VII. — Appareils employant le trïoxymèthylène sans
pression
1° Fumigutor
Ce petit appareil inventé par par Mme S. Messerli consiste en cartouches en cuivre (fig. 91) à l'intérieur desquelles l'on place le trioxy méthylène (A). L'enveloppe de cuivre est entourée d'une pâte (B) brûlant sans flamme, devenant rapidement incandescente au contact de la flamme d'une bougie, d'une lampe ou d'une allumette et portant bientôt la subs-
tance antiseptique contenue dans la cartouche à une température suffisante pour la transformer en formaldéhyde.
Cette dernière entraînée par sa tension de vapeur et par les gaz que dégage la pâte en ignition est envoyée à l'état de vapeur dans toutes les parties du local à désinfecter. Le dessin ci-contre (fig. 92) représente un fumigator en combus-
"Coupe d'un Fumigator (Fig. 91)
[Fig. 92) Fumigator en combustion
tion. Les fumigators sont en général vendus avec des griffes en métal que l'on peut par surcroit de précaution disposer au-dessus d'une assiette ou d'une plaque de métal.
Le procédé donne d'excellents résultats. Il a été expérimenté par M. le professeur Armand Gautier, par M. White de Londres et enfin par le Conseil supérieur d'hygiène de France qui l'a approuvé dans sa séance du 14 décembre 1903. (Certificat n° 15).
Le fumigator constitue un excellent procédé, en ce sens qu'il ne nécessite aucun appareil et qu'il réduit au minimum le personnel nécessaire pour pratiquer une désinfection.
2° Formolateurs Hélios
Le formolateur Hélios B (fig. 93) combiné, construit par la Société anonyme française de produits photochimiques et pharmaceutiques est essentiellement destiné à la projection, pour la désinfection des locaux, de formaldéhyde gazeuse obtenue par la combustion de pastilles de trioxyméthylène. Cet appareil doit être placé à l'intérieur des pièces qu'il s'agit de désinfecter.
Il se compose d'un récipient circulaire dont l'enveloppe C protectrice est en tôle émàillée : à l'intérieur, une cheminée supporte D à son sommet un panier en toile métallique P destiné à recevoir les pastilles de trioxy méthylène ; en dessous une lampe à alcool permet leur combustion.
(Fig. 93) Formolateur Hélios
Entre l'enveloppe et la cheminée existe une marmite de cuivre T en forme de couronne, munie de quatre ajutages verticaux ; en dessous une rigole annulaire.
Fonctionnement. — On introduit dans le panier en toile métallique un nombre de pastilles en rapport avec le cube de la pièce. On met de l'alcool à brûler dans la lampe et dans la rigole et de l'eau dans la marmite, puis on allume l'alcool.
On doit brûler 28 pastilles de trioxyméthylène de l gram-
me chaque par dix mètres cubes de local à désinfecter et laisser fermé pendant sept heures.
Ce formolateur a été autorisé par le certificat n° 26.
Le formolateur Hèlios B (fig. 94) se compose d'un panier en toile métallique supporté par une cheminée en tôle émaillée à la base de laquelle est disposée une lampe à alcool.
On met les pastilles de formaline dans le panier de toile
(Fig. 94)
Formolateur Hélios
métallique puis on allume la lampe à alcool : le chauffage doit produire la décomposition et la volatilisation des pastilles de formaline.
On doit brûler 30 pastilles de 1 gramme de trioxyméthylène pour chaque 10 mètres cubes de local à désinfecter.
La durée du contact doit être de sept heures.
3° Désinfection par V Autane
5L Ce procédé de désinfection consiste dans la production de vapeurs humides d'aldéhyde i'ormique sans l'aide d'appareil spécial.
k L'autane est une poudre composée d'un mélange de paraformaldéhyde et de peroxyde de baryum : il a été découvert
par Eichengriin (1) en 1907. L'autane donne, en présence de l'eau, des vapeurs de formol et de la vapeur d'eau. Lorsqu'on mélange 1 gramme de trioxyméthylène et 3 grammes de peroxyde de baryum avec un litre d'eau, on constate qu'au bout d'une heure, presque tout le paraformol employé est dissous à l'état d'aldéhyde formique. Si on diminue la quantité d'eau, la réaction chimique est plus forte, la température s'élève et le dégagement gazeux est plus considé' rable.
Wesenberg et Selter. ont constaté, dans leurs expériences, ie pouvoir désinfectant de ce produit. Des fils de soie trempés dans des cultures de staphylocoque doré, de bacterium coli, de bacille typhique et de spores charbonneuses, placés à différentes hauteurs dans des pièces à désinfecter, et exposés aux vapeurs d'autane, ont été complètement stérilisés.
Nieter a observé qu'avec une dose d'un kilogramme 600 grammes d'autane par 65 mètres cubes, le bacille typhique et celui de la diphtérie étaient détruits Dans les mêmes conditions, le staphylocoque donnait encore quelques colonies et les spores charbonneuses étaient seulement arrêtées dans leur développement.
Plus récemment Tomarkin et Heller ont également reconnu la valeur bactéricide de l'autane.
Enfin M. Calmette directeur de l'Institut Pasteur de Lille a procédé à une série d'expériences qui ont permis de conclure que l'autane est un bon désinfectant, mais que son action s'exerce en surface et non en profondeur.
Les tableaux I et II résument les résultats qu il a obtenus.
(1) Zeitschrift fiir angewandte Chemie,
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