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PÉRITONITE, PERFORATIONS

symptômes actuels d'una hyperpéritonite, sont ici les seuls moyens d'établir le diagnostic. Il faut se rappeler, à cette occasion , que c'est surtout à la suite de maladies de l'estomac où la diète a été excessive et prolongée, et d'affections carcinomateuses , ou encore ultérieurement à Tentérite typhohémique que l'on voit le plus souvent survenir les perforations. — Lors donc, que dans des cas semblables, une hyperpéritonite se déclare d'une manière très brusque, il faut craindre qu'une ouverture spontanée n'ait eu lieu, et qu'il n'y ait accumulation, dans la cavité du péritoine, des matières contenues dans l'intestin. Dans ces cas, survient souvent une véritable aéro-péritoneclasie (distension du péritoine par des gaz) ; cet accident est le résultat du passage des fluides élastiques intestinaux ou gastriques dans Tabdomen. Alors la tuméfaction du ventre est subitement très considérable; le son produit par la percussion présente un caractère tympanique très prononce, et à peu près égal sur tous les points de l'abdomen. Le plus souvent, dans les péritonites, il y a aussi une accumulation très prompte de liquides dans la cavité abdominale. Les perforations de la vessie, et surtout de la vésicule biliaire, sont souvent suivies d'une hyperpéritonite extrêmement aiguë, et très promptement mortelle. La circonstance commémorative d'une plaie abdominale, et l'invasion très brusque d'une hyperpéritonite peuvent faire croire que quelque viscère a été intéressé par l'instrument vulnérant. Certaines' perforations intestinales marchent d'une manière plus chronique, et sont suivies d'une péritonite plus latente; tel est le cas qui a été précédemment cité (2569). L'issue de gaz stercoraux, de fèces, de bile, d'urine par

634 PÉRITONITE TYPHOHÉMIQUE,

la canule du Iroquart, et cela dans ia paracentèse pratiquée pour un épanchement , suite d'une péritonite , devraient faire admettre qu'il y a eu perforation des organes qui , dans l'état normal , contiennent les matières qui viennent d'être énumérées.

2611. Péritonite typhokémique. C'est celle qui se développe sur certaines femmes soumises à l'action des causes putrides dans les jours qui suivent l'accouchement. Ses symptômes sont ceux de la lyphohémie (864 ) ? réunis aux phénomènes de l'hyperpéritonite (2609). Presque toujours, elle est compliquée de phlébite ou d'angio-lymphite utérine (244 Oî comme elle se développe le plus souvent à l'époque de la fièvre de lait , il est croyable que la présence des élémens de celui-ci dans le sang n'est pas étrangère à sa manifestation. L'analyse chimique n'a pas encore décidé complètement la question. Ce qu'il importe au praticien, comri^e diagnostic, c'est de se rappeler ceci : lorsque des femmes en couche ont habité un lieu encombré, mal aéré ; lorsque des caillots putrides ont séjourné dans l'utérus, etc., s'il survient de la douleur au bas-ventre ou dans les flancs , des frissons initiaux, du météorisme , une altération profonde des traits, il faut redouter l'invasion de la métrite typhohétnique , et se conduire comme si elle existait. L'existence d'un épanchement constatée par la percussion, la palpation et la fluctuation , donnerait à ce diagnostic une très grande certitude.

2612, Hydropéritonie (sische , hydropisie abdominale). Ses caractères se tirent principalement de la plessimétrie (2558 et suiv.), de la fluctuation (2546), derinspection(2536),etils ontétéassez exactement

HÉMOPÉ RITON i l\ R H AGIE .

exposés aux n^s précédens pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. Seulement, il faut remarquer que l'état œdémateux do tissu cellulaire sous-tégumentaire , l'aspect blême et infiltré des traits, l'enflure des extrémités inférieures et des lombes en sont des symptômes très fréquens; et qu'une soif vive, des urines rares et une peau sèche coïncident souvent avec l'hydropéritonie qui , dans peu des cas, est partielle. Voyez d'ailleurs pour ses symptômes fonctionnels les n°* 2694 et suivans. Le diagnostic de l'hydropéritonie n'est complet et suffisant qu'autant qu^on a pu reconnaître la lésion organique qui a donné lieu à l'accumulation de liquides dans le péritoine (4i4j 4^5, 4^7? iS5i, 2000, 2059, 24^51, 2498, ete}. Il ne faut pas oublier non plus que, dans des cas où l'ensemble des symptômes porterait à penser qu'il n'existe pas d'ascite , il arrive que des signes physiques , tels que les résultats de la percussion plessimétrique, démontrent qu'une certaine quantité de liquide est accumulée dans le péritoine. Il est donc utile d'explorer l'état de la membrane séreuse abdominale sur des malades , alors même que l'on n'aurait pas de motifs pour supposer le développement d'une hydropéritonie.

2613. Hémopéritonirrhagie (épanchement de sang dans le péritoine). Ses signes physiques sont les^ mêmes que ceux des autres épanchemens abdominaux (2612); seulement le liquide, en raison de sa viscosité et de sa disposition à se coaguler, ne gagne que lentement les parties déclives (2666) . De là vient que l'existence de collections sanguines, dans le péritoine est souvent difficile à constater, même par la plessimétrie. Les circonstances commémoratives d'une blessure qui aurait pu in-

AÉRO-PÉRITONIE,

téresser un vaisseau; l'écoulement abondant de sang par une plaie éloignée des grosses artères pariétales; l'existence préalablement reconnue de quelque tumeur anévrysmale dans l'abdomen ; l'invasion brusque des phénomènes delapolyanhémie (846) portés très loin ; les troubles extrêmes, et la faiblesse dans l'action du cœur et dans les batlemens des artères, joints à des accidens d'encéphalohémie (syncope), etc., pourraient faire reconnaître l'hémorrhagie dont le siège dans le péritoine serait mieux constaté, si la matité plessimétrique se déplaçant par le changement de position du sujet , venait à se manifester dans la cavité abdominale. Quant à la péritonite hémorrhagique, on ne peut guère la reconnaître avant la necroscopie, que par le liquide sanglant qui s'échappe lorsqu'on pratique la paracentèse.

26i4« \JaérO'péritonie (dégagement ou accumulation de gaz dans le péritoine] . Cet état organopathologique ne paraît jamais être primitif; il est la conséquence fréquente de perforations du tube digestif, et peut-être du dégagement de gaz auquel donnerait lieu le pus accumulé à la suite d'une péritonite. Cela pourrait surtout avoir lieu lorsqu'une certaine quantité d'air, ayant pénétré dans la cavilé péritonéale, par une ouverture des parois, aurait altéré le liquide épanché. Une résonnance tympanique très prononcée, et partout égale , reconnue parla percussion, jointe à la distension considérable du ventre et aux circonstances commémoratives des affections dont Taéro-péritonie serait le symptôme, pourraient, dans certains cas, éclairer le diagnostic. La sortie du gaz par la canule du troquart laisserait encore des doutes sur la question de savoir si ces fluides élastiques pro

PÉRITONI-SARCOMIE.

viendraient du tube digestif, ou de la cavité du péritoine. Une incision, couche par couche, fournirait bien la preuve que les gaz qui s'échapperaient sortiraient de la cavité même du péritoine ; mais cette opération n'est guère proposable qu'à la nécroscopie.

261 5. L'épanchement de gaz dans le péritoine, surtout de ceux qui proviennent de l'intestin (car des expériences nombreuses prouvent que le contact de l'air n'est pas dangereux pour les membranes séreuses non remplies de liquides) (1); est promptement suivi de la formation et de l'accumulation d'un liquide; de là, une hydro-aéropéritonie, ou plutôt une pyo-aéro-péritonite, dont les signes physiques se composent , soit de ceux de Tascite , et de la péritonite , soit des caractères de l'aéro-péritonie.

2615. Pmï^?wi-sarc6>m«V (cancer du péritoine). Les diverses parties du tissu cellulaire sous-jacent au péritoine, peuvent devenir le siège de tumeurs cancéreuses , et l'épiploon surtout est, en quelque sorte, parfois transformé en une masse composée de tissus squirreux et encéphaloïde, qui recouvre les viscères en formant une sorte de tablier. La même altération de texture a quelquefois lieu dans les parois et dans le mésentère. Les signes de ces tumeurs se déduisent : r des circonstances commémoratives, d'autres cancers (tels que ceux du testicule, de l'utérus, etc.), auxquels aurait suc-

(i) Voyez Tarticle air de M. Ollivier d Angers, sur ce sujet, dans le Dictionnaire de médecine. Ce remarquable mémoire tend à prouver que le fluide atmosphérique n'agit sur le tissu cellulaire et les membranes séreuses, que par la température, ainsi que l'admet M. le docteur Guyot.

638 PÉRlTOiNl-STRUMOSIE.

cédé la maladie de riiilestin ; 2« des douleurs coïncidantes, et consistant dans des brùlemens , des élancemens (il faut avouer que ces douleurs sont parfois presque nulles); dans la présence de tumeurs bosselées et inégales, constatées par la palpation et par des degrés variés de matité et de résistance au doigt qui percute ; 4° par des troubles fonctionnels en rapport avec la gêne que les organes voisins éprouvent, consécutivement au développementdes tumeurs sarcomateuses. C'estainsi que, dans les cancers de Tépiploon, la distension de l'estomac est très difficile, que le malade peut à peine manger de faibles quantités d'alimens à la fois, et que les vomissemens sont fréquens, etc. Il faut avouer, du reste, que le diagnostic de ces tumeurs cancéreuses des replis périionéaux est souvent fort obscur, et que ce n'est souvent qu'à la nécroscopie qu'on les constate. Le plus ordinairement^ on les prend pour des tumeurs des organes qui avoisinent les parties affectées. La percussion, dans les cas où l'épiploon est sarcomateux et très épais, fait trouver, il est vrai , moins de son qu'à l'ordinaire ; mais il serait souvent difficile, sinon impossible, de dire si cette matité dépendrait de parois épaissies, ou de graisse accumulée dans le tube digestif. J'ai vu plusieurs cancers épiploïques dans lesquels l'épaisseur de l'omentum était de quelques lignes, et cependant l'on n'avait pu reconnaitre, pendant la vie, cet état organo-pathologique. Lorsque les tumeurs abdominales sont très épaisses, elles ont souvent des signes physiques presque semblables à ceux que donnent les ovaires, l'utérus, les reins, le foie hypertrophiés et affectés de carcinome (n°' 2498, 245 1, 2157, 1878, etc.)

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