FORMES DU CAILLOT
S agit peut présenter une teinte rosée, surtout au moment ou il coule de la veine. Da^s certains cas de polyanhémie (la chlorose par exemple) le caillot est peu foncé, il y a ici comme le dit M. Andraî, une diminution évidente dans la quantité de la matière colorante du sang, M. Rayer a remarqué que, dans le choléra, le coagulum ne rougissait pas à l'air, ce qui paraît tenir à la perte d'une grande partie de sa sérosité. La teinte rosée que le caillot présente quelquefois à sa surface, indique seulement qu'il a été en contact avec l'air atmosphérique.
768. Le caillot a souvent des formes variées. On remarque, chez les sujets robustes, pléthoriques, atteints de phlegmasies violentes, qu'il est souvent petit, rétracté, pesant, déprimé au centre de sa surface supérieure dont les bords sont relevés. Cet état du sang indique, assure-t-on, des lésions essentiellement inflammatoires; tout au contraire , le coagulum est large, volumineux, à surface plate, chez les individus faibles et qui ne sont pas atteints d'affections phlegmasiques.
769. M. Gendrin assure que dans le sang très inflam^ matoire, le caillot a une forme ovoïde, tronquée à ses deux extrémités; qu'il est dense, élastique, et qu'il surnage, ce qui tiendrait à la quantité d'acide carbonique qu'il retient. Cependant, ce médecin ajoute que le coagulum présente souvent des conditions fort différentes des précédentes dans les cas où le sang est très inflammatoire ou médiocrement inflammatoire.
770. Les proportions du sériun et du caillot sembleraient de prime-abord devoir être, eu diagnostic ,^
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une source de données utiles; mais malheureusement il arrive que le coagulum renferme dans ses aréoles des quantités très variées de sérosité, dételle sorte que la masse de sérum qui reste en dehors est plutôt la conséquence de la manière dont la coagulation s'opère, plutôt, dis-je, que de la quantité relative de ces deux élémens organiques du sang. Ces caillots rétractés, dits inflammatoires, sont suspendus dans beaucoup de sérosité , parce qu'en se resserrant, ils l'ont exprimée de leur tissu. Les coagulums volumineux dont nous avons parlé , ne présentent pas autour d'eux de sérum, parce qne celuici, quelquefois beaucoup plus abondant relativement, que dans le cas précédent, est complètement resté dans les vacuoles que circonscrit la fibrine. En général, cependant, un caillot arrondi, ferme et volumineux est l'indice d'un sang riche, et le contraire a lieu dans des circonstances opposées.
771. On assure que le caillot dans les maladies typhohémiques, se putréfie plus vite que dans les autres cas, qu'il laisse déposer dans la sérosité un sédiment noirâtre et pulvérulent, ce qui, d'après Lauer et Gendrin, ne s'observe pas dans les inflammations simples . (Forget.)
772. Le sérum du sang qui, suivant MM. Scelle- Montdezert et Lecanu, contient, dans un état de dissolution, tous les élémens nutritifs du sang, varie de coloration depuis l'aspect très clair jusqu'à une teinte jaune prononcée. Quelquefois il tient en suspension une certaine quantité de matière colorante , ou quelques globules de sang. On a dit qu'il en
arrivait ainsi dans les cas où les malades étaient affaiblis. Il paraît que le phénomène dont il s agit doit être attribué à la température ou à d'autres conditions physiques, plutôt qua des causes organiques.
773. Le sérum est quelquefois jaune foncé avec des nuances variées. Cela se remarque surtout dans Fictère, et est alors une preuve de la présence du principe colorant de la bile dans le sang. \{Voyez Cholihémiej Traité de méd. prat. ) On dit que sa viscosité se remarque dans les maladies inflammatoires, et que dans des affections dites putrides on Fa trouvé analogue à de la sanie.
774. Il se forme souvent à la surface du sang recueilli dans des vases, une couche d'un gris jaunâtre ou verdâtre plus ou moins épaisse, et variable en consistance. On a donné à celle-ci le nom de couenne inflammatoire. Les médecins sont loin d'attacher tous à l'examen de cette couenne le même degré d'importance.
775. Elle se forme de la manière suivante : au moment où le sang vient d'être recueilli , sa surface devient terne , grisâtre ; il y a un partage très prompt de la sérosité et du cruor. Cette sérosité présente une teinte opaline. Si on la décante ou si on l'aspire avec une pipette , elle se transforme dans le récipient où elle est déposée, en couche plastique, ou bien elle laisse précipiter en s'éclaircissant , une grande quantité de cette même couche. Lorsque celle-ci reste sur le caillot elle s'y comporte de la même manière , le recouvre, ne s'enfonce pas dans son intérieur , et en
est assez distincte pour qu'il soit possible de l'en séparer.
776. Pour bien voir comment se forme îa croûte inflammatoire du sang, il faut examiner celui-ci au moment où il se coagule, et observer sa surface à contre jour, de manière à ce que la lumière tombe obliquement sur cette surface. Il est utile que le vase dans lequel on a reçu le sang soit étroit, profond; car plus il y a d'épaisseur entre la superficie et le fond du caillot et plus la couche dont il s'agit est elle-même épaisse. Les proportions entre le caillot et la couenne n'en sont pas pour cela modifiées , mais comme dans un vase profond la masse de cruor est plus grande de haut en bas , il faut bien que la masse de couche plastique paraisse aussi plus considérable. Le verre dont il a été parlé précédemment (764) est encore très convenable pour ce genre de recherches.
777. Il faut encore que le vase dont on se sert pour recevoir le sang ne soit ni trop échauffé , ni trop refroidi. On n'agitera pas le liquide pendant que la coagulation s'opérera, car ce serait une cause propre à modifier le phénomène et à rendre moins positives les inductions que l'on peut tirer de sa manifestation ou de son absence.
778. La présence sur le caillot d'une couche couenneuse , a fixé de tout temps l'attention des médecins. INous avons établi dans l'article hémite du Traité de médecine pratique les principales opinions auxquelles ce phénomène a donné naissance, et il nous suffira d'en donner ici une rapide analyse.