Tome ii
96 EXPLORATION DE l'eSTOMAC.
cette sensation être très vive sur des personnes qui font des pertes de liquides , soit par les sueurs , soit par le dévoiement ou toute autre cause, et sur ceux qui digèrent assez mal pour ne pas pouvoir réparer ces pertes. Pour peu qu'il existe une aflfection aigué de Festomac, la faim cesse d'avoir lieu; mais aussi la phicgmasie de tout autre organe , accompagnée d'un mouvement fébrile , produit le même effet. Il suffit du moindre trouble circulatoire ou respiratoire pour anéantir l'appétit. Quelques enduits sur la langue, non-seulement ôtent le désir des alimens, mais encore , par le goût fade qu'ils produisent, ils inspirent un éboignement instinctif pour la nourriture quelle qu'elle soit. Souvent, sur un malade atteint d'anorexie (défaut d'appétit), il suffit de faire enlever les enduits linguaux avec de la crème de tartre pour que ce symptôme cesse. Une foule d'affections chroniques font perdre la sensation de la faim. On la voit se conserver dans des carcinomes de l'estomac, alors qu'une grande partie de cet organe, surtout vers le pylore, est détruite ou au moins profondément désorganisée. Dans plusieurs cas , et surtout dans trois d'entre eux, il m*a semblé que le défaut d'appétit avait coïncidé pendant longtemps avec l'altération profonde de la membrane muqueuse de la grosse extrémité de l'estomac : dans l'un, où il y avait des douleurs vives, cette partie était détruite , et la rate altérée formait le fond de l'ulcération; dans un autre, la membrane muqueuse était très ramollie à gauche , et sur le troisième malade, jeune homme robuste, et gui , du reste, avait présenté pour seul symptôme, du côté de l'estomac, une anorexie absolue, persistant pendant plus d'un mois, on trouva une ulcération de six pouces de long et de trois doigts de large, qui ©ccupait la même partie. Le défaut d'appétit pro-