NOMENCLATURE ORGANO-PATHOLOGIQUE. XV
Ceux qui suivirent adoptèrent ces mots nouveaux, et, à notre tour, nous nous en servons. La maladie est donc ainsi devenue, grâce au nom quelle a reçu, une chose ou un être, comme le disait M. Broussais. Or, une chose est chiffrable, calculable, soumise à la statistique. De là l'emploi de la méthode numérique. Cette chose peut être détrîiite par une autre chose , et celle-ci est le remède ; de là l'empirisme , et rien ne se ressemble plus que tel qui veut toujours compter, en médecine: les causes multiples, les symptômes complexes et le traitement; et tel autre qui ne connaît de loi, pour régler sa thérapeutique hasardée, que cette formule du vulgaire : voici wie maladie ^ trouvez en empiriquement le remède.
Dans notre opinion, cette manière de philosopher, en médecine , est souvent fort peu philosophique. Elle suppose Vunité dans les maladies , et il n'y a pas de maladie une ^' parce qu'il n'y a pas un organe, une seule souffrance^ un seul état organique. Jamais, en médecine, deux tableaux ne seront semblables; parce que toujours, les couleurs qui ont servi à les peindre , auront des nuances différentes. // n'y a pas de maladie que l'on puisse traiter par un remède spécial. Il y « , sur des hommes malades ^ des états organiques susceptibles d'être partiellement com^ battus. Chacun de ces états porte avec lui une indica^ tion qui lui est propre. L'ensemble de ces indications partielles constitue l' indication générale du traitement. Ce traitement n'est donc jamais simple^ mais toujours composé^ et il y a une extrême difficulté ou même une impossibilité absolue à le soumettre au calcul.