SIGNES PHYSIOLOGIQUES SYMPTOMATIQUES
les provoquer. La souffrance.de Testomac s'étend souvent à une grande partie du tube digestif; mais alors il ne s'agit plus d'un symptôme ou d'un signe ; mais bien d'une extension de la phlcgmasie gastrique.
i636. Souvent, lorsque l'estomac est irrité, le foie augmente sa sécrétion et le fluide qu'il forme remonte dans le premier de ces viscères. — Celui-ci , lorsqu'il est distendu par des gaz ou des subtances alimentaires, comprime le foie de bas en haut, soulève le diaphragme et diminue d'autant la capacité de la poitrine. — Un déplacement du même genre peut avoir lieu à gauche pour la rate. — L'accélération, la force, la dureté dans les battemens du cœur et par conséquent dans le pouls , sont fréquemment les symptômes de la souffrance plus ou moins aigûe de l'estomac, ^ — Rarement ces accidens, du côté des organes circulatoires, ont lieu dans la gastropathiechroniqvie; car on voit l'estomac être en partie détruit par un carcinome ulcéré, sans qu'il en résulte de fièvre. — L'estomac distendu par des substances, n'importe lesquelles, soulève le cœur et détermine souvent sur certains hommes, un sentiment de suffocation, des palpitations, ou une dyspnée qui doit être considérée comme une des affections nombreuses réunies sous le nom d'asthme. — C'est surtout dans le cas où des gaz distendent l'estomac , sur des personnes dont le ventre est volumineux et dont les tégumens doublés de graisse sont résistans, que ce symptôme se fait observer. — Dans ces mêmes cas , la respiration est gênée, et il est impossible qu'il en soit autrement, quand le diaphragme, refoulé vers l'estomac, s'abaisse avec difficulté. — On assure que certains caractères de toux dépendent de la souffrance gastrique et l'annoncent : telle est une petite toux sèche, répétée, consistant en un petit nombre d'ef-
1 U) 5iXPL0HÂTI0N DE LESTOMAC
forts expirateurs, et qui semble céder à des moyens dirigés vers le Uibe digestif. Piemarquez cependant que, pour ies hommes qui savent bien explorer les voies aériennes, il n'est qu'un bien petit nombre de cas qui puissent se rapporter à la toux gastrique, car dans ceux ou on la soupçonnait, on trouve le plus souvent, dans les bronches où le poumon, la raison anatomique de Fexistence de cette toux.
1637. La gastropathie aiguë, accompagnée de congestion sanguine, décide souvent une vive chaleur sur la région épigaslrique et sur les points qui correspondent à restomac. Plus tard, nous reviendrons sur l'exploration de la température de la peau dans les diverses parties du corps. — A l'occasion d'une gastrite, il y a souvent des frissons, de la chaleur et de la sueur, et il est impossible que cela ne soit pas , puisque la circulation et la a^espiration sont troublées , comme il a été dit précédemment, à roccasion de la souffrance gastrique. Remarquez , du reste , que la fièvre ou la réunion de tous ces troubles variés de circulation , de respiration , de calorification et d'exhalation n'est qu'un phénomène commun à une infinité de lésions d'organes différens ; que l'estomac n'a aucune prérogative pour la produire, et que dans une foule de cas où les symptômes dont il s'agit existent, l'examen des fonctions, et plus tard du cadavre, ne font pas découvrir de traces de gastropathie.
1638. La somnolence, la céphalalgie, l'encéphalohémie , le délire, les convulsions, etc. , peuvent être symptomatiques des affections de l'estomac; mais ici il y a une foule d'influences anatomiques et physiologiques susceptibles de produire ces effets multiples. C'est ainsi que , îout en admettant
SYMPTOMFS CEREBRAUX. îll
que la gastrite puisse, par la médiation du système nerveux , ou si l'on veut, par un phénomène sympathique , se communiquer au cerveau , il n'en faut pas moins convenir qu'une foule de troubles dans l'action cérébrale pourront suivre des accidens gastriques non inflammatoires. C'est ainsi que l'estomac, rempli d'alimens, de gaz, ou induré et épaissi, comprimera l'aorte et favorisera une encéphalohémie , ou même une encéphalorrhagie ; que la gêne de la circulation et de la respiration précitées pourront occasionner le même fait ; que les substances alimentaires ou les poisons absorbés et portés avec le sang dans les vaisseaux cérébraux y exerceront une action délétère, etc., et que les maladies de l'estomac qui exigent l'abstinence prolongée, ou qui font perdre des liquides, pourront déterminer, par cela même, une diminution dans la quantité du sang et être ainsi la source de syncopes à des degrés divers, et par suite de convulsions ou de délire, etc. Croire que ce soit en stimulant l'estomac d'une certaine manière, que l'alcool ou certains poisons susceptibles d'être absorbés causent le délire, ce serait oublier que la simple injection de ces substances dans l'appareil circulatoire produit les mêmes phénomènes. Ainsi, rendons justice aux travaux d'une écolejustement célèbre , mais n'adoptons pas des idées qui ne sont plus de notr'fe temps et que ne défendrait pas sans doute actuellement, dans toute leur extension , l'homme habile qui les a d'abord émises.
1639. La gastropathie a souvent pour symptôme une douleur sus-orbitaire ou orbitaire, qui se retrouve dans certaines affections névralgiques ^l'iralgie, par exemple). Elle est située en dehors et non au dedans du crâne et ne dépend pas
l\2 EXPLORATION DE l'eSTOMAC.
ordinairement du cerveau, mais bien des nerfs, soit de la cinquième paire , soil du ganglion ophtalmique. Ce sujet sera traité ailleurs avec plus d'étendue. Avouons seulement ici que cette douleur n'indique pas, à coup sûr, une souffrance gastrique; car on la retrouve dans des cas très différens de ceux où l'estomac donne lieu à des signes réels de maladie (i).
1640. Disons-en autant encore de certaines altérations de sensations, telles que des vertiges, des éblouissemens, des tintemens d'oreilles et surtout des douleurs générales et conlusives , de la faiblesse des muscles, de la fatigue spontanée, des courbatures enfin, qui se déclarent dans les premiers temps d'une foule de maladies, et qui, tout en se rencontrant fréquemment dans la souffrance de l'estomac, ont également lieu dans la pneumonite , la pleurite , etC: Remarquons seulement avec M. Andral [Cliniq, Médic. t. 2, p. i58), que ces phénomènes généraux sont quelquefois dans la gastrite, plus prononcés que les symptômes locaux eux-mêmes.
1641 . Enfin, la physionomie prend, dans les maladies chroniques de l'estomac , et notamment dans le cancer, une expression toute spéciale dont il est bon de dire ici un mot , et qui est si importante à noter, que dans quatre cas^ a la Clinique, où il n'y avait que des symptômes 'très vagues de gastropathie cancéreuse , elle porta à annoncer l'existence de celle-ci, constatée plus lard par la nécroscopie. 11 s'agit d'une pâleur spéciale , d'un teint terne et jaunâti e , de joues caves et
(1) M. Andral a cité cependant plusieurs cas de névralgie des membres, de la tête ou de la peau qui se manifestaient d'une manière plus évidente , alors que la gastrite dont les malades étaient atteints, venait à s'exaspérer. (Cliniq. méd., tom. 2, pag. i58,)
GASTROPATHIE , GASTRITE. I 1 3
amaigries, de lèvres assez saillantes entourées d'un sillon profond et très marqué (Jadelot ) , de rides prématurées , d'une traction par en bas de la commissure des lèvres , et tout cela joint a une €xpression de tristesse idéfînissable , à un découragement extrême et à un haut degré de faiblesse et de maigreur générales. Du reste, pour juger de la physionomie, et pour reconnaître les caractères diagnostiques qu'elle présente, ce n'est pas un livre qu'il faut consulter, mais c'est la cHnique démontrée par un professeur habile.
SPÉCIAL ET COMPARATIF DES ETATS ORGANO- PATHO- LOGIQUES DE l'estomac.
1642. Gastropathie (souffrance de l'estomac, considérée en général ). Cette dénomination peut être donnée à toute affection caractérisée par des symptômes locaux ou généraux qui annoncent que l'estomac souffre , tels que la douleur gastrique , l'anorexie ou des troubles dans l'appétit ; la difficulté ou le défaut de chymification ; la chaleur de l'épigastre; les nausées et des vomissemens d'alimens ou de liquides variés ; des troubles divers de circulation, de respiration, d'action cérébrale ou musculaire, augmentant surtout à l'occasion de la digestion stomacale, etc.
1643. Gastrohémie (congestion sanguine de l'estomac ). Il serait difficile, dans l'état actuel de la science , de donner des caractères diagnostiques précis d'un semblable état anatomique.
1644» Gastrite (inflammation de l'estomac), douleur augmentant ou non par la pression, la percussion , ringestion des boissons ou des alimens,