‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 50 sur 101 · SPÉCIAL ET GOMPARATIF DES ÉTATS ORGANO -PATHO- LOGIQUES DU FOIE · texte numérisé non relu

SPÉCIAL ET GOMPARATIF DES ÉTATS ORGANO -PATHO- LOGIQUES DU FOIE

1872. lo Hépatc^athie (souffrance du foie considérée en général ) .

1873. 2° Hépatohémie , (congestion sanguine du foie ) 5 augmentation dans le volume du foie reconnaissable , dans certains cas , à l'aide de la palpation et le plus ordinairement de la percussion ; en général, l'accroissement de l'organe a lieu dans tous ses diamètres : en hauteur, en largeur, en épaisseur. Celle-ci se reconnaît principalement par la matité et par la résistance ressenties au doigt qui percute. C'est le plus souvent sur tous les points de l'étendue de la glande hépatique et d'une manière uniforme, que l'augmentation de volume a lieu. Le foie présente alors de 6 i;2 à 8 pouces de haut en bas et en hauteur, sous Faisselle; de 4 pouces i;2 à 7 pouces sous le mamelon ; de 5 à 6 pouces à Fépigastre et il s'étend largement à gauche de la ligne médiane. Dans beaucoup de cas il touche à la rate. L'accroissement du foie congestionné peut du reste infiniment varier, et suivant ses degrés, il peut mériter la dénomination d'hyperhépatohémie ou simplement d'hé*patohémie. — En général, la forme de la glande biliaire, tant qu'il n'y a que congestion sanguine, n'est pas altérée. Le dessin que l'on en trace en limitant sa circonférence correspond exactement à ce que l'anatomie apprend sur la configuration de ce viscère. Il

^ peut se faire que les divers lobes et notamment que le droit soient partiellement hyperhémiés, et partant augmentés de volume. Ceci est beaucoup moins fré-

MEPATOHÉMIE.

quent et ne se rencontre guènî qu'à la suite âe maladies plus graves du foie , telle que l'hépatite , des calculs qui gênent le cours de la bile, des tumeurs qut mettent partiellement obstacle à la circulation hépatique.— L'influence des saignées générales sur le volume du foie dans l'hépatohémie est très prononcée, Presque immédiatement après l'évacuation du sang il y a une diminution du foie par en haut, par en bas, et notamment sur le côté gaucho. Il arrive même que cette diminution est proportionnée à la quantité de liquide extrait. Ainsi , la phlébotomie est un moyen précieux de diagnostic dans l'hépatohémie , comme aussi elle en est le principal moyen de traitement. Rarement y a-t-il dans l'hépatohémie d'autre douleur que de la gêne, de Fembarras , et la sensation d'une barre transversale vers les hypochondres , et principalement à droite et dans l'épigastre. Parfois existe aussi un sentiment de tiraillement vers le diaphragme , et de pesanteur sur le tube digestif, lorsque le corps du malade est dans la station ; et vers le côté gauche , quand son corps repose sur cette partie. — A ces caractères locaux se joignent le plus souvent un plus ou moins grand nombre de symptômes suivans : circonstances commémoratives ou actuelles de polyhyperhémie , de constitution pléthorique, d'omission de saignée, de suppression d'hémorrhagies habituelles : telles que la menstruation ou le flux hémorrhoïdal ; nourriture succulente non compensée par des évacuations jour^nalières^ — Gêne dans la circulation à travers le cœur, produite par : la polyhyperhémie, les retrécissemens des orifices, la faiblesse des contractions cardiaques, ou toute autre cause. — Passage difficile du sang à travers le poumon, causé par la bronchorrhée spumeuse (ii52), occasionnant elle-même l'anhéma-

HËPATIÏE.

tosie, ou déterminé par d'autres anhématosies , par la pneumohémie, par la pneumonite, etc. — Gêne, troubles de la respiration et de la circulation; en général , le pouls est plein, fort et développé, rarement fréquent. — L appétit est nul, on voit survenir la plupart des symptômes de la polyhyperhémie (843) , qui prennent beaucoup plus d'intensité , lorsque le foie a prêté autant que possible à la congestion dont il est atteint ; tendance marquée aux hémorrhoïdes sur Thomme , et à la métrorrhagie sur la femme, etc.

1874. Hépatite [inûdimmsiùon du. foie). La plupart des caractères précédens sont applicables à l'hépatite; mais celle-ci, surtout à l'état aigu (hyperhépatite), a de plus des symptômes qui lui sont propres. Rarement occupe-t-elle toute l'étendue du foie. — L'accroissement de volume qu'elle présente n'est pas, en général, égal sur les divers points du foie; de-là des variations dans la forme de cet organe. Les dimensions de celui-ci peuvent être aussi grandes ou plus grandes même que dans Fhyperhépatohémie, mais on n'observe pas toujours cette proportion décroissante de volume à partir du côté droit jusques vers l'épigastre qu'on trouve dans celleci. — En général , les points enflammés de l'organe sont ceux où l'on observe un accroissement de volume qui en altère la forme. Les saignées font bien diminuer les dimensions du foie, mais ce n'est peut-être pas d'une manière aussi prompte que dans î'hépatohémie. — La douleur est en général plus ou moins vive ; elle consiste dans des battemens , des élancemens et dans une grande sensibilité à la pression. Ce dernier caractère est surtout prononcé à l'épigastre et sur les points où les côtes ne recouvrent pas le foie. La douleur correspond

HEPATITE.

d'ordinaire aux points où l'hypertrophie est la plus prononcée. — S'il se manifeste des abcès profonds, il est fort difficile de les découvrir par des signesphysiques» S'ils sont superficiels ou s'iisdeviennent tels après avoir été profondément placés , on les trouve, soit à la face inférieure du foie, soit sur l'hypochondre , soit même aux lombes , et ils ont pour caractères la tumeur et la fluctuation centrale, entourée d'une circonférence engorgée. — Si on les ouvre , ou si le pus sort spontanément, ce liquide a quelquefois , mais non pas toujours à beaucoup près , la couleur lie de vin qu'on lui attribue.— Quelquefois les abcès s'ouvrent dans les intestins, les voies aériennes, etc., et ils sont alors suivis de l'évacuation du pus par ces parties. On les a vus se faire jour dans le péritoine et occa* sionner ainsi une péritonite mortelle. Dans un cas que j'ai observé , un abcès du foie , ouvert dans la veine cave inférieure, causa une mort prompte. — La pyohépatite (hépatite avec suppuration ), alors qu'elle est profonde , n'a quelquefois pour caractère que des petits frissons semblables a ceux qui surviennent dans la phlébite et qui paraissent tenir à une même cause : l'altération du sang. Les douleurs, dans l'hépatite, semblent parfois s'étendre vers l'épaule et le bras droits. — A Tinflammation du foie, se joignent le plus souvent les symptômes de l'hémite (853) dont l'intensité varie en raison du degré de la phlegmasie viscérale, et aussi des prédispositions du sujet. — L'hépatite simple n'est suivie de cholihémie (ictère) qu'autant qu'il y a quelque coïncidence d'obstacle au cours de la bile , obstacle déterminé soit par l'altération dans la forme du foie , qu'aurait causée l'inflammation , soit par quelque complica-

252 chrono-hÉpatite.

tion de calculs biliaires ou de tumeurs. — Les digestions sont encore plus troublées dans l'hépatite que dans Thépatohémie ; il y a souvent des vomissemens bilieux qui persistent ; une gêne dans la respiration et dans la circulation, causée soit par suite de la douleur, soit par suite aussi de l'augmentation dans le volume du foie qui met obstacle à l'abaissement du diaphragme. — Joignez à ces symptômes les circonstances commémoratives de violences extérieures portées sur le côté, de chutes d'ua lieu élevé ou sur la tête ( dernier accident, souvent suivi d'abcès lalens du foie), et vous aurez les principaux caractères de l'hépatite à l'état aigu,

1876. La chrono-hépattte , ou hépatite chronique ^ présente la plupart des caractères de l'hépatite aiguë ; mais à un moindre degré , et avec une tendance marquée à persister. Presque toujours il y a dans ce cas quelques altérations organiques profondes , telles que des tumeurs cancéreuses , tuberculeuses , des altérations de texture dans les granulations sécrétoires, ou encore des calculs biliaires qui entretiennent la maladie. Aussi , observe-t-on souvent à sa suite des phénomènes généraux en rapport avec des altérations du sang ( cholihémie, pyohémie, hémopathie cancéreuse, tuberculeuse). Il est rare qu'il ne se manifeste pas aussi : de la diarrhée en rapport avec la souffrance des intestins ou de l'estomac, secondaire elle-même à l'hépatopathie ; des selles de bile altérée et une émaciation, résultat du trouble que les digestions éprouvent et des pertes de liquides qui ont lieu.

1876. Hépatorrhagie ^ ou hémo-hépatorrhagie (hémorrhagie du foie, apoplexie hépatique). Celle*

HYPERHÉP àTOTROPHIE.

ci , dont on lit plusieurs observations remarquables dans la clinique de M. Andral, ne peut guère être reconnue pendant la vie. Cependant, s'il survenait brusquement une énorme augmentation dans le volume du foie; si, sur les points occupés par cet organe, une fluctuation profonde avait lieu en même temps ; si des symptômes d'bémorrhagie interne et de polyanhémie se déclaraient , et surtout si , à la suite de signes d'iiyperhépatohémie , survenait brusquement une gastro- entérorrhagie avec diminution dans les accidens existans du côté du foie, on pourrait soupçonner l'existence de Phépatorrhagie.

tS']']^ C ko lihepatorrhéé ( écoulement de bile du foie ). On ne peut donner ce nom qu'à l'évacuation beaucoup plus abondante qu'à l'ordinaire du fluide sécrété par le foie.

1878. Hyperhépatotrophie ( augmentation de volume du foie ). Ses symptômes et ses signes ont été indiqués à l'occasion de l'hyperhépatohémie. Remarquons seulement qu'il est des cas où le foie offre une dimension de beaucoup supérieure à celle qui a été indiquée. Je Tai trouvé par la percussion^ et plus tard par l'autopsie cadavérique, correspondant médiatement ( le poumon étant interposé ), ou immédiatement aux parois dans une hauteur de douze à quinze pouces. Presque toujours, alors, il s'élevait très haut dans le thorax et à quelques pouces seulement de la clavicule. Le poumon était refoulé en haut et en arrière. Dans l'hépatotrophie qui n^est pas due à une congestion, l'organe ne diminue pas ou diminue peu sous l'influence des saignées. Le lendemain de Févacuation sanguine la plus abondante , il est presque aussi gros que la veille.— Très souvent, il y a ici deâ

254 hÉpatalgie.

altérations de forme et des inégalités de volume entre les diverses parties du foie. C'est tantôt le lobe gauche, tantôt le droit , qui sont hypertrophiés. L'accroissement dans les dimensions de la glande hépatique dépend souvent de plusieurs altérations organiques. Parmi celles-ci, il faut surtout noter les productions cancéreuses , ou les tubercules qui s'y développent. Il est fort difficile d'établir le diagnostic de ces deux altéralions du foie. Toutefois , on peut soupçonner que i'hyperhépatolrophie est de nature cancéreuse : lorsque cet état organo - pathologique existant depuis long-temps, se manifeste après la quarantième ou la quarante-cinquième année ; lorsque d'autres affections cancéreuses ont précédé ; lorsqu'il y a des douleurs lancinantes (ce qui s'observe moins souvent qu'on ne l'a dit); lorsque la main sent à la surface du foie des bosselures et des inégalités ; lorsqu'il y a coexistence des symptômes de gastropathie ou d'entéropathie cancéreuses , tels que des vomissemens , des selles de matières noires , des tumeurs , etc. ; lorsqu'on trouve cet état particulier d'anhémie auquel on a donné le nom de cachexie cancéreuse. Les tubercules , dans le foie hypertrophié , seront soupçonnés : quand l'âgedu sujet sera de quinze à trente-cinq ou quarante ans; lorsqu'il y aura des signes de pneumopalhie tuberculeuse et de pyohémie chronique comme il en survient chez les phthisiques; lorsque des abcès froids surviendront dans le foie, etc.

1879. Hépatalgie [douleur névralgique du foie ). Elle est fort peu connue. La plupart des douleurs hépatiques sont le résultat d'altérations âms le tissu de cet organe , et non pas de lésions inappréciables dans ses nerfs. On peut tout au plus soup-

CHOLICYSTITE.

conner que les plexus qui se distribuent à la glande biliaire sont atteints de névralgies : i° lorsque la douleur dans le foie est périodique ; 2" lorsqu'elle succède à des névralgies observées ailleurs , ou lorsqu'elle co-existe avec elles; 3° lorsqu'elle ne reconnaît aucune lésion appréciable dans la forme , dans le volume, dans les fonctions du foie; 4» lorsqu'on s'est bien assuré que les organes voisins de la glande biliaire , tels que la plèvre , le périloine , le diaphragme , les muscles des parois , l'estomac, etc., ne sont pas eux-mêmes le siège de la souffrance observée. Même malgré tous ces caractères, il est arrivé de trouver à la nécroscopie des lésions organiques qui avaient , pendant la vie , causé la douleur. Fréquemment la percussion médiate a permis de constater une hyperhépalotrophie due à la congestion , dans des cas où l'on aurait été porté à croire qu'il s'agissait de douleurs névralgiques. Gela a eu fréquemment lieu sur les femmes à l'approche de leurs règles. Il faut cependant noter ici que souvent l'on voit survenir sur les personnes atteintes de métralgie des douleurs dans l'hypochondre droit, qui semblent être en rapport avec la souffrance utérine. Les coliques hépatiques ne sont pas , à coup sûr , une souffrance nerveuse prise dans le sens d'absence de lésions organiques , car elles paraissent le plus souvent dépendre d'affections matérielles variées des voies biliaires, du foie, etc.

1880. Hépatopathie cancéreuse^ ou képatosarcomie ; hépatopatliie tuberculeuse j ou hépatostrumosie. Voyez l'article hyperhépatotrophie ( n"* 1 878).

1881. Choiicystïte^ cystite biliaire, (Inflammation delà vésicule biliaire). Elle est fort peu connue^ et auraitpoursymptômes : une douleur plus ou moins

256 GHOLEDOCITE.

vive existant sur le lieu où l'anatomie, la percussion et la palpation démontreraient la présence de la vésicule du fiel (806, 1824). On ne voit pas que dans les cas où les conduits seraient exempts de lésion, il dûtyavoir cholihémie; car rien n'empêcherait alors le liquide sécrété par le foie de parvenir dans l'intestin. Du reste , la cholicystite primitive doit être fort rare, et elle est presque toujours consécutive aux affections des conduits cholédoque , hépatique , ou à la présence de calculs dans sa cavité ou dans celle des conduits excréteurs de la bile. Elle peut être la suite de coups , de chûtes, de blessures. Il est probable que les coliques, dites hépatiques ont souvent leur siège dans la vésicule biliaire. Des abcès peuvent suivre l'inflammation de celle-ci ; des symptômes d'hépatopathie , de gastropathie , des troubles dans la circulation , doivent fréquemment accompagner la cholicystite.

1882. La cholédocite (inflammation do conduit cholédoque) peut être soupçonnée lorsqu'à la suite des symptômes d'une duodénite , surviennentl'ictère (868), des accidens d'hépatopathie (1872), et la dilatation de la vésicule du fiel qui peut ellemême s'enflammer consécutivement (1881 jet donner lieu aux symptômes indiqués dans le paragraphe précédent.

1883. C ho licystiect a sic [àhieusion de la vésicule du flel). Les caractères de cette tumeur ont été indiqués au n^ 1824. 1

i\!i^l\,Cholédociarctle (rétrécissement, oblitération | du conduit cholédoque). Elle a pour caractères : les i circonstances commémoratives d'une duodénite (1740), ou d'une cholédbcite (1882), qui man-" quent s'il s'agit d'une oblitération causée par des calculs; la coexistence, dans certains cas de tu-

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