‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 48 sur 101 · TOMB II · texte numérisé non relu

TOMB II

tenue dans i'estomac ou altérée, modifie ce viscère et l'irrite. Ce fluide agit tellement dans le même sens sur les intestins, qu'il n'est pas de physiologiste qui n'attribue à quelques-uns de ses principes la propriété de stimuler l'intestin et de favoriser ainsi les excrétions alvines. Or, ce qu'on admet, alors même que la bile n^est pas altérée , il faut bien le croire aussi pour les cas où elle est modiQée par la maladie ; aussi voit-on les vomissemens et les évacuations alvines surtout, se répéter un grand nombre de fois et coup sur coup , lorqu'à la suite d'obstacles au cours de la bile et de distension de la vésicule , ces obstacles sont détruits, et que le fluide arrive en abondance dans l'intestin. Des faits du même genre se manifestent dans certaines choli-entérorrhées (diarrhées bilieuses ) qui se manifestent dans l'hépatite ou dans d'autres hépatopathies.

1862. Mais il y a ici un cercle de causes et d'effets, et bien qu'il soit vrai de dire que les maladies du foie et les altérations de la bile peuvent occasionner des gastro-entérites, il n'est pas moins certain non plus que des inflammations gastrointestinales se communiquent fréquemment au foie. C'est ainsi que les phlegmasies du duodénum s'étendent aux conduits d'excrétion de la bile et de là au parenchyme hépatique ( Casimir Broussais ), et causent ainsi la rétention de la bile et la cholihémie. Ce phénomène est le résultat des mêmes lois que celles qui réunissent dans un accord synergique de fonctions la membrane muqueuse buccale et les glandes salivaires; la conjonctive et la glande lacrymale; lois en vertu desquelles la stimulation d'une membrane muqueuse est ressentie par les glandes chargées d'y verser des produits sé-

GASTIIO-ENTÉROPATHIES.

crélés. — Remarquez que le tube digestif agit aussi sur le foie d'une manière mécanique , puisqu'il le refoul fréquemment de bas en haut. — Ajoutez encore à ceci que par des communications nerveuses ou vasculaires, ou par la propagation d'une maladie cancéreuse du foie à l'estomac et au duodénum, ou de ces viscères à la glande biliaire, il y a souvent influence de la souffrance de l'organe hépatique sur les voies digestives et réciproquement.

1863. Ce qui est vrai des maladies irritatives , l'est également des affections où il semble que l'action vitale soit moins énergique ; c'est ainsi que l'inertie des intestins, leur défaut de stimulation seront loin de déterminer la formaiton d'autant de bile, et d'une bile aussi excitante que le pourraient faire des intestins irrités, et que, pai* contre, une bile albumineuse, dépourvue de principe amer, de résine, etc., sollicitera beaucoup moins que toute autre les contractions intestinales.

1864. Il résulte de tout ceci que dans les symptômes donnés par le tube digestif , il est souvent fort difficile de dire quels sont ceux qui indiquent une maladie primitive du foie , et ceux qui dépendent d'une lésion préalable des voies digestives. Dans des cas pareils , la marche de la maladie éclairera souvent le praticien, et il sera important de rechercher quels sont, des phénomènes gastro-intestinaux ou hépatiques , ceux qui se seront montrés les premiers. On trouvera le plus souvent, avec M. Broossais , et contradictoirement à l'opinion de îa plupart des médecins anglais, que les premières causes de maladies auront agi sur le tube digestif^ et qu'aussi les premiers symptômes devront lui être rapportés. Une indigestion

OU des alimens excîtans , auront , par exemple, le plus ordinairement porté leur action sur les voies alimentaires j des douleurs abdominales auront eu lieu, et ce sera plus lard seulement que l'hépatite se sera déclarée.

1865. Toutefois, il faut le dire, on voit quelquefois survenir la série de phénomènes suivans : Symptômes d^hépatohémie, suites d'une polyhyperhémie ou d'une maladie du cœur, ou encore d'hépatite causée elle-même par une violence extérieure; plus tard, troubles dans les digestions, et phénomènes de gastro-entérite.

1866. Ainsi, il y a du vrai dans les deux opinions précédentes, et cela dans des proportions qu'il est fort difficile de déterminer. Reste à particulariser les faits et à dire dans l'espèce qui se présentera : c'est le foie ou c'est le tube digestif qui a commencé à être malade. Or, ce sera, comme nous l'avons dit^ la marche de la maladie et l'examen attentif des états organo-pathologiques exislans qui pourront seuls éclairer la question.

1867. Quoiqu'il en soit de la solution de celleci , voici des faits que la clinique consacre journellement : dans l'hépatohémie , souvent l'appétit se perd. — Dans l'hépatite, on observe fréquemment la coexistence de la gastro-entérite. — Un grand nombre d'hépatopathies sont accompagnées de vomissemens. — Dans l'ictère , les digestions languissent , mais s'exécutent quelquefois mieux qu'on ne pourrait le croire, et cela arrive même lorsque les obstacles au cours de la bile paraissent être presque complets. — Lorsque le fluide biliaire est abondamment versé dans le duodénum, il y a des vomissemens et des évacuations bilieuses fréquentes. — S'il arrive que la bile soit dépourvue

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de ses principes amers et actifs, la rareté des selles est souvent observée. — Les maladies cancéreuses du pylore et du foie existent très souvent simultanément. — Les diverses hépatopathies dans lesquelles la circulation est gênée dans le foie, sont parfois suivies d'fiémorrhoïdes (1786). — Les selles abondantes et aqueuses , ont très ordinairement pour résultat un décroissement dans le volumedu foie. — Lorsque existaient des symptômes d'ictère, des selles abondantes et bilieuses , qui surviennent tout à coup , causent souvent une diminution prompte dans l'hyperhépatotrophie. — Dans les gastroentéropalhies aiguës, on voit quelquefois des vomissemens et des évacuations bilieuses abondantes déterminer une remarquable amélioration dans les symptômes que le tube digestif présentait, elc.

1 868. Parmfles affections aiguës du foie , il n'y a guère que Fhépatite qui , parfois , soit suivie d'accidens cérébraux , et encore cela n'arrive-t-il que dans les cas où elle est très intense et parla médiation de la circulation et de la respiration. Alors même, ce sont les altérations dans le sang, dans l'action du cœur et dans l'hématose , déterminées par l'hépatite, qui causent la somnolence , le délire, etc., et ce n'est pas à une influence directe du foie malade sur l'encéphale , que ces jphénomèues sont dus. On ne voit pas que la résorption de la bile , dans la cholihémie , cause le moindre accident cérébral , et si , dans les fièvres dites bilieuses, on voit survenir ^/^s symptotnes nerveux ^ ce ne sont là que des coïncidences , des complications , et nullement un effet de la présence de la bile dans le sang. ^

1869. Dans les coups portés sur la tête , dans les chûtes faites sur cette partie, d'un lieu élevé, on

voit souvent survenir des phénomènes d'hépatite et des abcès au foie. — Ceci est un fait incontestable^ et il ne faut pas que le praticien l'oublie toutes les fois qu*appelé pour un individu qui a reçu quelque violence extérieure sur l'encéphale ^ il voit celui-ci se plaindre d^éprouver la moindre douleur dans la région du foie. L'explication de ce même fait n'est pas facile à donner, mais l'opinion de M.Richerand, fondée sur des expériences , que ce n*est pas à une relation sympathique, mais bien à une lésion simultanée du foie et du cerveau que cette coexistence de lésion doit être rapportée, nous paraît le plus probable. Encore une fois, on ne voit aucun rapport direct de souffrances entre i'encéphale et le fôie. Les idées récentes de Dance sur la phlébite et sur la résorption du pus, ne rendent pas raison , suivant nous, de la coexistence de l'encéphalite traumatique et de la pyohépatite (hépatite avec suppuration ). Dans des cas, en effet, où le pus ne pouvait être encore formé dans le cerveau , et où rien n'y indiquait sa présence , on a observé des abcès dans le foie , et Ton se demanderait toujours pourquoi , dans ces observations , la phlébite aurait été de préférence se porter dans les veines hépatiques qui dépendent du système vasculaire sus-diaphragmatique, et non pas dans celles du poumon qui , situées au-dessus du diaphragme , ont beaucoup plus de connexions avec les vaisseaux du cerveau, 1870, Les maladies du foie ont quelques symptômes en rapport avec les organes des sens : telles sont l'amertume de la bouche, qui paraît être bien plutôt en rapport avec la présence de la bile dans l'estomac et avec la régurgitation de celle-ci, qu'avec la choîihémie, suite des affections hépatiques. Dans l'ictère en effet, le goût n'est pas amer. Tel est encore ce

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