chapitre h
Contrôle de la Désinfection pat» la Chaleuf
Tout appareil de désinfection utilisant la chaleur doit être construit de telle sorte que la température soit égale dans chacune de ses parties et dans les objets que l'on y place. Le moyen le plus simple de contrôler cette température consiste dans l'emploi de thermomètres à maxima.
Mais ces thermomètres ne permettent de connaître que la température la plus élevée, atteinte à l'endroit ou dans l'objet où ils ont été placés.
Les variations et les durées de cette température pendant l'opération ne sont nullement indiquées.
Thermomètres enregistreurs. — Pour être fixé sur ces deux points, il convient de se servir des thermomètres enregistreurs automatiques de MM. Walckenaer et Martin. Voici la description de cet appareil d'après A. J. Martin (1).
Il se compose essentiellement d'un cylindre de cuivre (fig. 114 et 115) dont le couvercle porte, en prolongement de l'axe du cylindre, un tube terminé à son extrémité par un renflement, également cylindrique. C'est ce renflement terminal, contenant un liquide dilatable, qui constitue le thermomètre proprement dit. Par une disposition ingénieuse, propre à l'appareil, les dilatations et contractions du liquide provo-
(1) Rapport sur le Service municipal de désinfection de la ville de Paris, 1900.
quent le déplacement longitudinal d'une lige logée dans Taxe du tube. L'autre extrémité de cette tige, celle qui est en dedans du couvercle, s'articule avec, les leviers qui foni, mouvoir un stylet à plume le long d'un enregistreur, tournant à l'aide d'un mouvement d'horlogerie. Toute cette partie de
(Figures 114 et, 115) Tlrermomèlres enregistreurs
l'appareil se place dans le grand cylindre ; le couvercle y est solidement boulonné. Ainsi toutes les températures subies par le renflement thermométrique s'inscrivent automatiquement.
Disons toutefois que ces températures peuvent être affectées, par effet de capacité calorifique, d'un certain retard de temps par rapport à celles du milieu. D'autre part, il peut y avoir quelque incertitude sur l'étalonnage de l'instrument. C'est pourquoi, de chaque côté du tube, deux tiges creuses renfermant des thermomètres à maxima permettent de connaître la température la plus élevée obtenue au cours de
l'opération de désinfection, afin de pouvoir mieux interpréter et au besoin rectifier les indications des diagrammes.
C'est à l'aide de ces thermomètres enregistreurs automatiques, et de ballots d'épreuve .(fig. 116) de différentes épaisseurs et formés d'ouate tassée et enveloppée d'une toile à matelas que MM. Walckenaer et Martin ont pu apprécier l'action désinfectante en prolondeur des divers types d'étuves.
(Fig. 116)
Ballot d'épreuves
Manomètres enregistreurs. — Dans la pratique, les étuves à vapeur sous pression sont munies en général de manomètres enregistreurs dont le plus employé est celui de Richard (fig. 117). Cet appareil encore désigné sous le nom de thermomanographe et plus vulgairement sous le nom de mouchard est un manomètre ordinaire pour pression qui donne directement le diagramme des températures.
Il se compose d'un tube métallique creux, aplati et en forme de demi-cercle, qui se redresse et tend à devenir rectiligne sous l'action de la vapeur. Ce mouvement est communiqué à un levier à l'extrémité duquel se trouve une plume spéciale, qui inscrit sur une feuille de papier enroulée sur un cylindre la température correspondant à la pression. Ce cylindre enregistreur est formé d'un tambour mobile autour
d'un axe fixe à l'intérieur duquel est logé un mouvement d'horlogerie, qui lui permet de marcher pendant 12 heures. Le tambour et le mouvement d'horlogerie forment un ensemble que l'on peut séparer facilement du reste du système. Le tout est enfermé dans une hoîte en fer, vitrée, munie d'un cadenas dont la clef peut être entre les mains du chef de station.
(Fig.r117) Manomètre enregistreur de Richard
Le manomètre Richard enregistre sans que l'opérateur y puisse lien changer, le nombre d'opérations effectuées dans une journée, leur durée, les températures obtenues pendant ces opérations, et, l'heure à laquelle ces dernières onl été pratiquées.
Contrôleur de purge. — Comme nous l'avons déjà dit, les indications manomélriques ne correspondent aux températures voulues <pie lorsque la vapeur agissant sur le manomètre ne contient plus d'air. Pour obtenir ce résultat, certains constructeurs ont ajouté à leurs étuves un contrôleur de purge, constitué par un thermomètre que l'on place sur le tuyau de purge de l'étuve. L'élimination complète de l'air est indiquée lorsque le thermomètre marque 100 degrés. La description de cet appareil a été faite au chapitre des éluves à vapeur de Gcneste-Herscher.
L'étuve anglaise Equifex est également munie d'un appareil qui assure la parfaite évacuation de l'air. Le principe de ce contrôleur repose sur la condensation de la vapeur
venant de l'étuve. L'appareil et le manomètre qui en fait partie ne fonctionnent qu'an moment où l'air est entièrement expulsé.
Tests bactériologiques. — L emploi des cultures microbiennes pour contrôler l'action désinfectante de la chaleur se fera dans les conditions identiques à celles que nous indiquerons au chapitre contrôle de la désinfection des locaux.
Toutefois on ne devra jamais se servir de papiers imprégnés de cultures, à cause de leur peu de résistance, lorsqu'on les soumet à l'action de l'eau ou de tous autres liquides en éhnllition.
Les lests en tissus seront seuls employés.
Tests chimiques. — • Certains produits chimiques qui ont la propriété d'entrer en fusion à une température connue ont été utilisés dans le contrôle de la désinfection par la chaleur. Ce sont le soufre qui fond entre 114 et 117 degrés l'acide benzoïque cristallisé et l'anhydride phtaléique dont les points de fusion sont respectivement 117 et 129 degrés a mi ti grades.
li suffit de placer des tubes en verre renfermant l'un de ces produits au milieu des objets à désinfecter pour s'assurer que la température de fusion a été atteinte.
CHRÊITftE III
Gontfôle de l'action de la ehaleuf
sut» les tissus
Dynamomètres. — Nous avons vu que le passage à l'étuve de certains tissus avait l'inconvénient de les détériorer et
(Fig 118)
Dynamomètre Suidt
notamment de diminuer leur résistance. On constate cette action de la chaleur au moyen de dynamomètres parmi les
quels nous décrirons l'appareil système Studt (1) représenté par le dessin ci-contre (fig. 118), qui permet de mesurer l'effort nécessaire à déchirer une étoffe.
Cet appareil (fig. 119) comprend quatre écrous k qui servent à maintenir l'objet à éprouver. Les deux écrous inférieurs sont fixes ; les écrous supérieurs font partie de l'étrier mobile b. En tournant le volant v, on opère sur l'étrier une
(Fig. 119) Coupe un dynamomètre Studt
traction qui peut aller jusqu'à la rupture de l'étoffe. L'effort produit refoule le piston dans le cylindre et exerce une pression sur la glycérine qui remplit le fond du cylindre, le canal t et le tube du manomètre. Ce dernier exprime la pression en kilogrammes et par millimètre carré.
(1) Société anonyme Française Schaeffer et Budenberg, 105, Boulevard Bichard-Lenoir, Paris.