‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 7 sur 101 · SÉCHERESSE, HUMIDITE DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

SÉCHERESSE, HUMIDITE DE LA LANGUE

la circulation et de l'hématose plutôt que celui du tube digestif.

1452. D'après ces considérations, il est difficile d'admettre comme positives les assertions suivantes, qui sont généralement en faveur : une langue nette et très rouge annonce une inflammation très violente. Si elle devient rouge , sèche , luisante vers la fin des maladies aiguës et dans les maladies chroniques, on doit craindre une inflammation nouvelle. La consistance ligneuse de la langue accompagne une irritation fortement prononcée, etc.

1453. L'état habituel de la langue est d'être humectée de salive. Dans les maladies il est fréquent que la surface de cet organe soit sèche, ce qu'on a considéré comme vin signe d'affection inflammatoire , et notamment de gastro-entérite. Cette sécheresse est le résultat de l'évaporation de la salive, due au passage de l'air sur la face supérieure de la langue. Il ne faut pas l'attribuer à un défaut de sécrétion salivaire, ou à un excès d'absorption. Voici quelques faits à l'appui de ces propositions : i° dans un nombre très considérable de cas où la langue était sèche, il y avait oblitération des narines et passage forcé de l'air par la cavité orale ; 2° dans d'autres existait une affection plus ou moins aiguë des organes respiratoires qui rendait le besoin de respirer plus fréquent , augmentait le besoin d'air, et portait le malade à respirer par la bouche; 3° d'autres fois encore une maladie du tube digestif gênait l'abaissement du diaphragme, activait la respiration et forçait ainsi à ouvrir largement la cavité orale, à l'effet de recevoir plus d'air dans un temps donné; 4° sur plusieurs de ces derniers malades le foie était hypertrophié et gênait la respiration abdominale; 5° sur d'autres c'était le météorisme qui déterminait le même effet ;

6° souvent il y avait une pneumohémie coïncidante qui augmentait encore la gêne de la respiration , et , par conséquent, l'activait et portait le malade à ouvrir automatiquement la bouche. D'un autre côté , dans une foule de cas où les vomissemens , la diarrhée ne permettaient pas de méconnaître une gastroentéro-pathie, et lorsque la respiration était peu altérée, la langue n'était pas sèche.

1454. Ajoutez à ceci : 1° que dans quatre cas où les dents canines et incisives supérieures manquaient d'un côté, sur des malades atteints d'entérite grave, la langue était sèche exclusivement d'un côté, et cela dans la direction du passage de l'air, à partir de l'ouverture buccale jusqu'au pharynx ; l'autre côté était couvert d'enduits humides ; 2° que sur une femme une seule dent incisive manquait, et que ce fut seulement derrière le lieu qui livrait passage à l'air, et que cette dent aurait dû occuper, que se trouvait une sorte de sillon desséché ; 3° que sur des malades dont la langue avait été constamment humide , bien qu'il fussent atteints d'entérite grave , il arriva plus tard que des mucosités desséchées bouchèrent l'orifice antérieur des fosses nasales, ou que des amygdales tuméfiées produisirent en partie le même effet. Or, dès le lendemain la langue était sèche. Qui ne sait d'ailleurs que la langue est sèche quand , par une cause quelconque, on a dormi pendant quelques heures la bouche étant ouverte ? Ainsi la sécheresse de la langue n'indique rien autre chose , si Ce n'est que l'air a passé largement ou fréquemment par la bouche. Reste à déterminer, au lit du malade, quelle est la cause anatomique de ce fait.

1455. Encore une fois , les enduits de la langue sont actuellement, pour la presque totalité des médecins, la source des indications les plus positives en

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