‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 95 sur 142 · Dehaën avait rapporté la formation de cette · texte numérisé non relu

Dehaën avait rapporté la formation de cette

production à la disposition des vases où l'on recevait le sang. MM. Ptatier et Beihomnae confirmèrent en partie les idées de Dehaën. Davy admit même que l'état couenne ux du sang ne correspondait pas à l'état inflammatoire de ce liquide ou des organes. M. Gendrin établît au contraire que la forme des vases et la manière dont le sang coule peuvent bien favoriser l'apparition de la couenne, mais qu'elles ne peuvent pas la faire paraître sur un sang qui, préalablement n'en aurait pas contenu. J'ai constaté depuis longtems pour ma part que c'est presqu'exclusivement dans les affections dites inflammatoires que la couenne se forme. M. Andralla croit aussi le résultat d'un état phlegmasique. MM. Scelle -Montdezert et l'Héritier ont fait sous mes yeux des expériences très propres à sanctionner cette manière de voir.

780. Les recherches consignées dans l'article hémite ne me permettent pas d'établir de doute sur ce sujet. Sur deux cents observations recueillies à l'Hôtel Dieu dans les six premiers mois de i834j on a fait pratiquer g5 fois la phlébotomie. On a trouvé que dans 76 saignées pratiquées chez 29 sujets atteints de phlégmasies internes: pneumonites , pleurites, hépatites , entérites , le sang avait été 60 fois couenneux. Une autre fois la sérosité était trouble, ce qui dans notre opinion, est un degré en moins du même état. Dans i5 autres saignées pratiquées chez des , malades atteints d'affections inflammatoires dont le sang 7i'a pas été comme couenneux , mais oit il est possible qu'il l'ait été ^ il y avait eu précédemment des évacuations sanguines^ dans lesquelles l'état pseu^

COUENNE INFLAMMATOIRE DU SANG. 35 î

dO'inenbraneux de la surface du cruor était évident. 1 7 fois il n'y eut pas de couenne sur le sang et 17 fois il s agissait d'individus qui n'étaient pas actuellement atteints d'affections inflammatoires.

781. Des observations beaucoup plus nombreuses recueillies avant cette époque, et des relevés ultérieurs que j'ai faits sur le même sujet, donnent des résultats analogues, de sorte que dans mon opinion, la présence de la couenne à la surface du caillot est un état pathologique qui se rencontre dans les maladies dites inflammatoires. C'est à cet état organique et à la série de symptômes qui y correspondent que j'ai donné le nom àliémite. Je renvoie à l'article cité pour plus de détails sur ce sujet. On y trouvera la description des phénomènes qui se passent lors de la formation de la couenne, et des symtômes auxquels donnne lieu la présence de la sérosité plastique dans le sang.

782. D'après le travail dont il s'agit il semble que l'on doive admettre :

783. r Que la présence sur le cruor d'une couche couenneuse annonce une altération spéciale du sang en rapport avec les maladies phlegmasiques ;

784. 2° Que plus cette couche est épaisse proporlionément aux autres élémens du sang , et plus aussi cette altération est portée loin ;

785. 3° Que cet état pathologique est par lui-même une maladie (hémite) qui souvent est suivie d'autres lésion, telles que des coagulations, des membranes accidentelles, des dégénérescences organiques, etc. ;

Page 1