‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 8 sur 101 · ENDUITS DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

ENDUITS DE LA LANGUE

thérapeutique. Lorsque ces enduits sont grisâtres , épais , d'une mauvaise odeur, on pense aux saburres gastriques ou à l'embarras muqueux; lorsqu'ils offrent une teinte jaune, c'est l'état bilieux qu'on se représente ; lorsqu'ils sont noirs, on songe à i adynamie ; s'il y a peu ou point d'enduit, et si des symptômes cérébraux , accompagnés de fièvre , coexistent , plus d'un praticien songe à l'ataxie. Or, dans le premier cas , on donne souvent l'ipécacuanha ; dans le second, l'émétique; dans le troisième, le quinquina; tandis que dans le quatrième, la place du muscj du camphre et du castoréum se trouve marquée. C'est ainsi que , faute de s'occuper de la physiologie des symptômes, on fait une médecine empyrique, dénuée de tout positivisme.

1456. La source des enduits de la langue est la salive qui se dessèche ; le mucus buccal y entre pour fort peu de chose. Si l'on recueille de la salive d'un homme en parfaite santé, et si Ton fait dessécher à une température de 32 degrés, on obtient toutes les apparences possibles des enduits, depuis celui blanchâtre et puîtacé de la fièvre , dite muqueuse , jusqu'aux enduits plus jaunes de la fièvre bilieuse, ou à ceux presque noirs des fièvres dites putrides; il suffit, pour que ces diverses apparences se présentent , de quelques circonstances un peu différentes , d'un dessèchement plus prompt ou plus lent , ou d'un séjour plus ou moins prolongé à l'air, etc.

1457. Si l'on prend du tartre des dents alors qu'il est de consistance molle, et qu'il n'est pas complètement desséché , puis, si on le compare aux enduits linguaux, on voit qu'il leur ressemble parfaitement. Desséché, il devient noirâtre comme eux; il a une fétidité fort analogue à la leur, et qui rappelle celle d'une dent cariée. L'odeur désagréable des enduits

de la langue, qu'on désigne sous le nom de gastrique, n indique pas l'emploi des purgatifs, car elle est due seulement à la putréfaction de la salive. Dans une foule de cas où il n'y avait aucun symptôme gastrointestinal, îalangue était couverte d'enduits épais très fétides, et qui offraient les couleurs précédentes. Si la bouche était restée peu de temps ouverte, ou si l'absorption seule s'était emparée d'une partie seulement de la sérosité de la salive, Fenduit était grisâtre. Celui-ci se colorait au point de passer au noir, pour peu que la bouche restât béante plusieurs jours de suite, et que le dessèchement devint complet; Ja même chose avait lieu pour les enduits des dents et des lèvres^ et si l'on prenait de ces enduits et si on les étendait d'eau , ils devenaient moins noirs , et reprenaient l'aspect blanchâtre ou jaunâtre qui , d'abord, avait été observé, etc.

1458. Mais bien plus, dans les cas cités plus haut (1454)9 des dents manquaient, les enduits étaient noirs sur le passage de l'air et grisâtres ou jaunâtres ailleurs ; on a vu de ces enduits épais et noirs dans de simples varioles avec oblitération du nez , quand du reste aucun symptôme grave n'existait, et il n'y en a pas eu dans un très grand nombre d'entérites îyplîohémiques des plus graves, même jusqu'au moment de la mort.

1459. il est arrivé qu'au plus fort d'une affection typhohémique , et lorsque les enduits étaient noirs , on avait enlevé ceux-ci avec la crème de tartre ; audessous la langue était saine ; le mucus ne contenait

* pas de sang, et la salive était claire. D'autres fois, à force de sécheresse et par suite de la cassure des enduits Jalangue saignait, ce quicoloraitenrouge brunâtre la couche qui la recouvrait. La fissure de la croûte avait entraîné celle de l'organe, et si l'on enlevait les

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