‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 94 sur 101 · TOME II. 4<J · texte numérisé non relu

TOME II. 4<J

EXPLORATION DU PERITOINE.

poids , les veines du bas-ventre et du bassin , etc.

2601. Mais les affections du péritoine agissent encore sur l'organisme par les pertes de liquide qu'elles causent. Ces pertes de liquides ont lieu tantôt rapidement, d'autres fois lentement , et de là des phénomènes variés et des symptômes fort différens. Dans l'hyperpéritonite, vous verrez parfois se former brusquement des collections séropurulentes très abondantes, et tout à coup le pouls sera alors extrêmement petit et misérable ; les veines paraîtront vides et les poumons seront très sonores. Ce sera une anhémie rapide qui , trop fréquemment, aura pour suite une prompte mort. Dans d'autres cas, le liquide ne s'accumule que lentement , et les symptômes précédens sont moins marqués. Dans l'hydro-péritonie, survenue lentement, le malade répare chaque jour, par des boissons ou l'absorption pulmonaire, une partie de la sérosité épanchée, et alors le défaut de sang ne se manifeste pas d'une manière évidente. Cependant, il y a fréquemment alors plus de matière animale, plus d'albumine déposée dans l'abdomen qu'il ne s'en forme pai' l'alimentation journalière ; de là cet état aqueux du sang, si fréquent sur les hydropiques , et qui n'est pas la conséquence des saignées qu'on .a pu pratiquer, mais bien de la déperdition journalière, parle péritoine, des principes nutritifs du sang.

2602. A ces pertes de liquides, il faut rapporter le défaut de sécrétion urinaire qui ne manque pas d'avoir lieu dans l'hydropéritoni^; cette urine, rouge , bourbeuse , qui est observée dans bien des cas; cette sécheresse de la peau, qui contraste si bien avec la bouffissure générale ; de là encore, résulte cette soif si vive dont les malades sont tour-

mentes et qui est un des symptômes les plus pénibles de l'ascite. — ï! est évident que les malades perdant à chaque instant la sérosité du sang , par suite du dépôt qui s'en fait dans le péritoine , il doit en résulter un vif besoin de boissons. C^esl un bon signe, dans Fhydropéritonie , de voir la soif diminuer. — Rapportez encore aux pertes de liquides, l'exténuation prompte, la maigreur réelle, malgré la bouffissure apparente, la faiblesse marquée de ceux qui sont atteints d'hydropéritonie ; rappelez-vous , enfin , qu'indépendamment des troubles cî^rculatoires et respiratoires que peuvent causer mécaniquement les collections séreuses ou les affections douloureuses du péritoine. Il est inévitable que les pertes brusques de liquides qui se font dans la membrane séreuse abdominale, soient pour beaucoup dans la faiblesse rapide , dans la petitesse du pouls , etc. , qui surviennent aux malades atteints d'hyperpéritonite.

26o3. Les affections péritonéaîes chroniques , surtout lorsqu'elles sont accompagnées d'un dépôt considérable de liquides altérés dans la cavité séreuse, peuvent être suivies de la résorption de ceux-ci et de leur mélange avec le sang ; de là une série de phénomènes généraux, une fièvre continue avec paroxismes le soir, et émaciation successive. ( Yoyez Farticle pyohémie du Traité de Médecine pratique ) .

2604 II fant encore admettre que les inflammations du péritoine peuvent agir sur les vaisseaux sanguins et sur la circulation, soit par suite de la propagation de la phlegmasie aux capillaires veineux et lymphatiques , soit par la présence dans ceux-ci des liquides résorbés. Aussi voit-on la phlébite, l'angio-lymphyte sur la femme, socc^é-

EXPLORATION DU PERITOINE.

der ou coïncider fréquemment avec la péritonite. On ne peut pas non plus se refuser à croire que les vives souffrances de la péritonite puissent occasioner, dans le système nerveux, des symptômes plus ou moins graves.

2605. De ces influences nombreuses et complexes combinées entre elles, résultent un grand nombre de symptômes locaux ou généraux, observés dans les maladies du péritoine : le dépôt fréquent de liquide dans les bronches et la difficulté ou le défaut de leur expectoration; Tanhématosie produite et par cette dernière cause et par le refoulement du diaphragme; la polyanhémie et l'altération du sang, etc. Aussi voit-on, dans Thyper-péritonite, le faciès être profondément altéré, le délire survenir et la mort avoir lieu avec un ensemble des symptômes plus ou moins terribles. Nous verrons d'ailleurs, dans les tableaux suivans, l'ensemble des phénomènes fonctionnels propres aux diverses affections péritonéales.

2606. Remarquez que les affections du péritoine sont beaucoup plus souvent consécutives et symptomatiques que primitives ; que la péritonite puerpérale est certainement liée à un état spécial du sang et de l'utérus ; que beaucoup d'autres hyperpéritonites résultent de la perforation de quelques V iscères ou de la présence de matières irritan tes dans la cavité de la membrane séreuse; que lapéritonipathie tuberculeuse est souvent enrapportavec une pneumostrumosie ; que Tascite se déclare souvent comme symptôme dans les maladies du cœur, des gros vaisseaux, du foie , des reins, delà rate et des autres viscères abdominaux, etc. Toutes les fois donc qu'il s'agit d'une péritonipathie, il faut d'abord rechercher quelle a été la cause organique

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de celle-ci et établir, non seulement le diagnostic de l'hydropéritonie, de la péritonite, etc., mais encore celui des lésions organiques dont elles sont le résultat. ( Voyez à ce sujet les paragraphes qui traitent des maladies des organes do«t il vient d'être fait mention),

SPÉCIAL ET COMPARATIF DES PRINCIPAUX KTATS ORGANO^ PATHOLOGIQUES DU PERITOINE,

2607. Péritonipathie ( souffrance du péritoine , considérée en général ).

2608. Péritonite (inflammation du péritoine), circonstances commémoratives de quelque cause physique et mécanique, telles que plaies pénétrantes de l'abdomen, coups, chûtes, portés ou faites sur cette partie ; tumeurs ou viscères creux ouverts dans la cavité du péritoine ; existence préalable de l'entérite typhohémique ou d'un cancer de Testomac, de l'utérus , suivis des signes de perforation , etc. ; douleur très vive de l'abdomen , augmentant le plus souvent par la pression et la percussion ; les points les plus douloureux correspondent en général aux parties les plus malades. C'est dans les flancs , Fhypogaslre qu'elles sont souvent les plus intenses. Elles sont exaspérées au moindre mouvement et au plus léger effort. Dégagement considérable de gaz dans les intestins,d'où résulte une saillie remarquable du ven-

PElUTONlTi:.

tre qui est leiidu , balionné; ies aiuscles abdominaux sont le plus souvent contractés de telle sorte que le ventre paraît très dur alors qu'on veut le toucher. Dans certains cas, cette dureté des muscles est partielle et correspond aux points ies plus malades. La percussion donne , dans les premiers temps, un son extrêmement clair et une élasticité marquée; plus tard, mais souvent très promptement, se forment des épaDchemens séro-purulens. Alors, matité sur la partie à laquelle ils correspondent; défaut d'élasticité au doigt qui percute. Le déplacement du son mat par le changement de position, se fait lentement et souvent ne se fait pas ; ce qui est le résultat des adhérences qui se sont établies et de la viscosité du liquide. Quelquefois, on circonscrit très bien avec le plessimètre les^ points où Fépanchement abdominal est limité. Quand la couche de liquide est mince, on entend souvent, par la percussion, le bruit humorique. Si répanchement devient très considérable, alors le déplacement , par suite du changement de position du malade , a lieu comme dans Thydropéritonie. Alors aussi, la fluctuation se fait sentir. La mensuration démontre aussi une augmentation dans le volume du venke. L'auscultation , dans les premiers temps, donne, dit -on, un bruit semblable à celui du parchemin que l'on agite, et qui serait dû aux frottemens des lames péritonéales desséchées et enflammées. A ces signes locaux, se joignent promptement des phénomènes généraux tels que : faiblesse, petitesse, accélération extrême, état vermiculaire du pouls en rapport avec le refoulement du cœur et des poumons, et avec la difficulté que le diaphragme éprouve à s'abaisser. Diminution de la

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