GASTRITE
et cela sur une partie de l'épigastre où la piessimétrie fait reconnaître la présence de l'estomac. Cette douleur varie de caractère : elle est tantôt sourde , d'autres fois aiguë, ou encore pulsative, brûlante, etc. ; la chaleur est développée sur le même point; l'anorexie portée plus ou moins loin; nausées, vomissemens , soit de salive, soit de mucus , soit de bile , soit de substances alimentaires ou vénéneuses. S'il s'agit de celles-ci, l'analyse chimique sert à les faire reconnaître. Souvent il y a distension de l'estomac par des gaz et sonoréité à la percussion : d'autres fois, l'organe est assez irrité pour revenir beaucoup sur lui-même et occuper peu de place vers l'épigastre. A ces symptômes locaux , il faut le plus souvent, mais non constamment, ajouter : la soif, l'accélération des battemens de cœur et de la respiration, une chaleur vive, de la sueur, et de plus, si la maladie est aiguë et s'il y a polyhyperhémie, la rougeur des capillaires des membranes mu(|ueuses, et notamment de ceux de la langue. Lorsque la respiration vient à être gênée par suite de la gastrite , de la coexistence d'un coryza ou de toute autre affection qui cause le passage répété de l'air par la bouche, la surface linguale est sèche , et des enduits grisâtres , jaunâtres et variés s'y déposent. A ces phénomènes , se joignent fréquemment d'autres troubles fonctionnels , concomitans ou secondaires , tels que la céphalalgie , le délire; des douleurs contusives dans les membres, une urine sédimenteuse et rouge ( surtout lorsque le malade sue beaucoup) , et tous ces symptômes qui, réunis, constituent les signes de la gastrite , deviennent bien plus positifs par l'absence constatée de toute autre lésion : pneumonite , pleurite , hépatite, etc., qui pourrait donner lieu à un grand nombre d'entre eux.
HYPER-GÂSTRITE>
1645. Hyper-gastrite (gastrite très aiguë). Les symptômes et les signes précédens sont ici portés à un très haut point d'intensité. La douleur est souvent extrême, les vomissemens multipliés; les moindres ,|pbstances ingérées sont quelquefois rejetées très promptement, et les symptômes généraux sont extrêmement marqués, mais ils prennent des caractères divers suivant le degré d'ancienneté, d'intensité , ou suivant la nature de la cause de la maladie. L'hyper-gastrite qui suit l'ingestion des poisons de diverse nature , a des caractères généraux et particuliers en rapport avec les propriétés spéciales et délétères de ces mêmes poisons. ( F. le Traité de Toxicologie de M. Or fila
1646. Hypogastrite ''gastrite légère). Ici les symptômes sont peu prononcés et, dans une multitude de cas , peuvent être facilement confondus avec de simples cardialgies ou des gastropalhies symptomatiques. Les douleurs sont quelquefois très faibles ; la faim est conservée jusqu'à un certain point ; le premier abord des alimens est par fois plutôt agréable que pénible, bien que plus tard il arrive que leur digestion soit laboideuse. La soif est en général assez marquée. Des frissons , de la chaleur, une accélération dans le pouls , à des degrés quelquefois faibles, d'autres fois très marqués , se déclarent. Tels sont quelques-uns des symptômes de cette affection. C'est souvent en étudiant , sans opinion préconçue , les résultats de l'alimentation et de toniques ou d'adoucissans, et par une sorte d'expérimentation thérapeutique prudente, qu^on parvient à déterminer s'il s'agit d'une hypogastrite ou d'une autre affection.
1647. Gastrite chronique a le plus souvent les caractères de l'hypo-gastrite ; mais les symptômes
116 GÀSTRO MALAXIE.
de celle-ci se prolongent, et le moindre écart de régime ramène le maK Dans quelques cas , il survient des exacerbations fréquentes où les accidens de Phyper-gastrite se reproduisent. Il faut bien se garder de prendre, comme on Ta fait tç«>p souvent, les symptômes de gastropatriie, tels quel'anorexie, les nausées, les vomissemcns , les ulcérations de l'estomac, les cancers, etc., qui suivent l'abstinence prolongée, pour une gastrite chronique ( i ).
1648. Gastrite toxique. Son principal caractère est la découverte du poison et les circonstances commémoratives.
164s bis. Gastro-ma laxie (vâmoWissement âeVesiomac), ulcérations gastriques. Il est plusieurs lésions anatomiques de l'estomac qu'il serait fort important de distinguer de l'inflammation simple de cet organe à l'état aigu ou chronique. Tels sont les ramoUissemens gélatineux , pultacés , ou encore les ulcérations de ce viscère. Les ramollissemens sont souvent remarquables par la persistance des symptômes, par la continuité des vomissemens et , sur les jeunes enfans, par la coïncidence des accidens cérébraux. Ces caractères sont très loin, du reste, d'être suffisans pour permettre d'assurer qu'il s'agit plutôt d'une gastro-malaxie que d'une simple gastro-pathie. Quelle qu'en soit la cause, une circonstance qui peut faire soupçonner le ramollissement de l'estomac, c'est que les malades ont été long-temps soumis à une diète sévère. En effet , si l'on se rappelle que le siège du ramollissement occupe ordinairement la partie déclive, qu'une ligne de niveau le limite le plus souvent en haut et cor^
(1) Toutes les distinctions précédentes dans la gastrite ne sont point absolues, elles ne peuvent être établies que dans des cas extrêmes et bien tranchés, mais en^e ceux-ci il est une foule de degrés où il serait fort difficile de déterminer à quelle nuance de gastrite on a affaire.
GASTRORRHÉE.
respond à la hauteur des liquides contenus dans l'eslomac ; si l'on lient compte des faits observés par Hunier, Chaussier, M. Carswell , etc. , on est conduit à admettre que la gastro-malaxie est souvent le résultat de l'action des fluides gastriques sur la membrane muqueuse. Quant aux ulcérations, la persistance des accidens , et quelquefois des hémorrhagies gastriques , peuvent seuls les faire soupçonner.
1649. Gastrorrkée ( écoulement de liquide par l'estomac ). Pour un grand nombre de praticiens, celte affection est fréquente. Ils considèrent comme telle ou comme le résultat d'une augmentation de sécrétion gastrique : des vomissemens de matières muqueuses acides, qui ont lieu fréquemment le matin à jeun. M. le docteur Pruz a même publié sur ce sujet un mémoire très remarquable. Il est très difficile en réalité de s'assurer si ces fluides ne sont pas la salive qui a été avalée pendant la nuit. En somme , ils en ont tous les attributs. La percussion médiate, en faisant reconnaître la présence de liquides dans l'estomac, ne trancherait même pas la question ; car ces liquides pourraient n'être encore que de la salive. Le seul moyen de résoudre la difficulté , serait de faire rendre par la bouche, pendant un grand nombre d'heures, ou même pendant une nuit, toute la salive qui serait formée , et de voir ensuite si les vomissemens de matières acides auraient encore lieu le matin.
1650. G astrorrkagie {h.émdi{,émHQ ^ mélaena de certains auteurs ; écoulement de sang par l'estomac). V omissemement ou régurgitation d'un sang variable en couleur, rouge-vermeil s'il vient d'être formé et s'il provient des artères ; plus foncé s'il a coulé des veines ; noir s'il a séjourné dans l'es-
118 GASTRORRHAGIE.
tomac , et s'il a été long-lemps soumis à ractione des sucs qui s^y trouvent contenus , l'hémoi rhagie est précédée de nausées et ordinairement de sensations pénibles, de douleurs gravatives à l'épigastre et d'efforts de vomissement. S'il y a de la toux , elle ne survient qu'après les symptômes gastriques. Absence de signes positifs d'hémorrhagies nazale, buccale , pharyngienne , laryngienne, bronchique ou pulmonaire. Quantités variables de sang vomi r tantôt il est pur, tantôt il est mélangé avec des alimens, dernière circonstance qui éclaire beaucoup le diagnostic. Lorsque la gastrorrhagie est abondante : matité dans un espace étendu de l'épigastre. S'il y a des gaz coexistans dans l'estomac , variation de la matité et du niveau à Toccasion des changemens d'attitude du malade , et ces variations ont lieu dans l'étendue de l'espace occupé par l'estomac. Dans le même cas , bruit humorique , sensation de fluctuation à la main qui palpe l'épigastre , et de flot à l'oreille qui écoute. Fréquemment, selles de matières noires comme de l'encre et en quantité variable ; dans ce cas, matité dans les intestins. Quelquefois , circonstances commémoratives d'une lésion physique de l'estomac : contusions , plaies , corps étrangers avalés , etc. D'autres fois^ signes antérieurs d'une lésion organique de cet organe telle que le cancer, ou d'une hémorrhagie arrêtée ; phénomènes de polyanhémie.portés à un degré plus ou moins marqué , en raison de la quantité de sang perdu , en raison aussi de la terreur éprouvée par le malade; de là, pâleur subite, faiblesse du pouls, anencéphalohémie (syncope ) , etc.
i65o bis, Gastrocho lie (gSiStropaiihie bilieuse). Présence de la bile dans l'estomac , constatée par les
GASTRO-ARCTIE. 119
vomissemens de matières bilieuses , suivis de soulagement, par les signes plessimétriques qui font reconnaître dans cet organe des liquides qui y sont accumulés. (Epidémie de Limoges, décrite par M. Voisin). Le goût de la bouche est amer ; les symptômes généraux de la cholihémie (ictère), se déclarent à un faible degré , et il y a coexistence des signes de gastrite plus ou moins tranchés.
i65i. Gastro-arctie {reirécisseînenl de Testomac); elle peut être cardiaque ou pylorique. Dans la première, une sonde portée dans l'œsophage éprouve de la difficulté à parvenir dans l'estomac; du moins, en arrive-t-il ainsi lorsque le mal existe à un certain degré et que le diamètre de l'instrument est considérable; les alimens ne pénètrent pas parde-là le cardia; ils sont rejetés quelques secondes après leur déglutition : seulement, lorsque l'œsophage est dilaté au-dessus du point rétréci, ils séjournent quelque temps avant d'être vomis. La percussion fait trouver que l'estomac ou le , tube digestif sont très sonores ; quelquefois cepen- • dant ils sont tellement vides et rétractés qu'ils ne contiennent pas de gaz. Cela a lieu lorsque ce rétrécissement est presque complet; la faim est conservée, mais elle ne peut être satisfaite faute d'alimens; la nutrition languit et le marasme ne tarde pas à survenir. Du reste , le rétrécissement peut être de diverse nature : s'il est le résultat de contractions des fibres circulaires qui entourent le cardia, il est rarement de quelque durée; s'il tient à des tumeurs ou à de profondes ulcérations du tissu du pourtour de l'orifice supérieur de l'estomac, la sonde œsophagienne peut trouver la dureté qui correspond à ces affections. Il paraît cependant que dans certains cas on a cru reconnaître par le ca-
PYLORARGTIE*
thétérisme œsophagien, des indurations cardiaques qui cependant n'existaient pas. Il est évident que l'intensité des symptômes précédens est subordonnée au degré de coarctalion de l'orifice cardiaque.
1662. Dans la gastro-arctie py torique ou pylorarctie (rétrécissement du pylore), tous les signes précédens des rétrécissemens cardiaques manquent ; les alimens sont avalés avec facilité et restent souvent plusieurs heures, et même plusieurs jours dans l'estomac avant d'être vomis; ils sont rejetés dans un état de chymifîcationplus ou moins avancé. L'appétit est conservé; la matité plessimétrique fait reconnaître, avant les vomissemens, que l'estomac est rempli de toute autre chose que de gaz; des douleurs, quelquefois nulles et souvent très faibles, ainsi que l'ont souvent remarqué MM. Fouquieret Andral, précèdent l'action de vomir et semblent dépendre de la contraction des fibres musculaires gastriques; un sentiment de malaise insupportable et des nausées fréquentes sont les principales sensations que donne le viscère plus ou moins malade. Souvent après les vomissemens, beaucoup d'alimens restent dans l'estomac, comme la percussion plessimétrique en fournit la preuve. Fréquemment et lorsqu'il existe des ulcérations qui ont intéressé des vaisseaux, les matières vomies contiennent une substance noire semblable à de la suie ou à du marc de café, et qui n'est autre chose que du sang altéré. A ces accidens se réunissent souvent les signes physiques de la gastro-ectasie (i653). Si tout est vomi, les symptômes de maladie sont suspendus jusqu^à ce qu'une nouvelle digestion stomacale soit effectuée; mais ils reparaissent ensuite,
i653. Il n'est pas douteux que tous ces symptômes ne se dessinent, quelle que soit d'ailleurs la
PYLORARCTIE. 12 î
nature de la gaslro arctie ; mais certains caractères diagnostiques peuvent souvent servir à déterminer sa cause organique. Celte proposition est surtout applicable aux cas de tumeur squirreuse, encéphaloïde ou autre^ développée autour ou au voisinage du pylore. Dans ce cas, la palpalion trouve une masse irrégulière, bosselée, plus ou moinsarrondie, située sur le lieu qui correspond au siège ordinaire de rorifice inférieur de l'estomac. Si elle est très volumineuse, la percussion fait reconnaître, au-dessous du foie, de la matité et de la résistance au doigt. Il arrive par fois que cette tumeur, bien qu'appartenant au pylore, se retrouve vers l'ombilic ou audessous de lui, ou même un peu à gauche. C'est qu'alors l'estomac a éprouvé un véritable déplacement par suite du poids de la tumeur et des altérations de fonctions qu'elle a déterminées. Tantôt cette tumeur touche au foie, et d'autres fois elle en est séparée ; la palpation fait juger de ce fait, et la percussion trouve alors de la sonoréité entre le foie el la tumeur. Joignez à ces symptômes les signes géaéraux qui résultent de la présence ancienne d'un carcinôme, un faciès spécial (n* 1641), un amaigrissement porté souvent jusqu'au marasme, un ventre très plat, et vous aurez le tableau des principaux signes de cette terrible maladie.
1654. Quant à la gastroarctiepylorique due à une contraction des fibres musculaires, l'absence d'une tumeur appréciable à la main ou à la percussion , le peu de persistance dans les symptômes, leur apparition momentanée et leur disparition prompte , la fréquence des névralgies sur le sujet de l'observation, la constriction très marquée du sphincter de l'anus qui porte à croire que le pylore est dans le même état de resserrement, pourraient faire
122 GASTRO-EGTASIE.
soupçonner cette affeclion. Si l'on conservait des doutes sur ce sujet, il serait , peut-être , bon de se conduire d'abord dans la pratique , sous le rapport du pronostic et du traitement, comme s'il ne s'agissait que d'une affection spasmodique du pylore.
i655. Gastroectasie (augmentation de volume de l'estomac). Les caractères diagnostiques de cette affection sont les suivans : i° sonoréité tympanique très marquée dans une très grande étendue de la partie supérieure de l'abdomen, alors que l'estomac est distendu par des gaz. 2° Tout au contraire, lorsque beaucoup d'alimens ou de liquides sont contenus dans cet organe, soit que le malade vienne de les prendre, soit qu'ils y séjournent depuis longtemps, la matité est très marquée dans un vaste espace, et quelquefois s'étend jusqu'au pubis.
Bruit hydro-pneumatique au niveau des liquides contenus dans l'estomac, variant dans la circonscription de l'espace occupé par cet organe , et cela en raison des changemens de position du corps du malade qu'on examine. Ceci a lieu lorsque l'estomac contient à la fois des liquides et des gaz. 4^* Extension du lieu où ces signes sont fournis, alors qu'on fait prendre des quantités nouvelles d'alimens ou de boissons. 5" Dans quelques cas, l'épigastre fait entendre, à l'occasion d'une secousse imprimée au corps du malade, un bruit de flot très remarquable, et ce bruit est encore très sensible à la main qui palpe l'abdomen. Ceci a encore lieu lorsque des liquides et des gaz sont contenus à la fois dans Testomac. Enfin des symptômes de gastropatbie, d'agastronervie, ou de gastroarctie, et quelquefois enfin (comme cela ai rive aux hommes atteints de polyphagie) la possibilité d'engloutir dans un seul repas de grandes quantités d'alimens, se font remarquer.
DYSGASTRONERVIE.
1656. Dysgastronervie (troubles dans raclioîi nerveuse de l'estomac)^ Il est une foule d'états particuliers de l'estomac où il semble qu'il n'y ait d'autres lésions qu'une modification dans l'innervation. Ces affections sont peu connues; elles ont été, très à tort, réunies sous le nom de gastralgie. C'est, peut-être faute de mots, qu'on n'a pas ici mieux précisé les choses. Cependant, pour nous éloigner le moins possible des idées et du langage reçus , nous ne donnerons les caractères que de deux variétés de la dysgastronervie.
1657. 1° Gastralgie (douleur névralgique de l'estomac), Plusieurs des signes énumérés à l'occasion de l'hypogastrite lui sont communs avec la gastralgie; mais, dans celie-ci , les douleurs sont en général beaucoup plus vives, et ne sont en rien proportionnées à l'intensité des autres symptômes ; elles ont les caractères les plus divers, et consistent dans des sensations de tiraillement, de déchirement, de torsion, de chaleur, etc. En général, elles existent, surtout, lors de la contraction de la membrane musculeuse ; souvent elles s'étendent de l'hypochondre gauche vers le droit, et se propagent fréquemment, jusques vers la région dorsale. On a dit à tort que la pression de l'estomac ne les augmentait pas. Le contraire est souvent observé. Quelquefois Tabord des alimens dans l'estomac, en quelque petite quantité qu'ils soient, arrête la gastralgie d'une manière subite : parfois les substances nourrissantes , les vins généreux les calment et même, quelquefois, les guérissent au lieu de les exaspérer. Il arrive que les douleurs remontent vers l'œsophage et jusqu'à la gorge, ei alors le pharynx douloureux, au même degré et d'une même manière que l'estomac, ne paraît pas
124 ÂGASTRONERVIE.
rouge. Extension fréquente de la névralgie gastrique dans la profondeur des côtés droit et gauche du thorax , el quelquefois aussi vers les membres. Son retour est quelquefois périodique, et M. Andral en cite un cas remarquable. D'autres fois elle se déclare par accès très irréguliers dans leur retour. La gastralgie alterne souvent avec des névralgies de la tête, du tronc, des extrémités, et surtout de l'utérus (métralgie). C'est même là un de ses caractères diagnostiques les plus importans. Le vomissement est assez fréquent dans la gastralgie; mais rarement les alimens sont vomis. M. Jolly a cherché à établir , dans un tableau comparatif, qu'il est bon de consulter, les principaux caractères diagnostiques de la gastralgie el de la gastrite [Dict, med. prat. t. 9. p, 67).
i658. 2" j4 g astronerv te (^dé?a.ui d^SiClion nerveuse de l'estomac). Malheureusement on a confondu ce cas avec la gastralgie. Il en diffère notamment ; dans l'un , il y a défaut , et dans l'autre excès ou action anormale de Tinfluence nerveuse. Dans Tagaslronervie , la digestion ne se fait pas ou se fait mal'. Le plessimètre trouve l'estomac rempli d'alimens longtemps après leur ingestion. Cette affection est, avec des nuances variées, fréquente sur les hommes qui exercent beaucoup les yeux ou le cerveau ; sur ceux qui prennent des bains de pieds chauds après le repas; sur ceux qui sont tout à coup saisis d'une passion violente ou d'une maladie grave. L'indigestion est alors la conséquence de l'agastronervie , et cette indgestion a pour caractères les circonstances commémoratives de l'ingestion des alimens; la présence de ceux-ci dans l'estomac constatée par la percussion ; des éructations de gaz; souvent des vomissemens, et des
phénonièaes locaux et généraux de gastropalhie de l'estomac, telles que le pyrosis, la boulimie, le pica , etc.
§. 4- Exploration des intestins,
1669. Inspection. Le duodénum est trop profondement placé pour qu'on puissejuger du lieu qu'il occupe par Finspection desparois abdominales. Quant au jéjunum et à l'iléon , comme ils sont en grande partie superficiellement placés, et comme ils sont placés en général dans la partie moyenne et inférieure de la face antérieure de l'abdomen , il en résulte que leurs variations de volume peuvent en quelque sorte être reconnues, ou du moins supposées, par la saillie ou la dépression de l'espace auquel ils correspondent. ïl faut avouer cependant, que les gros intestins partageant souvent l'état de vacuité ou de plénitude des intestins grêles, empêchent ordinairement que la forme en rapport avec la masse de ceux-ci soit apparente à l'extérieur. Dans les cas d'aëro-entérecîasie (tympanite intestinale}, occupant les intestins grêles, on observe une tumeur remarquable faisant saillie au niveau de l'ombilic. Dans l'entéropatbie saturnine (colique métallique) et dans les affections où les intestins grêles sont en grande partie vides de gaz, les parois abdominales déprimées au centre touchent presquela colonne vertébrale. Sur des sujets très amaigris, on observe souvent au moment des contractions péristaltiques , des mouvemens apparens en rapport avec le siège des intestins.
1660. Il arrive, parfois, que les diverses parties du colon sont très distendues par du gaz et que les parois de l'abdomen sont d'une grande mollesse. Alors on voit la forme du ventre être telle, qu'il y a une saillie remarquable sur les points qui correspondent au gros intestin, c'est-à-dire, toutalentourde la masse du jéjunum et de l'iléon. C'est principalement vers le cœcum et FS iliaque que cette saillie de l'abdomen est marquée, ce qui s^explique par le grand volume de ces viscères , et par le peu de force des fibres musculaires de la paroi abdominale qui les recouvre. Lorsque les gros intestins sont vides de gaz, et lors même qu'ils contiennent une notable quantité de matières, on les voit souvent former en quelque sorte une dépression remarquable vers ces mêmes points, surtout lorsque les intestins grêles sont dilatés par des fluides élastiques.
î66i . Lorsque la masse entière du tube digestif contient beaucoup de gaz, ou que ceux-ci sont uniformément dans les voies alimentaires; alors l'abdomen présente une forme globuleuse et plus ou moins saillante. Il est des cas extrêmes où cette saillie est démesurément prononcée, et il est d'une grande utilité d'en tenir compte et de l'apprécier. Or, il est un moyen facile d'y parvenir : on suppose une ligne tirée directement de l'appendice xiphoïde au pubis (ligne sterno-pubienne), et regardant horizontalement et latéralement l'abdomen du malade, on apprécie très exactement de combien de pouces et de lignes le sommet du ventre dépasse cette ligne. J'ai tiré souvent, dans l'anhématosie par le refoulement du diaphragme, beaucoup de parti de ce mode d'exploration. Les mêmes considérations sont applicables à la distension des pa-
TALPATiON.
rois abdominales ou des intestine, quelle qu'en soit la cause.
1662. La palpalion du jéjunum et de l'iiéon se fait de la même manière que celle de Taorte abdominale (456 ) et de l'estomac. Elle fait apprécier d'abord le degré de chaleur, de sécheresse ou d'humidité des parties de l'abdomen qui corjrespondent à ces intestins. Par un sentiment de résistance , d'élasticité , elle porte à supposer que ces parties contiennent des gaz en quantité notable. Par une sensation de mollesse , par un défaut d'élasticité , elle conduit à croire que les intestins contiennent des liquides ; par la résistance marquée , ressentie par la main , elle fait reconnaître la présence de tumeur dans le mésentère.^ar une sensation de déplacement au-dessous de la paroi qu'on explore , elle porte quelquefois à juger des mouvemens que l'intestin exécute pour porter plus loin les gaz ou les matières qu'il contient , etc. Il arrive même que par la palpation , jointe à la pression et à certains mouvemens d'allée et de venue imprimés par la main aux parois de l'abdomen , on découvre des tumeurs arrondies et cylindriques formées par l'intestin que distendent des gaz ou des matières. Il faut bien se rappeler de ce fait et ne pas toujours croire à l'existence d'une tumeur carcinomateuse ou d'un corps solide dans Tabdomen , précisément parce qu'on trouve par la pression une masse arrondie ayant son siège sur un point correspondant à l'intestin grêle. Lorsque cet organe contiendra des gaz, la percussion donnant un son clair et de l'élasticité , fera d'ailleurs éviter cette méprise ; mais elle ne la préviendra que s'il renferme des substances pâteuses ou solides. Tel fut un cas observé à la Salpétrière, il y a quelques années : une anse
î 28 EXPLORATION DES INTESTINS.
inteslinale remplie de matières , renfermée entre deux rétrécissemens et de la grosseur d'un œuf de poule, formait à gauche de l'ombilic une tumeur où la percussion donnait lieu à une légère matité. A la mort seulement , on reconnut la véritable nature de cette affection.
1663. îl est assez rare que la pression , jointe à la palpalion des intestins grêles , y fasse découvrir îa présence de matières fécales , parce que cellesci y acquièrent en général fort peu de solidité. ïl n'en est pas ainsi pour les diverses parties du gros intestin. Là ^ se retrouvent souvent, surtout pour les trois dernières portions du colon, et principalement pour la dernière , des tumeurs dures , bosselées , inégales au toucher, tantôt bornées à un seul point, tantôt disséminées sur diverses parties de l'étendue du viscère : on y rencontre souvent des corps arrondis, peu volumineux, disposés en chapelet les uns à côté des autres, résistant au doigt qui les presse , et, se déplaçant soit par une pression plus forte, soit à l'occasion de la contraction péristaltique de l'inteâtin. Ils suivent assez exactement , dans leur progression ascendante, la direction connue du colon. Or, il est évident qu'il s'agit ici des matières contenues dans les gros intestins.
1664. Il faut surtout ne pas prendre pour une affection cancéreuse une tumeur cylindroïde, allongée, bosselée et assez résistante au doigt, que l'on trouve quelquefois sur les sujets maigres , et qui s'étend vers l'ombilicou au-dessous delui, d'un hypochondre à l'autre, ou offre encore une obliquité plus ou moins marquée. C'est en effet le colon dont il s'agit ici, et il est bon de se rappeler que cet intestin a des parois assez fortes et des fi-