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TITRE I AGENTS CHIMIQUES D'ORIGINE MINÉRALE

BlCHLORURE DE MERCURE, CHLORURE MERCURIOUE, SUBLIMÉ

corrosif. — L'époque de la découverte du sublimé est inconnue. D'après Dorvault, Rhazès et Avicenne célèbres médecins arabes du dixième et du onzième siècle, sont les premiers qui en fassent mention dans leurs ouvrages. Cependant quelques auteurs prétendent que les chinois le connais-

seul de temps immémorial et que Geber a décrit sa préparation au huitième siècle. Ce n'est que depuis 1793 qu'on fabrique le sublimé corrosif en France ; il venait auparavant de Hollande.

On prépare le sublimé corrosif en décomposant à chaud le sulfate mercurique par le chlorure de sodium {Codex). Le bïchlorure de mercure se présente en masses cristallines, blanches, translucides ou en prismes rhomboïdaux droits terminés en biseaux. Sa densité est de 5,32. Il fond vers 265° et bout à 295°. Il est soluble dans 15 p. 2 d'eau froide, dans 1 p. N.") d'eau bouillante, dans 3 p. 01 d'alcool à 90°, dans A p. 1 d'éther et clans 13 p. 33 de glycérine. Le chlorure de sodium, l'acide tartrique et l'iodure de potassium facilitent sa solubilité dans l'eau.

Le sublimé jouit d'une vieille et légitime réputation comme désinfectant. C'est celui des sels mercuriels qui possède la plus grande puissance parasiticide et antiseptique. En 1871 et 1880, Davaine a montré dans de nombreuses expériences, l'action antivirulente du bichlorure de mercure dans la pustule maligne. A la dose de 1 pour 150.000. c'est-à-dire, de un gramme de sublimé pour 150 litres d'eau, le virus charbonneux n'est plus inoculable : à celle de 1 pour 160.000, la virulence de la sérosité charbonneuse n'est pas détruite. Dans ces expériences,, la durée de contact du sang charbonneux avec la solution de sublimé avait été de une heure environ. Les médecins de la Beauce emploient fréquemment la solution de bichlorure de mercure contre la pustule maligne ; ils incisent les parties œdémaliées, et appliquent sur la plaie des compresses imbibées de la solution antiseptique. Le 1)' Cash (1886), dans ses expériences pour rendre réfractaires les animaux à l'inoculation du charbon, a obtenu deux l'ois des résultats positifs. Cash donnait cet antiseptique pendant 8 à 10 jours à la close journalière de 0 mgr. 62. Un lapin, qui avait pris en 7 jours 15 milligrammes de sublimé, fut inoculé avec du sang de rate de bœuf, reconnu mortel par inoculation : après avoir présenté de la tuméfaction œdémateuse de l'aine, et divers symptômes d'infection, <•<> lapin guérit vers le treizième jour. Inoculé de

nouveau un mois après, il présenta une immunité complète.

Miquel a constaté qu'il suffisait de quelques milligrammes de sublimé par litre pour empêcher la putréfaction du bouillon. Les bactéries en culture dans le bouillon de bœuf, seraient détruites par la solution à 1 pour 14.000, alors que l'acide phénique en solution alcoolique à 50 pour 100 se montre sans effet sur elles.

D'après Koch, la solution au millième détruit en quelques minutes les germes des microbes les plus résistants. A la dose de 1 pour 20.000, le sublimé tue le bacille d'Eberth. Le vibrion cholérique a perdu toute sa virulence en une heure à la température de 36°, avec la dose de 1 pour 100.000. Néanmoins, le staphylocoque doré résiste parfois pendant 25 minutes à la solution à 1 p. 1.000 à 22 degrés centigrades.

L'action du bichlorure de mercure sur les spores est bien moins énergique. Il faudrait pour les détruire une solution à 1 pour 500 et au moins une heure de contact.

Chamberland et Fernbach ont montré l'influence de l'état d'humidité ou de dessication sur la vitalité des germes : à la température de 15°, la solution de sublimé à 1 pour 100 tue les spores humides du bacillhs suhtilis en 15 minutes ; ces mêmes spores, sèches, résistent pendant une heure.

D'après les recherches de Laplace, le pouvoir bactéricide du bichlorure serait notablement accru par l'addition d'acides, acide tartrique, acide chlorhydrique, ou de sel marin.

Laplace ajoutait à une solution de sublimé au millième un gramme d'acide chlorhydrique ou cinq grammes d'acide tartrique ; il constatait qu'aucun précipité ne se produisait avec le sérum de veau, même avec des mélanges contenant le tiers de leur volume de sérum. Ces mélanges restaient stériles, quand on y semait des bactéries du pus ou de la bactéridie charbonneuse. Des linges trempés pendant deux heures dans une solution composée de mille grammes d'eau, cinq grammes de sublimé et vingt grammes d'acide tartrique, exprimés, puis desséchés tuaient tous les germes contenus dans le bouillon, dont on les imbibait, à la condition toutefois que la quantité de bouillon employée ne soit pas excessive.

Par contre, Vincent et de Chavigny auraient mis en doute l'utilité de l'addition du chlorure de sodium ou d'un acide. Borkhoff, dans sa thèse (Pétefsbourg 1897) a môme soutenu que cette addition diminuerait plutôt l'action du sublimé. Les récentes expériences de Tavernari {ann. d'igiene sperim. 1900) semblent donner raison à ces derniers tout au moins pour le sel marin.

Dans ces derniers temps, Geppert, Bordoni-Uffreduzi, Laveran et Vaillard, ont démontré que le bichlorure de mercure, ne possédait pas, dans la pratique, l'action infaillible et sûre, que lui attribuait son ancienne réputation. La solution au millième laisserait, d'après ces auteurs; un certain nombre de germes vivants, même après une désinfection soigneusement faite ; et pour obtenir un résultat réellement efficace, il faudrait doubler et tripler les doses, ce qui ne serait point sans de multiples inconvénients.

A Turin, le professeur Abba, directeur du bureau d'Hygiène et Rondelli (1) ont effectué, en 1903, de nouvelles et nombreuses expériences sur le pouvoir bactéricide du sublimé. Déjà Ottolenghi avait soutenu dans une communication au Congrès national d'Hygiène (Turin 1898) que les solutions de bichlorure de mercure à 3 pour 1.000, bien qu'additionnées d'acide chlorhvdrique, étaient insuffisantes pour la désinfection des crachats tuberculeux.

Dans une première série d'expériences, Abba et Rondelli ont constaté que les solutions de sublimé au 5 pour 1.000 détruisaient les spores de la bactéridie charbonneuse après un contact de cinq minutes, le staphylocoque doré après trois minutes, le bacille de la diphtérie après une minute. Ces auteurs ont également expérimenté l'action des solutions de sublimé à 5,8 et 10 pour 1.000, additionnées de 2,5 pour 1.000 d'acide chlorhvdrique. Ils ont fait des pulvérisations sur divers revêtements, peinture à l'huile, chaux, papiers peints, briques, carreaux vernis, bois brut ou ciré, asphalte, et ont conclu à la nécessité d'employer des solu-

M) Abba c Rondelli, Riuisla dlgicnc e Suinta publica anno XIV,

tions à 10 pour 1.000 pour assurer la stérilisation complète de tous les revêtements, lisses, rugueux ou fissurés. Abba et Rondelli qui emploient cette méthode depuis longtemps déjà à Turin, n'ont jamais constaté d'accidents d'intoxication parmi les désinfeeteurs ou les habitants chez qui sont pratiquées les pulvérisations. D'autre part, les récentes expériences de Bertarelli ont permis de constater l'innocuité absolue du bichlorure employé dans ces conditions.

Pour la pratique de la désinfection, Abba et Rondelli préparent une solution mère de sublimé à 50 pour cent de la manière suivante : 18 kilogrammes de sublimé sont dissous peu à peu, dans un grand mortier de porcelaine avec 9 litres d'acide chlorhydrique du commerce ; on verse ensuite le tout dans un baril en verre et on y ajoute de l'eau de manière à porter la masse à 35 litres. De celte façon, 10 centimètres cubes de solution mère contiennent 5 grammes de sublimé (50 pour 100) et 2,5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique (25 pour 100).

Le sublimé est dix fois plus énergique que le thymol, vingt fois plus que la créosote, l'essence de thym, l'acide benzoïque, trente fois plus actif que l'acide salicylique et cent fois plus que le phénol.

La solution au millième est celle dont on fait usage habituellement ; elle est facile à préparer et peu coûteuse. Les craintes émises sur les dangers que pouvait présenter son emploi dans les pièces habitées ne sont pas fondées.

On peut se servir avec avantage de la solution suivante, dite solution de Salomon :

Chlorure de sodium 1 gramme.

Sulfate de cuivre 2 grammes.

Sublimé 1 gramme.

Acide tartrique 5 grammes.

Eau distillée un litre.

Les solutions de sublimé conviennent très bien à la désinfection des locaux, parquets, murs etc.. Pour faire les lavages, on pourra se servir d'une éponge, et mieux d'un pulvérisateur à main (Geneste et Herscher). Il est bon de chauffer

la solution afin d'augmenter son pouvoir bactéricide. La solution de Van Swieten qui se compose de 100 grammes d'alcool à 90°, 1 gramme de sublimé et de 900 grammes d'eau est un excellent désinfectant pour les mains et les parties découvertes des personnes appelées à soigner des contagieux.

Le bichlorure de mercure offre plusieurs inconvénients qui en limitent l'usage. Il est très toxique ; aussi, pour éviter les accidents, convient-il de colorer les solutions soit avec du rouge de Bordeaux, soit avec du carmin d'indigo. Son action sur certains métaux ne permet pas de le conserver dans des récipients métalliques. Le plomb lui-même est corrodé par les diverses solutions de cet antiseptique. Le sublimé ne convient donc pas à la désinfection des objets de métal, particulièrement de ceux qui sont dorés ou argentés qu'il détériore complètement.

Le bichlorure a la propriété de s'unir avec les albuminoïdes et de former des composés insolubles. De ce fait, il doit être proscrit de la désinfection des crachats, et des divers excréta, parce qu'il perd une très grande partie de son pouvoir antiseptique. Il faut alors l'employer aux doses de 3 et 5 pour 1.000 qui peuvent être dangereuses à cause de leur toxicité. Le Dr Vincent a montré que le sublimé corrosif, même renforcé par 5 pour 1.000 d'acide chlorhydrique et mélangé à volume égal à des matières fécales fluides ou à des liquides en putréfaction, n'amène au bout de 24 heures qu'une faible diminution des bactéries contenues dans ces milieux. Le sublimé ne doit pas être employé dans la désinfection des matières des fosses d'aisance. Ces matières contiennent des produits sulfurés qui transforment le bichlorure en sulfure de mercure insoluble et sans action bactéricide.

D'après Sclavo et Manuelli, le bichlorure ne peut être employé à la désinfection des matières textiles végétales et surtout animales, à cause de la propriété qu'elles ont de fixer le mercure de ses solutions.

Le sublimé corrosif n'a aucune propriété désodorisante.

Sulfate de Cuivre

(Vitriol bleu, de Chypre ou de Vénus ; couperose bleue).

Depuis fort longtemps, les sels de cuivre sont employés comme désinfectants et désodorisants. On a pu constater que le cuivre métallique possédait lui-même un certain pouvoir germicide. Dernièrement, Stewart a étudié Faction des vases de cuivre sur le bacille typhique concurremment à l'action d'autres métaux. Ces bacilles, ajoutés à de l'eau stérilisée, ont été tués après un séjour de trois heures dans un vase en cuivre ou en aluminium, alors que, dans un vase émaillé, il n'y avait, dans le même laps de temps, qu'une légère diminution de leur nombre. Dans les vases en verre exposés à la lumière, les résultats ont été variables, mais, après trois heures, les microbes n'étaient pas complètement détruits. Enfin dans un vase étamé, il restait encore des bacilles vivants après 24 heures.

De tous les sels de cuivre, le sulfate est le plus actif. Il est d'un prix modique et offre peu de dangers. Il se présente en gros cristaux d'un beau bleu foncé, d'une saveur styptique, désagréable, se dissolvant dans 4 parties d'eau froide et dans 2 parties d'eau bouillante. Exposés à l'air, ces cristaux s'effleurissent à la surface.

A la dose de 5 pour 100, le sulfate de cuivre est employé à stériliser les matières fécales et le linge contaminé. La solution est beaucoup plus active lorsqu'elle est chauffée ; cependant, à la température de 55 degrés centigrades, les spores charbonneuses ne peuvent être tuées qu'après un contact de 6 heures au moins ; dans les mêmes conditions, le bacille d'Eberth et le vibrion du choléra succombent en une demi-heure.

Buckholtz et Koch ont signalé l'action neutralisante du sulfate de cuivre qui, à la dose de 5 pour 100, détruirait les micro-organismes et rendrait très difficile le développement de leurs spores. Miquel, uans ses études sur les organismes de l'atmosphère, considère le sulfate de cuivre comme excel-

lent pour stériliser les liquides de culture et Paul Bert, dans ses expériences sur le virus morveux, a pu apprécier la valeur bactéricide de ce désinfectant. Pasteur s'en servait journellement lorsqu'il voulait stériliser sûrement des liquides de culture.

Depuis longtemps, le sulfate de cuivre est utilisé dans l'imprégnation des bois des traverses des chemins de fer, des poteaux télégraphiques à l'effet d'en empêcher la putréfaction. C'est aussi avec le sulfate de cuivre que l'on fait le chaulage des blés pour préserver ces semences ou pour en détruire les moisissures.

On fait usage en général de solutions de sulfate de cuivre renfermant 50 grammes de ce sel par litre (solution forte) ou 20 grammes par litre (solution faible).

La solution forte convient à la désinfection des excréta (vomissements, selles et urines), des linges et objets de pansement souillés, literie, éviers et cabinets d'aisance. Les linges doivent être mis à tremper pendant 2 heures au moins.

La solution faible sert au lavage des mains et à la désinfection des linges non contaminés.

Sulfates de fer

Sulfate ferreux. — Pendant longtemps le sulfate de fer {sulfate ferreux, vitriol vert ou couperose verte) a été préconisé comme désinfectant et désodorisant. Son seul avantage est d'être très peu coûteux. Sa valeur comme désinfectant est presque nulle ; il ne donne qu'une fausse sécurité : les virus septique, morveux et charbonneux sur lesquels on a fait agir un poids égal de sulfate de fer n'ont jamais cessé d'être inoculables ou rapidement mortels.

Le sulfate de fer est un absorbant, un désodorisant tout au plus, bien que les solutions les plus concentrées de ce sel, atténuent à peine l'odeur fécaloïde due aux mercaptans, scatols et autres ammoniaques composées.

En présence de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniaque,

le sulfate de fer donne du sulfure de fer et du sulfate d'ammoniaque, ce qui explique la propriété qu'il possède de désodoriser les matières de vidange.

Sulfate ferrique. — D'après M. Rohart (1883) le sulfate ferrique, sulfate de sesquioxyde de fer, aurait une action antiseptique et désinfectante beaucoup plus puissante que la couperose verte.

Dans ses expériences, cet auteur a constaté que la proportion de 1 pour 100 et même 1 pour 200 suffisait pour conserver pendant 100 jours, en vase ouvert, sans trace de putréfaction, des intestins de lapins et toutes sortes de matières facilement putrescibles.

Le sulfate ferrique formerait avec les matières organiques et les liquides de vidange des combinaisons insolubles, très stables et imputrescibles. MM. A. et P. Buisine, Roussin et Rohart recommandent son emploi pour la désinfection des urinoirs, l'arrosage des rues, le lavage des ruisseaux, la désinfection des locaux insalubres, des égouts, etc.. La dose à employer serait de 10 pour 1.000.

M. Vincent dans une étude approfondie (1) de ce désinfectant donne les conclusions suivantes : Le sulfate ferrique a une valeur antiseptique réelle. Ce sel ne peut réaliser une désinfection absolue des matières de vidange, des substances organiques putréfiées, des eaux résiduaires, que si on l'emploie à dose élevée, comme d'ailleurs les autres désinfectants ; mais on peut obtenir avec lui une désinfection relative suffisante pour détruire au bout d'un ou plusieurs jours non seulement les microbes de la putréfaction, mais encore le bacille du colon, de la fièvre typhoïde et du choléra. Son pouvoir désodorisant est assez bon. La quantité de sel à employer doit être de 50 grammes par litre ou 50 kilogrammes par mètre cube de matières à désinfecter.

M. Vincent considère le sulfate ferrique comme plus actif que le sulfate ferreux. Il range ce désinfectant après le sulfate de cuivre, le crésyl, le chlorure de chaux, le lysol, le

(1) Revue d'Hygiène, 20 juin 1904.

solvéol et les bases alcalines telles que la soude et la potasse caustique. D'après lui son pouvoir est à peu près équivalent à celui de l'acide phénique dans les mêmes conditions.

Sulfate de zinc

Le sulfate de zinc se présente en prismes rhomboïdaux droits, incolores, d'une saveur styptique. Il est soluble dans 0,84 d'eau froide et dans 0,15 d'eau bouillante.

Le sulfate de zinc est un désinfectant peu énergique. Il est utilisé surtout en médecine vétérinaire, bien que la solution à 2 pour 100 soit inefficace sur le virus de la septicémie et du choléra des poules.

Le sulfate de zinc entre dans la composition de l'antibactérien Raymond, employé pour assainir les bouveries. Ce désinfectant est composé de cinq éléments : sulfate de zinc, acide borique, hyposulfîte de soude, sulfate d'alumine, sulfate de soude. D'après Nocard, le sulfate de zinc serait un excellent désodorisant ; son action sur l'ammoniaque est égale à celle du chlorure de zinc, mais elle lui est bien supérieure pour neutraliser le sulfhydrate d'ammoniaque. On J'utilise aussi avec succès pour panser les plaies de toute nature que peuvent avoir les animaux.

Le sulfate de zinc venait autrefois de l'Allemagne. Vée l'a fabriqué, industriellement, le premier en France, en traitant directement le zinc par l'acide sulfurique étendu.

Dans les établissements de bains de Paris, on se sert du sulfate de zinc à la dose de 100 grammes par baignoire pour désinfecter l'eau des bains sulfureux avant son déversement sur la voie publique.

Le sulfate de zinc est très toxique et son emploi en désinfection limité.

Chlorure de zinc

Le chlorure de zinc se présente sous la forme d une masse blanche, onctueuse, d'une saveur brûlante, fusible vers 100°.

AGENTS CHIMIQUES 2lÔ

Il est très avide d'eau et très déliquescent. C'est un caustique énergique.

Le chlorure de zinc n'a qu'un faible pouvoir désinfectant.

Il n'a aucune action sur les cultures fraîches et desséchées du charbon symptomatique. La solution à 5 p. 100 ne détruit pas les spores de la bactéridie charbonneuse ; celle à 2 p. 100 n'agit pas sur les virus claveleux (Peuch), septique, et du choléra des poules (Redard). Seul, d'après Cadéac et Malet, le virus morveux serait stérilisé.

Kocher de Berne, a préconisé le chlorure de zinc, de préférence au phénol, comme antiseptique pour le pansement et le lavage des plaies, péritoine, etc.. Il se sert de la solution à 2 p. 1.000. La solution à 8 % cautérise les tissus et provoque leur nécrose.

Pour la désinfection des excréta, on devra se servir de la solution à 30 grammes de chlorure de zinc pour 1 litre d'eau.

Le chlorure de zinc forme, on le sait, un précipité d'oxyde de zinc en présence de l'ammoniaque ; de là son usage pour combattre les dégagements d'ammoniaque et pour assainir les bouveries, écuries etc.. On doit employer à cet effet le chlorure de zinc titré à 45° Baume. La solution à 3 %, à laquelle on peut ajouter quelques gouttes d'essence de thym est efficace, et a l'avantage de présenter une odeur aromatique et agréable.

Le Burnetts' fiuid des Anglais serait une solution de 100 grammes de chlorure de zinc dans 200 grammes d'eau ; l'eau de St-Luc contient 77 parties de chlorure de zinc pour 100 parties d'eau. Ces deux préparations étaient très usitées comme désinfectants autrefois ; elles ne méritent pas la confiance qu'on leur accordait.

A cause de ses propriétés toxiques et de son faible pouvoir bactéricide, le chlorure de zinc n'est presque plus utilisé.

Permanganate de potasse

Le permanganate de potasse est un oxydant énergique c'est à cette propriété qu'est due son action antiseptique.

Il se présente en belles aiguilles prismatiques ayant quelquefois 3 centimètres de longueur, presque noires et à reflets métalliques. Il est soluble dans 15 parties d'eau froide qu'il colore en pourpre magnifique ; les alcalis verdissent cette solution. Celle-ci est inaltérable quand on la conserve dans des flacons bouchés à l'émeri.

Le permanganate de potasse fut préconisé en 1851 comme agent aésinfectant par M. Condy (liqueur de Condy). D'abord utilisé en Angleterre et en Amérique, où la solution à 1/500 était très employée sous le nom d'eau ozonisée ou ozone liquide ; il a été introduit en France par Castex et Demarquay (1863).

Le permanganate de potasse est un excellent antiseptique. Malheureusement toutes les matières organiques le détruisent facilement de telle sorte que son action est rapidement limitée.

Baxter a constaté que la solution de permanganate à 1/2.000 neutralisait rapidement le virus septique. Davaine a trouvé qu'une dose plus faible, 1 pour 4.000, était suffisante pour obtenir le même résultat. D'après Jalan de la Croix, il faut employer au moins la dose de 1 pour 100 ou 150 pour stériliser les bactéries qui se trouvent dans un bouillon de culture.

D'après Kronig et Paul, une solution au centième, additionnée de un pour 100 d'acide chlorhydrique, détruirait les spores du charbon en deux minutes.

Jager estime que la solution à 5 pour 100 est suffisante pour détruire tous les germes pathogènes à l'exception du bacille tuberculeux. D'après Miquel, il suffit de un pour 285. Garner et King (1) ont conclu, à la suite de leurs expériences au sujet de l'action du permanganate sur le bacille d'Eberth, que. ce sel possédait un pouvoir bactéricide supérieur à celui indiqué par Jager et Miquel.

La toxicité du permanganate de potasse est faible ; il peut être pris à l'intérieur sans inconvénient à la dose de 10 à 20

(1) American Chemical journal, février 1906.

centigrammes et même à celle de 60 centigrammes, à la condition que les solutions soient très diluées.

A l'extérieur, on emploie ordinairement la solution au centième, mais la quantité de permanganate peut être notablement augmentée. Il sert journellement dans les services de chirurgie à la stérilisation des mains de l'opérateur et à l'asepsie du champ opératoire. La coloration brune qu'il laisse sur la peau disparait facilement après un lavage avec une solution faible d'acide chlorhydrique ou d'hyposulfite de soude.

Potasse. Soude.

Les bases alcalines, potasse, soude, possèdent un réel pouvoir bactéricide dû à l'alcalinité que ces substances communiquent aux milieux qu'elles doivent désinfecter.

Behring a étudié tout particulièrement leur action antiseptique. Les bacilles du charbon, du choléra, de la diphtérie, de la fièvre typhoïde périssent par l'addition de 50 centimètres cubes de lessive normale de soude caustique (1) à un litre de culture. Il a constaté en outre, que tous les germes n'étaient pas tués par la potasse ou la soude avec une égale facilité. La bactéridie charbonneuse et le bacille de Lceffler exigent des doses plus faibles que les bacilles du choléra et de la fièvre typhoïde.

Simon, dans ses recherches sur la valeur désinfectante des solutions chaudes de soude, a trouvé qu'une solution à 2 pour 100 à 60°, tuait en une minute les bacilles de la diphtérie et les streptocoques, en cinq minutes les bacilles de la tuberculose, et les staphylocoques en 15 minutes.

Alfonso Bormans, (1) médecin du bureau d'hygiène de Turin, a fait de nombreuses et intéressantes expériences pour démontrer le pouvoir désinfectant de la soude caus-

(1) La solution normale de soude caustique contient 40 grammes par litre de cet alcali.

(1) Bormans, Rivisla d'Igiene c Sanita publica, anno XV, 1904.

tique. Dans ses divers essais, Bormans s'est servi de la soude de la maison Baxter. Ce corps se présente sous la forme de cristaux blancs, très durs, contenant 70 à 72 pour 100 de soude, le reste étant constitué par des carbonates, chlorures, sulfates, etc.. Les solutions de soude doivent être tenues à l'abri de l'air, afin d'éviter leur carbonatation qu'i diminue considérablement leur pouvoir désinfectant. Bormans a fait agir des solutions de soude de 10 à 20 pour 100 sur les eaux de lavage de balayures prélevées dans une chambre. Ces eaux, examinées sans mélange aucun, contenaient un nombre incalculable de germes. Après 10 minutes de contact avec la soude à 20 pour 100, elles ne renfermaient déjà plus que 44 germes par C.C. ; après 30 minutes 18 germes, après une heure 9, et seulement 5 germes après 2 heures de contact. Dans les mêmes conditions, la solution à 10 pour 100 a aussi le pouvoir de détruire la plus grande partie des microbes, puisque, après 10 minutes on ne trouve que 10 colonies et 4 après 20 et 30 minutes de contact. Dans une seconde série de recherches Bormans a expérimenté la valeur de ces mêmes solutions sur divers microorganismes.

En voici les résultats :

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