‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 101 sur 142 · CONSISTANCE DU CAILLOT · texte numérisé non relu

CONSISTANCE DU CAILLOT

811. D'autres fois, le caillot est très mou , flottant dans beaucoup de sérosité; il se colore facilement par son contact avec l'air. Tels sont plusieurs cas de chlorose dans lesquels la quantité relative de sérosité est sensiblement augmentée. On assure que lorsqu'à la section du caillot, sa surface présente des vacuoles, c'est une preuve que îa coagulation s'est faite très vite , a retenu de l'acide carbonique qui se dégage du sang ,> et que celui-ci est dans des conditions plus inflammatoires.

812. L'exploration du sang provenant des hémorrhagies , des morsures de sangsues , est encore plus difficile à bien faire que celle du liquide qui sort de la veine. En effet, il est souvent alors mêlé à de l'eau, à de la sérosité , à divers fluides formés ou déposés dans les organes , ce qui complique les résultats. De plus , il est difficile de le recevoir dans des vases et surtout de le recueillir d'une manière un peu prompte. Ici, les ventouses sacrifiées ont de l'avantage sur les sangsues , parce qu'elles permettent mieux de recevoir et de mesurer le sang que l'on juge convenable d'extraire. Du reste, la plupart des considérations applicables au sang tiré des veines , l'étant également à celui qu'on obtient des capillaires où qui suinte des organes , il est à peu près inutile d'insister sur l'exam en de celui-ci.

81 3. L'odoration du sang y fait reconnaître une odeur spéciale. On ne peut guère tirer de ce fait quelque résultat diagnostique. A l'occasion de celui qui sort des veines, Huxham a dit, ce qui est difficile à croire, lui avoir trouvé une odeur fétide et putride au moment où il s'échappait de ces vaisseaux.

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814. Quant à la fétidité du sang qui est rendu après avoir séjourné dans les organes, le poumon , l'utérus 5 etc. , il est fort utile d'en tenir compte , parce que cette odeur indique que des liquides putrides existent dans les cavités d'où il sort, et les travaux des modernes sur ce sujet font connaître tout le danger d'un semblable fait. C'est surtout dans les cas de métrite puerpérale qu'il est utile de tenir compte de la fétidité du sang rendu par les lochies. Il en est ainsi de l'odeur spéciale qu'exhale le sang qui s'échappe d'un cancer utérin. On sait encore qu'à la suite de l'accouchement, il se dégage une odeur spéciale et tout à fait caractéristique, dont il peut être utile de tenir compte en médecine légale.

81 5. Il y a lieu de penser que l'odeur spécifique du sang dégagée par l'addition d'une certaine quantité d'acide sulfurique, découverte due à M. Baruel, serait, dans quelques cas, utile en diagnostic. Peutêtre ferait-elle découvrir dans certains fluides sécrétés, la présence du sang qu'on n'y aurait pas soupçonnée. Des recherches pourraient être faites à ce sujet, et conduiraient sans doute à des résultats importans. On sait qu'en médecine légale ce fait a déjà été d'une grande utilité ; dans un cas par exemple, où il s'agissait d'un homme dont les vêtemens étaient souillés de sang, et qu'on accusait d'un assassinat, l'acide sulfurique dégageait des taches une odeur semblable à celle du sang de dinde et très différente de celle qu'exhale le sang humain. Cette homme assurait avoir porté un oiseau de cette espèce qui ve-^ nait d'être égorgé, et que c'était à cette cause qu'il fallait attribuer l'état de ses habits.

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