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CHAPITRE Pf*E|VIIE

Moyens employés par le Conseil Supérieur d'Hygiène de France dans V expérimentation des procédés et appareils de désinfection.

M. le docteur A. J. Martin, inspecteur général de l'assainissement de la Ville de Paris, a présenté au Comité consultatif d'hygiène deux rapports (1) établissant les conditions à exiger des appareils et procédés de désinfection pour être autorisés conformément au décret du 7 mars 1903. Nous avons extrait de ces rapports si documentés tout ce qui a trait à cette partie de notre travail.

D'après M. A. J. Martin, les agents désinfectants et les appareils propres à leur utilisation doivent assurer la destruction des germes des maladies transmissibles. C'est sur ce principe que doivent être basés les procédés de vérification de ces appareils.

Les expériences et constatations nécessaires pour s'assurer de l'efficacité des appareils et procédés de désinfection sont confiées au laboratoire du Comité qui opère sous la direction et le contrôle d'une section spéciale de cette assemblée.

L'avis proposé au Comité par la section de désinfection doit comporter, avec la description du procédé, les résultats des expériences ainsi que les conditions de son fonctionnement telles que le constructeur les a définies.

Cet avis fera en outre connaître les règles à suivre pour

(1) Rapports au Comité consultatif d'hygiène (avril 1903 et décembre 1904).

CONTRÔLE Ï)Ë LA DÊSÎNFECTÎÔM \ 87?

que le procédé continue à présenter ces conditions, notamment la durée des opérations, le mode de chargement des objets ou de placement de ceux-ci dans l'enceinte à désinfecter, les modifications que ceux-ci peuvent subir suivant leur nature.

Voici d'ailleurs la notice qui a été rédigée à ce sujet par le Comité consultatif d'hygiène :

Notice relative à V examen des procédés et appareils par application de l'article 7 de la loi du 15 février 1902 sur la santé publique.

Les procédés de désinfection doivent être approuvés par le Ministre de l'Intérieur, après avis du Comité consultatif d'hygiène publique de France (loi du 15 février 1902).

Aucun appareil ne peut être employé à la désinfection avant d'avoir été l'objet d'un certificat de vérification délivré par le Ministre de l'Intérieur, après avis du Comité consultatif d'hygiène publique de France, au point de vue de l'efficacité des opérations à y effectuer (décret du 7 mars 1903, art. 1er et 2).

En conformité de ces dispositions, les demandes d'approbation de procédés ou de vérification d'appareils doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur accompagnées des indications, notices et pièces mentionnées ci-après.

Les expériences nécessaires sont effectuées par les soins du laboratoire du Comité consultatif d'hygiène publique de France, sous la direction et le contrôle de la section compétente de cette assemblée ; le programme en a été arrêté de la manière suivante :

Les divers objets infectés de micro-organismes seront pla- ' ces au centre et aux coins des pièces, sur le sol et à diverses hauteurs, quand il s agira d'expérimenter des procédés pour la désinfection des locaux ; sous des épaisseurs diverses d'étoffes, à l'intérieur des matelas et en divers points des appareils pour les essais des étuves.

On fera à cet effet usage de :

Papiers stérilisés chargés de cultures peu résistantes, spondées, exposées directement à Vaction du désinfectant ;

Etoffes chargées de diverses cultures placées dans les mêmes conditions ;

Cultures sur papier exposées à nu et dans des enveloppes de papier ;

Cultures sur étoffes exposées dans des enveloppes d'étoffes ;

Exposition de blocs de bois à rainures profondes de 1 à 10 millimètres et à trous de diverses profondeurs, ayant reçu, après stérilisation, des poussières et des cultures diverses.

Les micro-organismes qui serviront pour ces expériences seront les suivants :

Bacille sec de la tuberculose {crachats desséchés) ;

Bacille de la diphtérie ;

Bacille typhique ;

Staphylocoque doré ;

Spores de charbon ;

Spores de subtilis ;

Germes de poussières et de la terre de fardin.

Les intéressés préciseront en conséquence à l'appui de leur demande et, selon le cas, pour chaque procédé ou appareil proposé :

a) Sa description et sa destination ;

b) Son mode d'application ou de fonctionnement, comportant notamment la nature et les quantités d'antiseptiques à employer, la durée nécessaire pour assurer la désinfection effective des objets, suivant leur nature, dans toute leur épaisseur ou leur étendue ; le mode de chargement ou de placement des dits objets ; les précautions à prendre pour en prévenir l'altération ; le degré et la constance de la température ; les appareils enregistreurs permettant de contrôler la régularité des opérations pratiques ;

c) Les conditions dans lesquelles seraient applicables les expériences précitées.

Ces indications feront l'objet de notices détaillées et, s'il s'agit d'appareils, seront accompagnées de plans (décret du 7 mars 1903, art. 3).

A en juger par les nombreux certificats délivrés et par la lecture du compte-rendu de ses expériences, la section du Comité ne s'en est pas tenu strictement à ce programme. Elle a en effet supprimé l'exposition des cultures ou des poussières dans les blocs de bois stérilisés et elle n'a pas essayé l'action des agents de désinfection sur les germes des poussières et de la terre de jardin.

D'après M. A. J. Martin, on a pour chaque appareil ou procédé, expérimenté son action sur le bacille de la diphtérie, le bacille typhique, le bac. coli, le staphylocoque doré, les spores du bacillus subtilis et du bacille du charbon, les crachats tuberculeux secs. Ces microbes étaient fournis par l'Institut Pasteur où l'on en avait éprouvé la virulence.

Ces germes étaient disséminés soit en surface et à des hauteurs diverses, soit sous différentes épaisseurs d'étoffes.

Nous donnons ci-dessous les dispositions prises dans ces essais :

1° Pour l'examen d'un appareil destiné à la désinfection d'une pièce habitée ;

2° Pour l'étude d'une étuve à désinfection ;

3° Pour l'examen d'un petit appareil destiné à désinfecter les instruments de chirurgie et les outils de coiffeurs.

V Désinfection d'une pièce habitée

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