur, soit additionné d'acide chlorhydrique, suivant la méthode de Laplace.
De l'eau d'égout que MM. Richard et Chantemesse ont additionnée de 1 p. 100 de lait de chaux s'est clarifiée très rapidement. Ils ont constaté que ce liquide ensemencé n'était pas stérilisé, même au bout de deux heures et demie ; le développement des colonies était seulement ralenti.
« Pour avoir du lait de chaux très actif, disent ces auteurs, on « prend de la chaux de bonne qualité, on la fait se déliter en l'arro-
<r sant petit à petit avec la moitié de son poids d'eau. Quand la déli- « tescence est effectuée, on met la poudre dans un récipient soies: g-neusement bouché et placé dans un endroit sec. Comme un « kilogramme de chaux qui a absorbé 500 grammes d'eau pour se « déliter a acquis un volume de 2 litres 200, il suffit de le délayer A dans le double de son volume d'eau, soit 4 litres 400, pour avoir. « un lait de chaux qui soit environ à 20 p. % ».
A cause de son affinité pour l'acide carbonique, le lait de chaux doit être fraîchement préparé et conservé dans des flacons bien bouchés.
La manipulation du lait de chaux est facile ; son prix peu élevé. Il réalise une excellente désinfection des matières fécales, qui n'est obtenue que si le mélange bleuit fortement le papier tournesol. Il a cependant l'inconvénient de déterminer le dégagement d'une grande quantité d'ammoniaque en présence des matières fécales et des urines fermentées.
En badigeonnage sur les murs, le lait de chaux est un très bon moyen, non seulement de propreté, mais encore de désinfection, pour les hôpitaux, les casernes, les prisons, les logements insalubres. Cette opération peut être effectuée avec des pinceaux et mieux avec des pulvérisateurs construits spécialement pour liquides épais. Pour plus de sécurité, on devra passer plusieurs couches. Dans ces conditions, Lapasset et Cronberg ont montré que les murs étaient à peu près stérilisés.
Voici d'ailleurs de quelle façon Lapasset conseille d'employer le lait de chaux en badigeonnages : Les anciennes couches n'ont pas besoin d'être grattées ; on donnera, au moins, deux couches ; le lait sera composé de deux kilogs de chaux fraîchement éteinte dans cinq litres d'eau ; enfin on se gardera d'y ajouter du carbonate de chaux (blanc de Meudon ou de Troyes).
Chlorure de chaux
Le chlorure de chaux est un mélange d'hypochlorite et de chlorure de calcium. C'est une poudre blanche exhalant une forte od^ur de chlore, d'une saveur acre et piquante. Il se
dissout dans l'eau mais en partie seulement. Il oxyde et détériore rapidement les objets en fer, en zinc, en cuivre, etc. C'est un décolorant très énergique.
Depuis longtemps, le chlorure de chaux est employé comme désinfectant ; il détruit un certain nombre de microbes pathogènes.
MM.Worouzoff, Winogradoff et Kolesnikoff ont expérimenté sur le charbon, la solution à 5 p. 100. Ils ont observé que les bactéridies et les spores fraîches ou sèches étaient tuées au bout d'une minute quand la solution était en excès ; à volumes égaux, le sang frais charbonneux étendu sur un fil de soie était neutralisé au bout de 10 minutes. En outre, des fragments de peau d'un animal mort charbonneux, plongés dans la même solution, avaient perdu toute virulence au bout de 24 heures.
La solution à 2,5 pour 100 n'avait aucun effet sur les fils de soie imprégnés de spores charbonneuses desséchées.
Le bacille du rouget, le microbe du choléra des poules sont détruits par la solution à 1 pour 100. Le chlorure de chaux au tiers ou au cinquième tue le bacille tuberculeux.
MM. Chamberland et Fernbach (1) ont constaté que la solution de chlorure de chaux au dixième aurait une action aussi active que celle de bichlorure de mercure au millième sur les germes humides ou desséchés, à condition que la solution soit portée à la température de 50 degrés centigrades.
MM. Chamberland et Fernbach conseillent d'employer la solution suivante :
Chlorure de chaux 100 grammes.
Eau 1.200 grammes.
Le chlorure de chaux, dont le prix est modique, est très employé dans la pratique de la désinfection vétérinaire.
;i) Annales de l'Institut Pasteur, 1893.
HVPOCHLORITES ALCALINS
Hypoehlorite de soude. Liqueur de Labarraque
La liqueur de Labarraque est une solution aqueuse d'hypochlorite de soude, que l'on obtient en mélangeant du chlorure de chaux et du carbonate de soude dans de l'eau.
C'est un liquide incolore, d'une odeur de chlore prononcée; il contient deux fois son volume de chlore actif. Antiseptique et desinfectant, il sert en lavages, lotions, injections vaginales.
Employé en irrigations, avec le réservoir d'Esmarch et le tube en caoutchouc, c'est un excellent désinfectant de la gorge et des fosses nasales à la dose de 50 p. 1.000.
La formule de la liqueur de Labarraque du Codex est la suivante :
Chlorure de chaux sec à 90° 100 grammes. Carbonate de soude cristallisé 200 grammes. Eau distillée 4.500 grammes.
Hypoehlorite de potasse. Eau de Javel
L'eau de Javel est un liquide incolore, peu stable, se décomposant sous l'influence de la lumière et des acides les plus faibles.
Employée pour le blanchiment des étoffes, on utilise aussi ses propriétés désinfectantes. Une instruction du Préfet de police du 23 novembre 1853 recommande l'emploi de l'eau de Javel étendue dans cent fois son poids d'eau, pour laver les tuyaux des eaux ménagères, les parties dallées ou pavées, les cours, les escaliers {Vallin). Plus récemment, les expériences de Chamberland et Fernbach sont venues confirmer la valeur désinfectante de l'hypochlorite de potasse : ils ont
constaté que, en solution concentrée, l'eau de Javel tue, à 15° en cinq minutes, les spores charbonneuses, et en une heure, le « bacillus subtilis ». Une température de 50° exalte son pouvoir germicide ; clans ces conditions, le « subtilis » est détruit en cinq minutes. Une solution d'hypochlorite de potassium, titrant 34° chlorométriques et diluée au trentième serait capable, après un contact de 3 heures, de stériliser des linges contaminés et des crachats tuberculeux [Bezançon).
L'eau de Javel, en solution au trentième et même au cinquantième a l'inconvénient de détériorer le linge (Vallin, L. Martin) ; elle peut servir avec avantage à la désinfection des parquets, des murs et même du mobilier.
TITRE II Désinfectants d'origine organique
Phénol, acide phénique, acide carbolique
Le phénol a été découvert en 1834 par Rïinge dans le goudron de houille. On le rencontre tout formé dans le castoréum, dans l'urine de l'homme, du cheval, de la vache ; c'est un produit constant de la distillation sèche du bois, de la houille, des os. Mais on le retire surtout des huiles de houille qui distillent entre 150 et 200°. Le phénol du commerce renferme un produit analogue et jouissant des mêmes propriétés, l'acide crésylique ou crésylol.
L'acide phénique pur cristallise en longues aiguilles rhomboïdales, blanches, transparentes, un peu hygroscopiques, dont l'odeur rappelle celle de la créosote ; quoique déliquescent, il est peu soluble dans l'eau (5 p. 100). Il se dissout facilement dans l'acool, l'éther, la glycérine, et l'huile. L'acide phénique est toxique et très caustique. En Angleterre, où
l'acide phénique a été tout d'abord employé, on atténue son action trop vive, en l'associant à 6 "fois son poids de glycérine (acide phénique glycérine, carbolate de glycérine des Anglais).
Par sa méthode antiseptique, Lister se proposait de détruire, à l'aide du phénol, les germes déposés sur les plaies, et d'empêcher l'accès de ces germes sur ces dernières. Il employait deux solutions : la solution faible à 2,5 pour 100, et la solution forte à 5 pour 100.
Wernich, Stemberg, Gosselin et Bergeron, Jalan de la Croix ont expérimenté d'une manière plus ou moins empirique l'action désinfectante du phénol. Leurs expériences ont démontré qu'il était nécessaire d'employer des solutions d'acide phénique à 5 pour 100 au moins pour obtenir quelques résultats.
En 1882, Koch fit des recherches sur l'action de l'acide phénique. Dans des verres à réactif contenant 20 centimètres cubes de solution phéniquée, il plongeait des fils de soie imbibés de spores charbonneuses. Il constata que la solution à 5 pour 100 ne détruisait tous les microbes qu'au deuxième jour, alors qu'à cette époque on considérait la solution à 2 p. 100 comme capable de tuer en quelques minutes tous les micro-organismes. Koch ajoute même qu'il faudrait probablement élever la dose à 10 pour 100 pour produire une désinfection intégrale. Par contre, l'action du phénol sur les microbes dépourvus de spores serait, d'après le même auteur, énergique, rapide, même à faible dose.
Au Congrès de la bociété allemande de chirurgie, tenu à Berlin en 1885, Gaertner et Kuemell (1) ont publié les résultats d'expériences nombreuses sur la résistance à l'acide phénique de divers organismes pathogènes à l'état de cultures pures sur la gélatine. Ces expériences ont porté sur les « cocci » du pus, le « micrococcus prodigiosus » et « tetragenus », les bacilles de l'érysipèle, du sang de rate, de la fièvre typhoïde, de la morve, de la diphtérie. Tous ces bacilles étaient détruits au bout de une à cinq minutes de contact
(1) Semaine Médicale du 22 avril 1885.
avec une solution aqueuse d'acide phénique à 1 pour 100 ; seul, celui de la fièvre typhoïde manifestait une plus grande résistance.
D'après J. P. Laws (1886), la solution de phénol à 1 pour 700 ou 1,42 pour 1.000 arrête ou suspend le développement du <( bacillus anthracis ». La destruction définitive n'est obtenue que par 5 pour 1.000 de phénol, après un contact de 45 minutes.
Behring a constaté que les bacilles du choléra, de la fièvre typhoïde, de la diphtérie, du charbon étaient tués en une minute par 1 à 1,5 pour 100 d'acide phénique ; le staphylocoque demanderait une solution de 2 à 3 pour 100.
Selon Jager la solution à 5 pour 100 tue les bacilles tuberculeux en 4 minutes, même dans les crachats.
Des expériences déjà anciennes de Parkes, il résulte qu'il faut au moins 3 grammes 88 centigrammes d'acide phénique cristallisé du commerce, par jour, pour désinfecter les matières fécales d'un homme ; cette dose ne fait pas disparaître complètement l'odeur fécale et n'arrête pas tout développement des vibrions à mouvements rapides (Vallin).
On croit communément que les germes de l'air sont détruits lorsqu'on perçoit l'odeur de l'acide phénique qui a été répandu sous le prétexte de désinfecter. C'est une grosse erreur ; d après Koch, les vapeurs émises à la température ordinaire n'impressionnent nullement au bout d'un mois et demi les spores d'une terre charbonneuse.
Les vapeurs d'acide phénique volatilisé à une température de 188 degrés centigrades ne paraissent pas avoir une action germicide certaine (Schotte et Gartner).
D'après Laplace (1887) l'addition d'acide exalte les propriétés du phénol. Avec 2 grammes d'acide phénique, 1 gramme d'acide chlorhydrique, ou 2 grammes d'acide tartrique pour 100 grammes d'eau, on tue en 24 heures les spores du « bacillus anthracis », tandis qu'on les trouve encore vivantes après 30 jours passés dans les mêmes dilutions de chacun de ces acides séparés.
On peut également augmenter son pouvoir désinfectant en l'additionnant de chlorure de sodium ou sel marin (Scheurlen et Bechmann).
A titre égal, l'action des solutions d'acide phénique croît avec la température. On a constaté que le phénol du commerce, généralement coloré en brun était plus actif que l'acide phénique pur, sans doute à cause de certaines des impuretés qu'il renferme, entre autres des crésols dont la valeur germicide est bien connue.
L'acide phénique, malgré ses propriétés antiseptiques incontestables, est un désinfectant de second ordre ; il faut, en effet, l'employer à doses élevées.
Les solutions en usage sont à 2,5 pour 100 (solution faible), ou à 5 pour 100 (solution forte).
Cette dernière servira à la désinfection des murs, parquets, lits et linges souillés etc.. On peut l'utiliser pour désinfecter les étoffes, les métaux, le bois, les objets de couleur qu'il ne détériore pas.
Phénosalyl
Le phénosalyl est un produit chimique formé par le mélange de plusieurs antiseptiques dont l'association augmente le pouvoir bactéricide.
La première formule du phénosalyl est celle de Christmas :
Acide phénique
9 grammes.
Acide salicylique
1 gramme.
Acide lactique
2 grammes.
Menthol
Essence d'eucalyptus
Dans les hôpitaux de Montpellier la formule a été ainsi modifiée :
Acide phénique 9 grammes.
Acide salicylique 1 gramme.
Acide lactique 2 grammes.
Menthol 0,10 centigr.
Thymol 0,10 centigr
Eucalyptol 0,10 centigr.
Glycérine 3 gr. 075.
Le phénosalyl est très soluble dans la glycérine ; l'eau en dissout jusqu'à 4 p. 100. Son pouvoir antiseptique est supérieur à celui du phénol. Il est moins toxique. Le staphylocoque doré serait détruit par la solution à 1 p. 100 en 30 secondes ; le bacille de Lœ filer et celui d'Eberth en une minute. Avec la même solution, on pourrait obtenir la stérilisation des crachats tuberculeux en 10 à 15 minutes. A la dose d'une cuillerée à café par litre, le phénosalyl est très employé dans l'antisepsie de la bouche, de la gorge, et en chirurgie pour la désinfection des mains, la stérilisation des instruments et les opérations obstétricales.
Pour la désinfection des locaux, le phénosalyl sera utilisé en pulvérisations.
La sciure de bois, servant au balayage des planchers sera humectée avec la solution à 1 pour 100.
A la formule du phénosalyl, il est intéressant de joindre celles du Dr Rotter (1888) et du professeur Lépine dont le principe est le même.
Formule du Dr Rotter :
Eau simple
1 litre
Sublimé
0 gr.
Chlorure de sodium
0 gr.
Acide phénique
2 gr.
Chlorure de zinc
5 gr.
Sulfophénate de zinc
5 gr.
Acide borique
3 gr.
Acide salicylique
0 gr.
Thymol
0 gr.
Acide nitrique
0 gr.
Ce mélange constitue la solution forte.
Dans la solution faible, on peut supprimer le sublimé et l'acide phénique.
La solution forte aurait un pouvoir antiseptique égal à celui de la solution de sublimé au millième ; elle empêcherait le développement du bacille pyogène fétide et du bacille pyocyanique.
L'antiseptique du Dr Lépine se compose de :
Sublimé
0 gr.
Acide phénique
4 gr.
Acide salicylique
1 gr.
Acide benzoïque
0 gr.
Chlorure de chaux
0 gr.
Brome
0 gr.
Bromhydrate de quinine
2 gr.
Chloroforme
2 gr.
Eau distillée
1 litre
Crésols
Le crésol, appelé aussi, acide crésylique, crésylol, phénol crésylique, a pour formule C7 118 O. C'est un phénol dérivé du toluène ; il peut se présenter sous trois modifications isomériques : orthocrésol, métacrésol et paracrésol. Le mélange de ces crésols existe en proportion variable dans les créosotes du goudron de houille. C'est le crésol du commerce que l'on obtient en distillant ces goudrons ou la créosote et en recueillant les parties qui passent entre 200 et 210°. On rectifie ensuite le produit en séparant le liquide bouillant exactement à 202°. Ce crésol est un liquide incolore, d'une odeur de créosote, insoluble dans l'eau, assez soluble dans l'alcool, la glycérine, l'ammoniaque, très soluble dans l'éther.
Le crésol est très peu caustique, il est moins toxique que le phénol, et son pouvoir bactéricide serait 4 fois plus grand que celui de ce dernier (Jalan de la Croix).
Frœnkel, Engler, de Rémouchamps, Sugg et Max Gruber considèrent le crésylol comme un antiseptique bien supérieur à l'acide phénique. Les expériences de Hammerl {Hyg- Rundschau, 1889) ont démontré que le coli-bacille, le staphylocoque doré, et le bacille typhique étaient tués en quelques minutes par les solutions de crésol. Les solutions à 5 pour 100 tueraient tous les microorganismes connus.
L'acide crésylique agit même en présence des matières albuminoïdes ; il a donc cet avantage sur l'acide phénique et doit lui être préféré dans la désinfection des excréta.
Les trois crésols n'ont pas une égale valeur désinfectante ; Hans Hammerl les classe dans l'ordre décroissant suivant : métacrésol, paracrésol, orthocrésol.
Le crésol, malgré son réel pouvoir germicide, a l'inconvénient de ne pas être soluble dans l'eau et de se prêter fort mal à la pratique de la désinfection. Divers produits, dans lesquels on a cherché à rendre soluble l'acide crésylique, ont été obtenus ces dernières années. Parmi eux, il faut citer : le crésyl, les créolines, le lysol, le solvéol, le solutol, le désinfectol.
Crésylol Officinal (1)
Crésols, phénols crésyliques, méthyl-phénols, acides
crésyliques
Cresolum crudum
Composition. — Le crésylol officinal est un mélange des trois crésylols isomères, que fournit le goudron de houille. Les trois isomères existent dans le produit officinal, sensiblement dans les proportions suivantes : orthocrésylol, 35 parties ; métacrésylol, 40 parties ; paracrésylol, 25 parties.
Caractères. — Le crésylol officinal est liquide ; sa densité est voisine de 1,045 ; il passe à la distillation entre + 185° et + 205°. Il est soluble dans 45 à 50 parties d'eau froide ; la présence de traces d'hydrocarbures donne souvent à la solution aqueuse une légère opalescence. Il est miscible avec l'alcool à 95°. Les solutions alcalines le dissolvent abondamment. Il se colore à l'air et à la lumière.
(1) Codex de 1908, page 184.
Conservation. — Conservez le crésylol officinal dans des flacons en verre coloré, bouchant à l'émeri.
Emploi. — Crésylol sodique dissous.
Crésylol sodique dissous
Soluté alcalin concentré de Crésylol officinal Cresolum crudum solutum
Crésylol officinal mille grammes 1.000.
Soude caustique liquide. . . mille grammes 1.000.
Effectuez le mélange dans un récipient en grès ou en métal. La réaction dégage beaucoup de chaleur et pourrait provoquer la rupture des récipients en verre épais.
Observation. — Le crésylol sodique dissous ne doit pas être employé en nature ; il sert à préparer les solutions désinfectantes de crésylol. Celles-ci s'obtiennent en mélangeant à l'eau commune les proportions prescrites de crésylol sodique dissous.
Crésyl
{Créolin des Anglais et des Allemands)
Le crésyl est retiré industriellement de la créosote de houille ; c'est un liquide légèrement sirupeux, de couleur noirâtre. Son odeur est analogue à celle de la créosote, mais moins accusée ; sa réaction, alcaline.
Le crésyl est soluble dans l'alcool et l'éther, insoluble dans l'eau, avec laquelle il forme une émulsion laiteuse. Il renferme 50 pour 100 d'acide crésylique, et 20 pour 100 de de naphtaline. Son pouvoir antiseptique est plus élevé que celui du phénol. Il est moins toxique et moins corrosif que
ce dernier. C'est un très bon désodorisant ; il n'altère ni les tissus, ni les métaux et a l'avantage, en outre, d'être d'un prix peu élevé.
Le Crésyl Jeyes est un composé d'acide crésylique à saturation dans des hydrocarbures saponifiés contenant des toluènes, xylènes, anthracèues. Sa composition est stable, homogène.
Nocard, dans un rapport publié dans le Recueil de Médecine Vétérinaire en 1888, conclut aux propriétés désinfectantes du crésyl. Au marché aux bestiaux de la Villette, on l'emploie à la dose de un demi pour 100 pour les voies de circulation et de un pour cent, pour la porcherie et les parquets de vente. Frohner (de Berlin) Esmark et Eisemberg, Lichtwitz, Delplanque, ont également reconnu ses propriétés antiseptiques.
M. H. Vincent considère le crésyl comme le meilleur stérilisant des selles cholériques ; à la dose de 6 grammes par litre, il détruit le bacille typhique. Gilbert l'a expérimenté avec succès au Havre, pendant l'épidémie de choléra de 1892. En médecine vétérinaire, il a donné d'excellents résultats comme antiseptique dans le traitement des plaies et comme désinfectant et désodorisant des locaux.
On emploie le crésyl aux doses de 3, 4, 5 et 10 pour 100.
Créolines
Les créolines sont constituées par un mélange savonneux en proportions variables d'hydrocarbures et de phénols, parmi lesquels domine le crésylol. Elles se présentent sous la forme d'un liquide épais, brun foncé, à odeur de goudron, soluble dans l'alcool, le chloroforme et l'éther, insoluble dans l'eau avec laquelle il produit une émulsion laiteuse.
11 existe, dans le commerce, deux sortes de créolines : les créolines anglaises et les créolines allemandes qui diffèrent par leur composition et par leur action désinfectante, comme le montre le tableau suivant :
Créoline anglaise ou de Pearson
ALCALINE AU TOURNESOL Composition (Weyel) :
Carbures d'iij drogène. 56, 9
Phénols 23, 6
Acides 0, 4
Sodium 2, 4
Renferme beaucoup de phénols.
Elle est très active
Créoline allemande ou d'Artmann
NEUTRE AU TOURNESOL Composition (Weyel) :
Carbures d'hydrogène. 84, 9
Phénols 3, 4
Acides 1,5
Sodium.... 0,8
Renferme peu de phénols.
Elle est moins active.
Les créolines sont employées, à la dose de 5 à 15 pour 100, à la désinfection des locaux, des abattoirs, marchés aux bestiaux, écuries etc..
Désinfectol
Le désinfectol est un produit analogue aux créolines, à réaction alcaline et formant avec l'eau des émulsions (10 pour 100), dont les propriétés désinfectantes seraient plus actives que ces dernières, le sublimé et l'acide phénique (Beselin).
Solutol.
SOLVÉOL
Le solutol est un désinfectant, à réaction alcaline, composé de crésylol, rendu soluble au moyen du crésylate de soude.
Dans le solvéol, les crésols sont solubilisés à laide du créosotolate de soude. Les solutions de solvéol sont neutres et limpides ; leurs propriétés sont supérieures à celles de l'acide phénique. On emploie le solvéol à la dose de 8 à 10 pour 100.
AGENTS (Ml M !<Jl l S 235
Lysol
Le lysol e>l un désinfectanl à base de crésols, rendus solubles au moyen d'un savon.
Le lysol commercial est préparé en utilisant du crésyïol, obtenu en rectifiant entre 105° et '205° les huiles lourdes du goudron de houille. On obtient ainsi un crésyïol brut renfermani un peu de créosol, de xylénoï, gaïacol etc.. : on rectifie ce crésyïol brut pour le rendre plus pur, et on le mélange dans la proportion de 50 parties à 50 autres parties d'un alcali et d'un corps gras. Par la cuisson, on obtient un liquide, plus ou moins foncé, de couleur brune, solublé en toutes proportions dans l'eau pure.
Les propriétés antiseptiques du lysol seraient bien supérieures à celles de l'acide phénique en solution équivalente.
Dans les Instructions sur la peste et sur les mesures similaires de prophylaxie et de guérison, rédigées sur le Rapport du Conseil sanitaire supérieur et royal d'Autriche, adopté dans la séance du 8 juillet 1889, il est constaté que les bacilles de la peste, séjournant pendant une minute dans une solution de lysol de 2 à 5 pour 100 sont complètement détruits.
Gerlach, de l'Institut de Wiesbaden, en opérant sur les spores de la bactéridie du charbon, qui s'étaient montrées réfractaires à l'action.de l'acide phénique à 5 pour 100 pendans 15 jours, a obtenu les résultats suivants avec une solution moins forte de lysol : en une heure, développement, entravé : en 12 heures plus de colonies ; en 75 heures, mort La culture inoculée à un lapin l'a laissé indemne.
D'après le Dr Hautefeuille, au dispensaire antituberculeux E. Houx de Lille, le lysol en solution à 2 p. 100 est l'antiseptique de choix. Telle solution sert à la stérilisation (}c> crachats : la solution à 0.00 p. 100 au nettoyage des salle-. Enfin le linge estlaissé 24 heures dans du lysol à 2 p. 1**0 avant d'être lessivé.
Le docteur Vincent, professeur au Val de Grâce a expérimenté le Ivsol comme désinfectant des crachats tuberculeux,
236 TtiAITÉ DE DÉStXFF.CTION
Il a additionne les crachats d'un volume égal de lysol à 5 I». loo : le tout étaii agité avec une baguette de verre, jusqu'à émulsion complète. Des prélèvements ont ensuite été faits après 6 heures, 12 h. et 24 h. Les parcelles de crachat ont (Mi'1, à plusieurs reprises, lavées dans l'eau, puis centrifugées : et le dépôt a été inoculé des cobayes. Voici le résultai obtenu :
Nombre d'animaux Morts
Durée de contact iooculés do tuberculose Sains
6 li. 5 4 1
12 li. 3 2 I
La solution à lo p. LOO, bien mélangée, avec les crachais tuberculeux a tué le plus souvent les bacilles en 10 heures. Apres 24 heures, l'inoculation des crachais n'a plus déterminé de tuberculose. Celle solution à 10 p. 100 sérail donc efficace pour la stérilisation des crachats, à condition d'opérer intimement son mélange préalable avec ces derniers.
La dose de lysol employée habituellement est de 5 p.. 100. Celle solution peut servir à désinfecter les locaux où ont séjourné des malades atteints d'affections contagieuses, les hôpitaux, les casernes, lycées etc....
Les meubles, les parquets, les métaux, les étoffes, les tentures et les papiers peuvent supporter impunément les pulvérisations ou les lavages avec les solutions de lysol.
La solution à 5 p. 100 sera employée à la désinfection des écuries et ^c^ fosses d'aisances.
Aniodol
L'aniodol est composé d'une solution de trknéthanal et d'un dérivé de la série allylique, sulfure d'allyle probablement, incorporés à (}r la glycérine. 11 a été préparé par le Dr Sedan de Marseille, qui publia en 1.808, ses recherrhes sur cet antiseptique.
0 gr.
0 gr.
0 gr.
(i gr.
0 gr.
\)r> expériences effectuées au laboratoire municipal de Toulon (1), il résulte que là limite bactéricide de l'aniodol esl comprise entre I 2.000 et I 1.000 pour le bacillus sublilis el entre I 6.000 et I 5. non pour le bacillus megatheriuth.
L'équivalent antiseptique est d'environ 0 gr. 75 pour le premier et o gr. 18 pour le second.
Voici d'après M. Mérieux de Lyon, l'équivalent antiseptique de l'aniodol pour quelques microbes :
Bacille du charbon 0 gr. 18.
Bacille de la fèvre typhoïde Bacille de la diphtérie Staphylococcus aureus Staphylococcus albus Bacterium coli
La dose de 1 5.000 empêcherai! la reproduction du gonocoque <le Neisser (Sedan).
Le pouvoir bactéricide de l'aniodol serait supérieur à celui de l'acide phénique et du sublimé. Il n'est ni toxique, ni caustique, et jouit en outre d'un pouvoir désodorisant considérable. Il neutralise d'emblée l'iodoforme.
M. Mérieux a expérimenté l'action antiseptique de l'aniodol sur le bacille de la tuberculose, au point de vue de la stérilisation des crachais : une solution d'aniodol à 1/500 détruirait les bacilles tuberculeux après un contact de 4 heures : une solution à 1 '100 les stériliserait après un contact de 2 heures.
M. Griffon, de Paris, a repris cette étude et dans une communication à la Société de biologie, en juin, 1001, il conclut que pour stériliser sûrement les crachats, il faut une solution d'aniodol au centième et un contael de 24 heures au moins. La virulence des bacilles est délimite dans ce laps de temps el les crachats inoculés au cobaye ne le tuberculisent pas.
L'aniodol, toui en rendant inoffensif le bacille de Koch, posséderait la propriété, de ne pas trop altérer ses carac-
(1) Dr Almè?. De l'emploi thérapeutique de l'aniodol, dièse iunu guralo (l'JDI
lères morphologiques ci ses affinités colorantes, ce qui permettrai! d*envoyer, stérilisés, les crachats que l'un veut soumettre à l'analyse bactériologique.
L'aniodol serait si peu altérable que l'on a pu faire voyager, sur l'un des paquebots de la Cie de Navigation Fraissiîni, des paquets de pansement imbibes de celle substance : les échantillons, placés soit au grand mat avant, à toutes les intempéries, pendant les mois les plus durs de l'année, soit dans la chaufferie, à une température moyenne de plus de 50°, soit enfin dans la cale, où stagnent plusieurs centimètres d'eau saturant l'air d'humidité, sont arrivés parfaitement intacts à Marseille.
Lusoforme
I (cpiiis plusieurs aimées le lusoforme es! employé en Allemagne, en Angleterre, en Italie, sous le nom de lysoform ou lisoformo.
Au. point de vue de sa composition, le lusoforme est du formol saponiné, qui coritienl de 18 à 20 pour 100 de la solution commerciale d'aldéhyde formique titrant 40 pour 100.
Le lusoforme présente tous les avantages du formol, san<* en avoir les inconvénients, vapeurs irritantes pour les muqueuses, coagulation de l'albumine, altération de certaines couleurs : son pouvoir bactéricide n'en est cependant pas diminué.
D'après les travaux de l'Institut Lee f fier, à doses (''gales le lusoforme serait supérieur au sublimé, à l'acide phénique cl égal à la formaldéhyde.
Voici les résultats des expériences de Loir sur le pouvoir antiseptique du lusoforme :
Le Bacterium c<>li esl détruit au bout de 10 minutes avec une solution à 2 p. 100.
Le staphylocoque e'sî détruit au boni de 5 heures avec une. solution à 2 p. 100.
Le streptocoque esl détruil au bout de T, heures avec une solution à 2 p. 100.
Le bacille de la tuberculose, en moins de 3 jours avec une solution à 1 p. 100.
Selon Seydewitz, de l'Institut Lœffler, l'arrêt du développement des spores du charbon se produirait avec une solution à 1 p. 1.500 ; le contact durant 3 semaines, d'une solution à 1 p. 1.500 et à 1 p. 1.800 détruirait complètement les spores. Le vibron du choléra ne se développe plus dans du sérum à une concentration de 1 p. 2.000.
La réaction alcaline du lusoforme, favorise sa pénétration dans les différents milieux qu'il s'agit de désinfecter ; elle rend son contact avec les microbes plus intime. Cela explique son action sur les crachats tuberculeux, qui sont rapidement divisés et dissous.
Suivant Rœpke, la solution à 5 p. 100 stérilise très bien les crachats.
Le lusoforme est un antiseptique de choix pour la désinfection de la peau ; il n'est pas irritant ; et lorsqu'on lotionne les téguments avec sa solution, il se forme une mousse qui enlève la graisse, et permet l'action directe de l'antiseptique.
La solution de 1 à 2 cuillerées à café pour un litre d'eau est efficace pour désinfecter les selles typhiques ; elle arrête la fermentation des urines et supprime l'odeur fétide des sécrétions purulentes. A la dose de une ou deux cuillerées à soupe par litre, le lusoforme est un excellent désinfectant, et en même temps un désodorisant rapide. Son emploi est tout indiqué dans la désinfection des cuvettes, des seaux de toilette, des planchers, des chambres, des urinoirs, des cabinets d'aisance, etc..
M. Janin, ingénieur des Ponts et Chaussées, chef du service de la voirie de Tunis, a fait des essais avec le lusoforme dans les urinoirs de cette ville. Il a pu vérifier l'efficacité de ce produit au point de vue de la désodorisation ; il a constaté, en outre, que les dépôts, qui se forment dans les urinoirs, se dissolvaient grâce à l'alcalinité du désinfectant.
Dans les ports de mer, dans les halles aux poissons, le lavage au lusoforme fait disparaître les odeurs si désagréables, inhérentes à ces marchés.
Le lusoforme n'est pas caustique et sa toxicité est infime. Des expériences de Nayelschmidt, de l'Institut du professeur Liebreich, il résulterait que la dose mortelle rapportée au kilogr. de poids chez le lapin est de : 0 gr. 015 pour le sublimé ; de 0,268 à 0,348 pour l'acide phénique et de 5,15 (voie sous-cutanée), 7 (voie buccale) pour le lusoforme. Le même auteur fit avaler à une chèvre, après 24 heures de diète, 135 gr. de lusoforme, sans que l'animal en ait été incommodé.
M. Gacon, vétérinaire militaire, a fait des expériences très intéressantes sur les propriétés antiparasitaires du lusoforme. Il a observé que les punaises des lits étaient, tuées en quelques secondes, par des pulvérisations de lusoforme à 10 p. 100. La solution à 5 p. 100 tue ces parasites en une minute.
L'aldéhyde formique pure, employée en pulvérisations dans les mêmes conditions, ne semblait pas incommoder ces insectes. Il est probable que l'inefficacité de ce produit est due à ce que les punaises sont toujours plus ou moins imprégnées de matières grasses, qui les isolent du contact direct du formol. La solution à 10 p. 100 détruit également leurs œufs. Le lusoforme en pulvérisations à 15 p. 100 tue les puces du chien, et l'ixode ricin, ce dernier après une minute environ de contact. Les mouches, dont le rôle comme agent de dissémination des maladies, vient d'être nettement étudié par le professeur Chantemesse, sont rapidement tuées par la solution à 5 p. 100.
Goudron de houille
Le goudron de houille appelé aussi de son nom anglais coaltar, est un produit de la distillation sèche de la houille. C'est un liquide noir et brillant, à réaction alcaline, qui bout et s'enflamme à 90°. Sa composition varie avec la nature du charbon employé. Il est en général, formé d'un mélange d'huiles légères et lourdes (hydrocarbures divers), de phénols, de naphtaline, etc..
Ses propriétés antiseptiques ont été signalées dès 1815
Agents chimiques 241
par Chaumette, puis par Guibourt en 1833. Peu de temps après (1884), Henri Bayard se servait comme désinfectant d'une poudre composée de coaltar, 'de sulfate de fer, d'argile et de plâtre. La poudre de Corne et Demeaux qui se composait de 100 parties de plâtre pour 1 à 4 parties de goudron était employée à la désinfection des matières animales et au pansement des plaies purulentes.
Le goudron de Cannel-Coal aurait, d'après Calvert, un pouvoir antiseptique considérable, à cause des fortes proportions d'acide phénique qu'il renferme. En 1859, Siret préconisait l'addition de sels métalliques au goudron, afin d'augmenter son action désinfectante sur les matières de vidange. Ce mélange était depuis longtemps utilisé en Angleterre pour désinfecter les cadavres sur les champs de bataille et les bêtes mortes.
Lebeuf et Lemaire ont préparé sous le nom de Coaltar saponiné une émulsion de goudron qu'ils obtenaient avec de la teinture de quillaya saponaria. Cette teinture possède en effet la propriété de dissoudre une certaine quantité de coaltar qui précipite par addition d'eau.
Le coaltar seul ou saponiné est excellent pour la destruction des insectes nuisibles à l'agriculture, notamment de l'altise. (Paul Thénard).
Le goudron sulfuré, composé de 2 parties de soufre et 3 parties de coaltar fondus ensemble sert à la conservation des bois de construction.
Pour le traitement de la coqueluche, M. M. Adrien et Deschamps'avaient proposé la préparation suivante sous forme d'inhalation.
Chaux vive
Chlorhydrate d'ammoniaque
Eau
Coaltar
Sablon
Dans le même but, M. Burin-Dubuisson, sous le nom de gazéol, a préconisé cette formule :
Ammoniaque impure à 20° 1.000
Acétone 10
Benzine impure ^ 10
Napthaline impure 1
Goudron récent des barillets 100