‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 2 sur 101 · EXPLORATION UES ORGANES CHARGÉS »E LA DIGESTION · texte numérisé non relu

EXPLORATION UES ORGANES CHARGÉS »E LA DIGESTION

§ 1^'. Exploration de la cavité buècalê.

1424. L'inspection de la cavité buccale comprend lin grand nombre d'objets , et se rapporte à des parlies dont les lésions appartiennent soit aux maladies dites chirurgicales 5 soit aux affections essentiellement médicales.

1425. En examinant lés lèvres il faut tenir compte 1° de leur coloration (668); 2" de leur épaisseur, quelquefois considérable alors que la circulation languit (texnpérament dit lymphatique), ou lors qu'une gêne quelconque a long-temps existé dans la respiration (cardiopathies); 3° de leur amincissement qui a quelquefois lieu dans le marasme; 4** de l'ouverture habituelle de la bouche, surtout pendant le sommeil, circonstance très ordinaire lorsque les fosses nasales, sont bouchées , ou que la respiration s*opère avec peine.

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1426. Il faut noter encore • B** l'état d'élévation des deux commissures d'où résulte, pour la physionomie, l'expression du rire (certains délire); 6" l'élévation continue ou intermittente de l'un des angles des lèvres ; ce phénomène peut être le produit d'états organiques très divers ( l'exploration des organes de l'innervation); 7* un mouvement assez compliqué des lèvres par lequel elles sont portées en avant, et qui imite assez bien la physionomie d'un homme qui fume, c'est aussi ce qu'en clinique on appelle fumer sa pipe (encéphalopathies variées) ; 8** les lèvres sont resserrées dans la face grippée , pendantes et flasques sur les mourans, etc.

14^27. N'oubliez pas non plus : 9» l'abaissement de la lèvre inférieure qui se remarque dans la salivation et dans certaines amygdalites; lo** les apparences que peut présenter la face interne des lèvres , dont les cryptes sont fréquemment épaissis, enflammés, ulcérés , surtout lorsque la membrane muqueuse est elle-même affectée (1); 11** cette éruption vésiculeuse (herpès labialis) si fréquente sur le rebord des lèvres, et qui a lieu soit à l'occasion d'un mouvement fébrile, soit lorsque la peau de l'orifice labial est irritée par un virus, ou encore lorsque la salive desséchée, altérée, putréfiée j donne lieu à des enduits qui recouvrent cette partie du tégument.

1428. Il faut encore noter les ulcérations si variées qui peuvent avoir lieu sur les "lèvres : tantôt il s'agit de fissures profondes et douloureuses qui existent au niveau même de la commissure : celles-ci ne sont

(i) Cette circonstance doit être soigneusement notée , car elle prouve que, dans les maladies des membranes , les follicules ont la plus grande tendance à participer à ces affections qui, parfois, s'y développent à un plus haut degré et y persévèrent davantage. Cette réflexion est applicable à l'engorgement des glandes de Peyer, dans l'entérite typhohémique.

INSPECTION DES LEVRES. »l

pas la conséquence d'un virus spécial, mais elles résultent d'une circonstance toute physique; je veux dire la disposition anguleuse de Fouverture orale sur ce point , et la facilité avec laquelle la petite plaie se déchire, et la cicatrice naissante se rompt alors que la bouche s'entre ouvre. D'autres fois on remarque sur la face interne des lèvres des surfaces grisâtres, légèrement saillantes, peu douloureuses , et qui , arrondies, quelquefois fendillées, succèdent, dans certains cas , à des symptômes syphilitiques récens , ou à un traitement mercuriel ; ailleurs encore , surtout sur les jeunes enfans , on observe des ulcérations des lèvres très superficielles, recouvertes d'une pseudomembrane d'apparence caséeuse ; d'autres fois enfin, ainsi que cela a été vu deux fois à la clinique de la Pitié, dans des cas d'entérite typhohémique , des ulcérations évidemment gangréneuses , arrondies, peu étendues, correspondent encore à la membrane mux|ueuse labiale, ou aux cryptes qu'elle contient.

1429. Avant tout, lorsqu'on découvre une ulcération labiale, il faut rechercher, quelque soit son aspect , si elle n'est pas en rapport avec la saillie d'une dent inégale qui déchirerait la lèvre. Je ne saurais dire combien de fois j'ai vu des affections de cette pari le produites ou entretenues par une cause si facile à guérir, être attribuées à des maladies générales, pour lesquelles on employait les moyens les plus nombreux et les plus inutileSc

1430. L'inspection de la membrane muqueuse qui tapisse la face interne des joues , donne lieu à des considérations tout-à-fait analogues aux précédentes; il y a seulement ici quelques particularités à noter.

1431. Il ne faut pas négliger, lorsque la bouche est malade, d'observer l'orifice du conduit de Sténon^

quelquefois atteint d'ulcérations lorsque la parotide est enflammée (i).

1432. Il faut porter une attention extrême à l'inspection de la partie interne de la joue la plus reculée et qui correspond, soit en haut, soit en bas, au lieu où se trouvent les dernières grosses molaires. Là , existent fréquemment, de vingt à trente ans, mais parfois beaucoup plus tard, des ulcérations grisâtres, profondes , d'un mauvais aspect; quelquefois larges de plusieurs lignes, arrondies, coupées à pic, à base dure et engorgée , et fort douloureuses. Souvent coexiste l'engorgement des ganglions lymphatiques sous-maxillaires ou cervicaux , et on serait porté à croire qu'il s'agirait d'affections syphilitiques , ou même cancéreuses. Ce sont cependant des causes anatomiques qui produisent ces phénomènes : telle que

(i) L'engorgement de la parotide est., en eGFet , la conséquence fréquente de l'ulcération, et même de l'inflammation de son conduit excréteur. Dans plusieurs cas on voit sortir du pus du conduit de Sténon. C'est surtout à la suite de l'entérite typhohémique que cela s'observe; on a regardé l'engorgement des parotides comme critique; et, dans ce seus, on a beaucoup écrit sur te diagnostic et sur le pronostic de cet accident. Peutêtre aurait-il mieux valu en chercher une explication anatomique. Quand on a laissé la bouche remplie d'enduits qui Ibrment sur les dents, la langue, les lèvres, une couche épaisse, il peut et il doit airiver que le conduit de Sténon soit, ou bouché, ou au moins que l'excrétion dont il est chargé soit gênée; des ulcérations peuvent même corroder son orifice ; dès-lors il y a rétention de la salive et inflammation des conduits excréteurs et de la glande. Un phénomène du même genre est observé pour le foie , le testicule, etc. Cette explication est si vraie que, dans plusieurs cas de parotidite, recueillis à la clinique, on a observé, à la suite de fièvres graves, des ulcérations on des enduits sur l'orifice du canal de Sténon; on a fait sortir du pus par la pression et par le eathétérisme de ce conduit, et bientôt après la salive, d'abord mêlée de pus, s'étant excrétée, l'engorgement parotidien s'est dissipé. La même chose a eu lieu sur quelques sujets atteints de salivation mercurielle. L'apparition d'engorgcmens parotidiens, sublinguaux ou sous-maxillaires, à la suite de graves maladies, est donc, dans quelques circonstances, un état organo-pathologique qui exige un traitement particulier, et qui ne doit pas è re considéré comme l'expression d'une affection générale, ou comme un phénomène critique.

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