INSPECTION DES DENTS
la pousse de la dernière dent Irritant la gencive et la joue, l'épaississement et Tulcération de celles-ci ; et le mal est encore aggravé par le mâchement continuel des parties malades , qui résulte du rapprochement des dents.
1433. La joue est immobile dans la paralysie de la face ; alors les aliment restent entre cette paroi et les dents: si le malade souffle, le bucclnateur du côté sain se contracte seul , et la joue du coté malade reste tuméfiée par l'air. Ces circonstances dénotent , soit une paralysie des nerfs qui se distribuent au mnscle buccinateur, soit une lésion du cerveau en rapport avec l'origine ou les troncs d'où émanent ces nerfs
1434. L'inspection de la cavité buccale doit être faite au grand jour, ou à l'aide d'une bougie. La tête du malade est portée le plus possible en arrière , et on prend les précautions qui seront indiquées à l'occasion de l'exploration du pharynx (i Ssg). 11 est parfois impossible de faire ouvrir la bouche; cela a lieu, soit que les muscles élévateurs de l'os maxillaire inférieur se contractent avec énergie ( tétanos ) , soit qu'il y ait un engorgement qui rende impossible l'écartement des arcades dentaires.
1435. L'inspection des dents et des gencives est de la plus haute importance. Elle est aussi utile au médecin qu'au dentiste (1)
{0 On peut juger par l'examen des dents, mais d'une manière fort peu positive, de l'âge des enfans. Les livres d'anatomie donnent, sur ce sujet, de nombreux détails sur lesquels il n'est pas de notre sujet d'insister. Remarquons seulement qu'il ne faut pas croire à ces périodes fixes, assignées par les auteurs ix l'évolution des dents. Il y a ici autant de différences que de sujets : tel enfant est, à trois mois, aussi avancé pour la dentition, que tel autre à un an. L'éruption des dents de quatre ans et demie et celle de sept ans se font très souvent attendre, la première jusqu'à six, la seconde jusqu'à dix ans* La sortie de la dent de sagesse n'a fréquemment lieu qu'à vingt-huit, trente, et trente-six ans, éic. Certains vieillards ne perdent
1436. Toutes les fois qu'on est appelé pour im jeune enfant, âgé de moins de neuf à dix ans, et qui éprouve des accidens aigus dont la cause n'est pas évidente , on examinera si les dents sortent des alvéoles. Cette précaution éclaire le diagnostic et satisfait les parens dont on ne détruira pas les préjugés.
1437. Lorsqu'il s'agit d'une pharyngite, d'ulcération des amygdales, ou des piliers des voiles du palais, on notera l'état de la dent dite de sagesse ; bien souvent des médecins peu attentifs ont considéré comme vénériennes des solutions de continuité en rapport avec l'éruption des dernières molaires.
1458. L'examen des dents donne des notions assez positives sur la constitution d'un sujet. Des dents blanches , légèrement jaunâtres , bien rangées et saines se trouvent d'ordinaire sur des gens robustes et qui oe portent pas de maladies organiques des poumons ou du tube digestif; des dents belles, mais d'une teinte bleuâtre (blanc de lait) se font quelquefois remarquer ( quoique cela soit moins constant qu'on ne l'a dit ) , sur des personnes dont les poumons sont malades ; la carie des dents est fréquente sur les Individus faibles , et qu'on regarde comme scrophuleu^; etc
1439. Certains étals de dents ont été considérés comme annonçant des maladies déterminées. Leur sécheresse et les enduits noirâtres, fuligineux, qui les couvrent , ont été notés dans les fièvres graves. Ces
leurs dents que fort tard, etc. En un mot, il n'y a rien de fixe sur ce sujet, et l'on ne doit pas se prononcer avec assurance sur le nombre des années d'après l'inspection des dents. En général, le retard dans l'éruption des dernières dents est un signe que l'accroissement se fait encore. Des considérations d'anatomie comparée portent aussi à croire que les sujets dont les dents poussent plus tard doivent, toutes choses égales d'ailleurs, vivre plus long-temps que ceni sur lesquels le contraire a lieu.