APPETIT. FAIM
^iént, à coup sàr, dans certains cas, de ce que la digestiou ne s exécute pas , et de ce que les alimens restent dans ce viscère.
1617. L'appétit est susceptible de plusieurs modifications qu'il est bon d'indiquer. Des gens qui souffrent habituellement de l'estomac, des femmes atteintes do mélrorrhée (flueurs blanches), éprouvent fréquemment une sensation assez analogue à la faim , bien qu'elle en diffère. Ils la désignent ordinairement sous le nom de besoin. Cette sensation a souvent lieu lorsqu'il n'y a aucun appétit réel , et se retrouve fréquemment dans les dysgastronervies (troubles dans Faction de Festomac). Promptement soulagée par les alimens, en quelque petite quantité qu'ils soient, elle reparaît bientôt avec une nouvelle énergie. L'influence de l'appétit est souvent fort remarquable. On voit fréquemment les femmes éprouver un vif appétit pour certains alimens , et une sensation opposée pour certains autres. Aux jeunes filles chlorotiques, aux femmes enceintes , ce sont souvent les substances les mdins alimentaires ou les moins salubres qui plaisent le plus Les fruits verts, les acides, le sel, les viandes fumées, la salade, les cendres , le charbon même leur paraissent être d'un ^oût agréable , et les meilleurs alimens leur répugnent.
1618. Ce symptôme, sur une jeune fille, suffit quelquefois pour faire soupçonner l'invasion de la chlorose, ou bien, s'il s'agit d'une femme, Fapparition des règles ou la grossesse.
1619. Les signes que donne la faim , sont souvent utiles. Quelle que soit l'idée que Fon se forme sur ce qu'on a appelé la nature médicatrice , il faut avouer^ que le plus souvent, lorsque les alimens seraient inutiles ou dangereux, il y a non-seulement défait
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d'appétit, mais encore dégoût pour les substances alimentaires; que, sauf un assez petit nombre d'exceptions , la présence de lappétit et surtout son retour après sa disparition pendant un temps plus ou moins long, sont, en général, des signes assez certains de l'utilité de l'alimentation. Il faut ici distinguer soigneusement deux choses : d'une part, le besoin, résultat fréquent de l'habitude contractée de manger à heures fixes , et de l'autre , le véritable appétit. Le médecin exercé distingue très bien l'un de l'autre. Vous verrez, dans le premier cas, le malade vous importuner de ses réflexions et de ses craintes de faiblesse; plutôt triste que gai, il sera souvent difficile sur le choix de la nourriture qu'il refusera quelquefois au moment où vous la lui accorderez. Tous observerez au contraire, dans l'appétit réel, qu'un léger sourire a ordinairement lieu lorsque le médecin parle d'alimens, et que le malade refuse rarement ceux qu'on lui offre. Ces considérations souffrent du reste d'assez nombreuses exceptions, et il faut donner quelquefois des alimens , bien que l'appétit soit tout à fait nul et ne reparaisse pas. Que de fois, après avoir soumis le malade pendant quelque jours à la diète absolue , la faim ne se perd-t-elle pas d'une manière complète! la mort arriverait par inanition avant que l'appétit reparût. Souvent il suffit de faire prendre de faibles proportions de substances alimentaires pour voir cette sensation reparaître. ]Ne supposez donc pas, dans une maladie de long cours , qu'il faille nécessairement mettre à la diète absolue ceux qui ne vous demandent pas de nourriture , sans cela vous vous exposeriez quelquefois à laisser mourir vos malades de faim. Les charlatans réussissent souvent là où le médecin échoue, parce qu'ils alimentent, alors que des. hommes, d'ailleurs instruits,