‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 42 sur 142 · Sur 1 1 cas de polyhyperhémie (pléthore sao · texte numérisé non relu

Sur 1 1 cas de polyhyperhémie (pléthore sao

guine) , on a trouvé au cœur d'un côté à l'autre : 1 fois 3 pouces 1/2 ,—6 fois 4 pouces , — 1 fois 4 pouces 1/2 , — 1 fois 5 pouces, — 1 fois 5 pouces 1/2 , — 1 fois 6 pouces. — Ainsi chez des sujets dont l'appareil circulatoire contient beaucoup de sang, évidemment la moyenne du volume du cœur augmente.

âo4. Sur 4 cas de polyanhémie (défaut de sang en général) , on a trouvé tranversalenient : 1 fois 5 pouces,— 1 fois 3 pouces 1/2 , — 2 fois 4 pouces. — Ainsi des individus dont lappareil circulatoire contient peu de sang, ont une moyenne dans le volume du cœur moins grande que dans les cas normaux,

205. Sur 38 cas de maladies variées du cœur, mais dans lesquelles il y avait constamment hypercardiotrophie (hypertrophie du cœur) ou cardiectasie (dilatation du cœur), on a trouvé : 3 fois 4 pouces 1/2,

— 7 fois 5 pouces, — 4 ^ois 5 pouces 172, — 10 fois 6 pouces, — 1 fois 6 pouces 1/2, — 7 fois 7 pouces, — 3 fois 7 pouces 1/2, — 1 fois 9 pouces, — 1 fois 1 1 pouces.

— Ainsi, lorsqu'il y a eu véritablement maladie du cœur, la moyenne a été beaucoup augmentée, et la dimension la plus faible a été de 4 pouces t/2,

206. Ces limitations du coeur ont été indiquées avec beaucoup de soin; cependant il est arrivée qu'on s'est le plus souvent borné à spécifier î ) volume par demi-pouces. En effet, ce n'estlpas une ligue ou deux de plus ou de moins qui peuvent faire unj notable différence ; les variations ind viduelles établissent de bien plus grandes différences» On a noté 4 pouces ou 4 pouces 1/2 quand les dimensions étaient très voisines de l'une ou de l'autre de ces mesureso

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207. Ces mesures ple^simétriques ont été prises aussi du haut en bas, et la distaoce du cœur à la clavicule à été notée chez un très grand nombre de sujets. En général, dans l'état normal, la hauteu du cœur, parallèlement à l'axe du tronc , est un peu moins considérable que sa largeur. Dans l 'hypertrophie, le développement de l'organe est proportionnément moins considérable dans ce sens que dans la direction transversale La distance à laquelle le cœur se trouve de la clavicule est, en général, de 3 pouces à 3 pouces 1/2; mais dans le refoulement des viscères de bas en haut, ainsi que dans l'augmentation du volume du cœur, cette distance est quelquefois diminuée d'un à deux pouces.

208. L'espace où se trouve la matité du cœur n'est pas occupé par les mêmes parties de l'organe, et ne donne pas lieu partout à la même nuance d'obscurité du son et d'élasticité.

209. D'après de nombreux relevés, c'est, comme nous l'avons vu, dans une étendue d'à peu près deux pouces carrés que, dans l'état normal, le cœur correspond aux parois; le surplus de l'espace occupé par la matité est recouvert par une lame de poumon. Lorsque le coeur augmente de volume, l'étendue du point où çet organe correspond directement aux parois augn^iente sensiblement, 5

210. M. Bouillaud a vérifié de son côté la dimension que j'avais assignée à Fespace où le cœur touche aux parois. Cet observateur lui donne aussi d'un pouce et demi à deux pouces carrés. C'est la même mesure qu'il a trouvée sur le cadavre. M. Bouillaud

ajoute que la précision avec laquelle on mesure ainsi le cœur est admirable, et qu'il a vérifié, par les nécrosGopies, les mesures qu'il a portées pendant la vie.

2 11. Si M. Bouillaud se servait de la percussion pratiquée sur le plessimètre, et non sur le doigt, il trouverait, à coup sûr, la même précision pour l'appréciation du volume de la portion du cœur recouverte à gauche par une lame de poumon. Il suffît, pour obtenir ce résultat, de percuter plus fort qu'on ne le fait sur le doigt, et de diriger assez l'instrument à gauche pour dépasser la ligne où le cœur cesse profondément de correspondre.

212. S'il fallait une preuve de plus de l'exactitude que la percussion plessimétrique donne dans la mensuration du cœur en totalité, je la tirerais de la comparaison établie entre les résultats obtenus dans les cent soixante-dix-sept cas précédens (recueillis pour la plupart avant le traité de M. Bouillaud), et ceux que cet habile observateur a obtenus sur le cadavre. A très-peu de choses près, la mesure reconnue après la mort est précisément celle que j'ai trouvée pendant la vie. Seulement il y a eu, dans la majorité des cas, quelques lignes de plus de mon côté. La raison de ceci est tout-àrfait anatomique, et ne fait que confirmer les résultats de M. Bouillaud et les miens : c'est que le sang contenu pendant la vie, dans le cœur, doit en augmenter un peu le volume. D'ailleurs la convexité des côtes, la distance à laquelle l'organe se trouve des parois, le font paraître, par la percussion, un peu plus gros qu'il ne l'est en effet. Pour que les mesures plessimétriques du cœur soient exactes, il

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faut faire déduction de la distance qui sépare à gauche le cœur et les parois thotaciques.

2 1 3. Sur la totalité de l'espace qui, correspondant au cœur, est dans Tétat normal comme nous l'avons vu, de trois pouces et demi à quatre pouces, on trouve à droite une très-petite étendue où il y a un peu d'obscurité dans le son, sans résistance au doigt; ce point correspond à la portion des cavités droites qui dépasse les gauches; puis, plus à gauche, on rencontre une matité marquée et de la résistance au doigt, qui sont en rapport avec le ventricule aortique.

214. On juge approximativement de l'épaisseur du cœur, par le degré de matité et de résistance au doigt que donne cetorgane.il est un autre moyen d'apprécier à peu près positivement l'épaisseur du cœur, considéré dans sa totalité et d'avant en arrière. Yoici en quoi il consiste : Comme on détermine très bien le point où le ventricule gauche et la face antérieure de cet organe, touchent aux parois thoraciques, on place une règle sur ce point, perpendiculairement à l'axe du tronc couché horisontalement. Cette règle est posée de manière à ce qu'elle soit de niveau avec la surface antérieure du thorax sur lequel elle repose, et à ce quelle dépasse de quelques pouces la surface latérale gauche du corps. On a ainsi la mesure de la hauteur de la face antérieure du cœur, devenue supérieure dans cette position. On percute ensuite sur le côté dans la même direction, dans un sens parallèleà la première ligne et on arrive au point où le cœur cesse de se trouver en arrière ; on a ainsi la hauteur delaface postérieure de cet organe. On place alors sur ce point

lextiémiîé d'une autre règle placée parallèlement à là première, et parallèle aussi au sens dans lequel on a percuté ; il nV a alors qu'à mesurer l'espace qui existe entre les règles pour avoir l'épaisseur du cœur d'avant en arrière. Il n'y a d'autre déduction à faire que celle de l'épaissetir des parois.

2 1 5. Il est des cas où le cœur est complètement recouvert par une lame de poumon. Une percussion légère fait alors reconnaître la présence de celle-ci , et une percussion plus forte permet de mesurer le volume du cœur. Lorsqu'on percute sur le doigt, comme on n'exécute pas ce procédé d'exploration avec assez de force, on ne trouve pas les sons propres au cœur, et l'on ne peut apprécier les dimensions de celui-ci.

2 1 6. Pour examiner le coeur, il faut d'abord percuter le poumon droit en avant, rechercher le bord supérieur du foie, le suivre en dirigeant l'investigation vers la gauche, et bientôt on trouve les cavités droites, puis les gauches.

217. Dans les cas où le foie s'étend à gauche audessous du cœur, on parvient, avec de l'habitude et de l'attention, à reconnaître par les modifications que le son de ces organes présente , à déterminer les points où ces parties sont en rapport. Le foie est plus dur, plus mat, et conserve quelque chose du son des intestins, situés au-dessous de lui; tandis que le cœur, est plus mou, et que la sonoréité qu'il donne retient quelque chose de la résonnance des poumons qui l'entourent.

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