‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 83 sur 101 · ANTÉ VERSION · texte numérisé non relu

ANTÉ VERSION

distinction à établir. Tantôt rhémorrhagie se fait rapidement, en quelques minutes, en quelques heures ou en quelques jours; alors surviennent tout-àcoup un état anhémique général, un pouls faible, imperceptible, une pâleur extrême, des anencéphalohémies (syncopes), etc. Tantôt elle a lieu assez lentement pour que la femme répare en partie par l'alimentation et les boissons le sang qu elle perd journellement; alors se dessinent des phénomènes d'hydrohémie , une pâleur spéciale, un affaiblissement marqué, etc. ; c'est ce qu'on remarque surtout lorsqu'à la suite de la métrosarcômie (cancer utérin) se déclarent des pertes journalières ou fréquentes, mais médiocrement abondantes. Il arrive même que des écoulemens blancs et prolongés entraînent par fois des accidens semblables, etc.

2450. La matrice est susceptible de divers déplacemens : dans l'un, antéversion , le corps de l'utérus est incliné en avant , vient peser sur la vessie, et la femme éprouve alors des envies fréquentes d'uriner; la palpation vaginale fait alors trouver que le col utérin est incliné en arrière et que sa surface est toutà'fait dirigée vers le rectum. Dans cet état pathologique, le coucher sur le dos soulage. Dans un autre cas {rétroversion)^ le col utérin, incliné sur le rectum, tombe en arrière ; le col est dirigé en avant; il y a des ténesmes et des pesanteurs pénibles sur le fondement. Le coucher sur le ventre soulage d'ordinaire les femmes atteintes de rétroversion. D'autres fois, la matrice est plus basse qu'à l'ordinaire, ( prolapsus utérin,, chute de matrice) , et les degrés de cet abaissement varient depuis quelques lignes jusqu'à la sortie au dehors de l'utérus presque entier. C'est encore au toucher et parfois à l'inspection simple à constater l'existence de cette lésion. Quand la tumeur fait

ÏIYPERMÉTROTROPHÎE,

saillie au dehors on ia reconnaît et on la distingue de toute autre affection utérine, par la présence de l'ouverture du col, et à ce que le sang des règles s'échappe par cet orifice. Les malades, dans les divers degrés de prolapsus utérin , éprouvent la sensation d'un corps qui semble tirer l'abdomen et même l'estomac par en bas ; elles se plaignent d'une faiblesse extrême, de défaillances^ de nausées, etc. Ces accidens cessent lorsqu'elles reposent sur un plan horisontal et reparaissent lorsqu'elles sontlevées. J'ai observé que le coucher sur le ventre calmait très vite les douleurs et pouvait même, s'il était suffisamment prolongé 5 avoir une influence thérapeutique heureuse. C'est surtout le soir, dans la station, lorsque la femme marche, que les symptômes sont les plus marqués. En même temps se prononcent souvent des besoins d'uriner et de rendre les fécès en rapport avec la compression de la vessie et du rectum. On voit aussi survenir d'autres phénomènes de métropathie tels que la métrorrhée , la métrorrhagie, etc. Si un ou deux doigts sont portés dans le vagin et soulèvent l'utérus, les malades éprouvent en général un soulagement marqué. Le plus souvent, mais non constamment ont existé les circonstances commémoratives d'un accouchement , et surtout d'un défaut de repos au lit dans les jours qui ont suivi la parturtion. Il sera bon pour avoir plus de détails sur ces affections, de consulter les ouvrages qui ont Irait aux accouchemens et aux maladies des femmes. u> ♦>

24 5 1 . Métrotrophie ou liypermétrotrophie (augmènlalion du corps ou du col de Tutérus); i° hypermétrotrophie du corps, La palpation fait découvrir dans l'hypogaslre, et quelquefois beaucoup plus haut dans l'abdomen, une tumeur volumineuse ordinairement

HYPERMETROTROPHIE. 551

globuleuse, occupant le plus ordinairemenl la ligne médiane , parfois inclinée à droite ou à gauche. Tantôt la surface en est lisse, égale ; tantôt, surtout dans le cas de carcinômes et de tumeurs fibreuses utérines faisant saillie à la surface externe de l'utérus, (voyez le beau travail de M. Roux sur les corps fibreux de la matrice), elle est bosselée ou irrégulière sur les points divers de son étendue. La palpation vaginale trouve que le corps utérin est pesant, souvent abaissé; le doigt éprouve de la difficulté à le soulever. Si l'on pratique en même temps le toucher, soit par le vagin, soit par le rectum et la palpation hypogastrique, on trouve que la masse hypertrophiée est continue depuis le vagin jusqu'au bas-ventre, et que le soulèvement imprimé d'un côté est ressenti de l'autre- La percussion trouve une matité correspondante à l'étendue de la maladie; cette matité présente souvent vers les divers points de l'espace où on la rencontre, des degrés divers de résistance ou de mollesse au doigt qui percute; quelle que soit la position du malade, le son mat est fixe dans le lieu qu'il occupe. La forme de l'espace où on le rencontre est en général arrondie. A droite, à gauche, au dessus de la tumeur, se rencontrent les sons tympaniques propres aux intestins. Pour ne pas commettre d'erreur, il faut d'abord bien vider la vessie d'urine , car la matité produite par le réservoir que distendrait le liquide, pourrait être prise pour la matrice dilatée. Dans les cas où l'utérus ne fait pas de saillie au-dessus du détroit supérieur, et lorsqu'on s'est assuré que les gros intestins ne contiennent pas de matières, la matité observée sur le pubis au niveau des trous sous-pubiens, sur les côtés du sacrum, peuvent fournir quelques documens sur les

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