VIII AVANT-PROPOS
mots qui ne sont pas encore passés dans la science. Une nomenclature en médecine est indispensable. Il est absurde d'employer toujours des expressions qui ne répondent en rien aux choses qne Ton veut rendre, Y a-t-il quelque chose de plus bizarre que d'appeler fièvre telle maladie où il y a des frissons ; asphyxie (sans pouls) une affection dans laquelle le pouls est le plus souvent très développé; apoplexie des états organiques qui varient , depuis la syncope jusqu'à la congestion et à l'hémorrhagie, etc. Presque tous les mots usités sont aussi insignifîans. Anévrysme ne signifie en rien qu'une artère soit dilatée plutôt qu'une veine ; variole , qu'il s'agisse d'une affection du sang et de la peau , etc. La nécessité d'une nomenclature est d'une évidence incontestée et incontestable.
Mais tel, qui voudra faire une nomenclature de toute pièce et fabriquer à lui seul tous les mots, est à peu près sûr que ces mots ne seront pas admis d'une manière générale. C'était la marche progressive de la science qui devait donner aux noms des états morbides une signification convenable. Dès le moment où l'on avait /i'emonté à la localisation d'un grand nombre de maladies , il avait bien fallu donner, à celles qui n'avaient pas été étudiées jusqu'alors, des dénominations nouvelles en rapport avec le siège et la nature de ces affections. Aussi tous les mots vraiment utiles étaient créés. Il n'y avait plus qu'aies assembler.
Les noms grecs des organes sont tellement connus, t|ue beaucoup d'entre eux sont devenus vulgaires. Les terminaisons adoptées pour chaque mot sont presque toutes généralement reçues. Patkie a été
NOMENCLATURE OllGANO-PATHOLOGIQUE. ÎX
proposé par Léveillé pour désigner une souffrance; hémie a été largement utilisé par M. Andral pour exprimer une congestion sanguine; ite^ pour tous les praticiens , désigne une inflammation ; trophie , le volume d'une partie; algie, une douleur ; la désinence nervie se comprend si bien comme action nerveuse, qu'elle n'a pas besoin d'explication; le mot arctie dérivé du latin (i) est passé dans notre langage (coarctation ). On doit à M. Breschet la terminaison ectasie pour exprimer une dilatation ; hématosie est trop semblable à hématose pour ne pas être tout d'abord compris ; rliagie ne signifie , il est vrai , qu'un écoulement violent, et non pas une perte de sang; mais l'usage, qui est le régulateur du langage, a depuis long-temps assigné cette expression aux écoulemens sanguins; d'ailleurs, dans la nomenclature proposée, il n'est qu'un diminutif du mot hémorrhagie, et tel qui serait peu satisfait de cette élision, est bien libre d'ajouter l'antécédent hémo si bon lui semble. Enfin l'expression rhée est dans la plupart des mots où on la trouve en rapport avec un écoulement blanc.
Quant aux antécédeos des mots et aux épithètes qui les suivent dans la nomenclature adoptée dans ce livre, il n'est personne qui n'en connaisse la valeur (Yoy. le tableau , page xxv).
Lorsque la nomenclature organo - pathologique (car c'est le nom qui lui convient le mieux ) a été proposée f Yoy. le premier numéro du Traité de médecine pratique)^ je m'attendais à des attaques vives ,
(i) On n'a pas employé ici le mol ^vfn: sthènie, pai'cc qu'il désigne, dans le langage reçu, une contraction v'talc.