TOME u. g
EXPLORATIOH DU l'iNTESTIN.
eux en renvoyant pour les expériences et pour le manuel opératoire aux ouvrages spéciaux sur ce sujet :
1667. i"" Les gros intestins donnent, par la percussion médiate qui seule, peut, dans ce cas, être pratiquée avec fruit , un son clair, s'ils contiennent des fluides élastiques; mat, s'ils renferment des substances solides ou liquides ; un bruit humorique ou hydro-pneumatique, s'ils contiennent h la fois des liquides et des gaz. En même temps le doigt qui percute trouve de l'élasticité si l'organe renferme des fluides élastiques ; de la résistance, s'il contient des substances solides ; un loucher pâteux , s'il s'agit de matières molles. En général, l'intensité du bruit tympanique , donné par l'intestin correspond à la dimension de ces organes. De ces faits , résulte une série d'applications diagnostiques fort importantes.
1668. 2** Dans l'état normal , les diverses parties du colon remplies de gaz , donnent un son plus clair que l'intestin grêle , et cela est surtout vrai du cœcum et de l'S iliaque. C'est surtout quelque temps après la digestion stomacale que le jéjunum et l'iléon donnent lieu à des sons plus obscurs que ceux qui sont fournis par les gros intestins.
1669. 3" D'après ces données et d'après les notions anatomiques connues sur la situation des diverses parties du tube digestif (1), on peut déterminer, par les diverses natures de son qu'on obtient, la place qu'occupent dans l'abdomen les différen-
(1) Le gros iotestiiî est le plus souvent disposé presque circulaîrement autour de l'intestin grêle: de telle sorte que commençant en bas et à droite, il passe au-dessus du jéjunum et de l'iléon pour redescendre à gauche, se plonger dans le bassin et se termin.er à l'anus.
PERCUSSION DE l'iNTESTIN.
les parties du tube digestif et préciser quels sont leurs rapports avec tel ou tel point des parois.
1670. 4° Les injections dans l'anus de liquides (dont la quantité est proportionnée a la hauteur à laquelle on désire obtenir dans l'intestin des variations de son), servent encore mieux à déterminer, par la percussion , la place qu'occupe dans l'abdomen telle ou telle partie de ce viscère. Les sensations de sonoréilé et d'élasticité éprouvées par le doigt qui percute les points où parvient le liquide indiquent en effet que les régions de l'abdomen qu'on explore sont occupées par le gros intestin , et si les sons ne varient pas, malgré les injections abondantes, on peut en déduire , lorsque rien d'ailleurs n'indique qu'il existe d'obstacles au passage des matières, que l'estomac ou les intestins grêles sont situés sur ce point. On peut limiter ain^i l'étendue qu'occupent les anses intestinales qu'on examine.
1671. 5° Lorsque l'on vient à changer la position du malade , la matité ou le bruit hydro-pneumatique en rapport , l'un avec la présence de liquides, l'autre avec celle de liquides et de gaz
I dans les gros intestins, reste dans la même place, i ou ne change ordinairement de position qu'avec lenteur. Toutefois , quand les matières sont très I aqueuses, le déplacement peut être assez prompt; mais il n'a jamais lieu alors que dans des espaces limités et qui correspondent aux gros intestins. C'est le contraire pour l'hydro-péritonie , dans laquelle le son peut devenir mat sur la région de l'abdomen correspondante à l'intestin grêle , lorsque la région ombilicale est déclive par rapport aux autres parties du tronc.
1672. 6" L'augmentation de la sonoréité de l'ab-
domen , dans toute l'étendue de celui-ci , annonce en général que les intestins sont distendus par des gaz abondans. Ce symptôme est quelquefois très grave.
1673. 7° La présence d'une sonoréité anormale, exagérée, dans l'intestin grêle , tandis que les gros intestins donnent lieu à de la matité, indique que des gaz distendent les premiers de ces viscères , et souvent que des matières stercorales existent dans les seconds et gênent l'expulsion de ces gaz.
1674. 80 En général , une matité très marquée de la dernière portion de l'intestin grêle , lorsqu'en même temps les gros intestins sont très sonores et très élastiques , conduit à penser que le jéjunum et l'iléon sont rétractés et revenus sur euxmêmes ( ce qu'on observe quelquefois à la suite d'une vive inflammation ) et que des gaz distendent les gros intestins. Dans ce cas, la matité des intestins grêles peut être également due à l'accumulation des liquides dans leur cavité. Il est difficile de distinguer cette circonstance de la simple rétraction de ces viscères. Toutefois , comme la présence de matières dans le jéjunum et l'iléon doit nécessairement augmenter le volume de ceuxci , il en résulte que la dimension de l'espace qu'ils occupent sera pluis considérable dans les cas de stercorentérectasie , (dilatation de l'intestin par des fécès), que dans ceux de simple rétraction. La présence du bruit hydro-pneumatique dans l'intestin grêle, est ici un document précieux pour y faire admettre la présence de liquides et de gaz.
1675. 90 Une matité prononcée dans le cœcum et dans rS iliaque , sont d'excellens indices de la constipation. Si cette matité est accompagnée d'une sensation de résistance au doigt, les matières sont