EXAMEN MICROSCOPIQUE
deux extrémités. A la première inspection microscopique, on ne le distingue des globules purulens sphériques au milieu desquels il est plongé, qu'à cet allongement de son corps.... Dans quelques circonstances, on est assez heureux pour voir ces animaux marcher, se porter d'un côté à l'autre; alors il n'est pas possible que les yeux n'en soient pas frappés du premier coup, etc.... Souvent, on les voit seuls, mais, plus souvent encore, ils sont réunis en groupes, etc. Lorsqu'on examine avec un grossissement de 260 à 3oo fois, en se servant d'une lampe, si le jour est sombre, on ne tarde pas à reconnaître que l'animal est muni , à son extrémité antérieure , d'un long appendice filiforme, extrêmement ténu , qu'il agite avec force et en tous sens, et qui paraît lui servir, tant à toucher les objets, qu'à chasser vers un point de son corps où il existe probablement une cavité, le liquide et les parcelles servant à sa nourriture. Cet appendice est quelquefois bifurqué. Au-dessous de cet appendice, et d'un seul côté, le corps de l'animal est légèrement tronqué et déprimé; en ce point existent d'autres prolongemens, beaucoup plus courts, plus difficiles à apercevoir : ce sont des espèces de cils au nombre de trois, quatre ou cinq, etc. (Pages 21 et suivantes). L'existence de ces animalcules est une chose constatée ; d'une part, on ne peut révoquer en doute le talent d'observation et la loyauté de M. Donné; et de plus, les hommes les plus honorables ont été témoins des faits dont il s'agit.
2879. Sur vingt-quatre femmes affectées de vaginite blennorrhagique non douteuse, et dont près de la moitié portaient même à la fois d'autres symptômes siphylitiques, tels que chancres, bubons,,
506 EXPLORATION DE l'oTERUS ET DU VAGIN.
pustules muqueuses, végétations, etc., dix-neuf présentaient un nombre considérable de tricomonas dans la matière purulente de leur écoulement. M. Donné ne s'est pas assuré si les cinq autres sur lesquelles il n'avait pas rencontré ces animalcules, n'avaient pas fait des injections capables de les détruire. On:?e de ces malades , indépendamment de la rougeur de la muqueuse vaginale et de l'écoulement purulent , avaient des altérations du col h divers degrés , depuis la tuméfaction, la rougeur et l'érosion, jusqu'à des ulcérations granulées. Malheureusement, M. Donné ne s'est pas assuré si des femmes atteintes d'écoulemens purulens non suspects, n'offraient pas de trico-monas dans les liquides vaginaux , et il est même arrivé que dans les matières d'une vaginite chronique, considérée par M. Hervez de Chégoin comme non siphylitique, des animalcules semblables se sont trouvés.
2880. Les trico-monas se rencontrent surtout dans les écoulemens purulens acides, dont il sera bientôt parlé, et paraissent périr lorsqu'on a recours à des injections alcalines. Jamais, suivant M. Donné (page 44)i 1^ trico-monas n'a été vu dans le muco-pus du col utérin ; ce médecin suppose ailleurs cependant que ces animalcules peuvent causer les picotemens et les démangeaisons qu'éprouvent certaines femmes dans les parties profondes de la génération, (p. 36). (1).
238i. Ces faits, s'ils sont confirmés par de nouvelles recherches des micrographes et des méde*
(1) J'ai cru devoir transcrire les faits observés par M. Donné, parce qu'il arrive trop souvent qu'en croyant rendre compte des idées d'un auteur, on se méprend sur ses opinions et on lui fait dire ce qu'il n'a pas dit.