‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 104 sur 295 · llruiti · texte numérisé non relu

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Des bruits de souffle et des battements s'y font entendre dans plusieur> circonstances normales ou pathologiques.

Des battenïents isocinones au pouls sobservent souvent à Tépigastre tl au-dessus de l'ombilic, chez les personnes maigres, très nerveuses, et surtout chez les hypochondriaques. Ce sont des battements de transmission de Tondée sanguine de l'aorte abdominale.

Des battements très fré(|uents, plus accélérés que ceux du cœur, s entendent à rhypogastre chez les femmes enceintes à la fin de la gestation. C'est un excellent signe de la grossesse, et qui résulte de la transmission du bruit forme par les mouvements du cœur du fœtus. Les bruits de souffle qu'où entend dans le ventre ne sont appréciables que dans les trois circonslauce^ suivantes : 1" Tanevrysme de l'aorte abdominale; 2** les tumeui^s volumineuses anomales de l'utéius comprimant la veine iliaque, et par cela même produisant le soulfle; 3 enfin, la grossesse, cas le plus ordinaire dans lequil le soulfle, attribué par les uns à la circulation des parois utériueb, ni»' parait devoir être, ('onnne dans la circonstance précédente, attribué à l^ compression des veines iliaques par l'utérus en état de gestation.

j^ •. — Douleur.

La douleur de rentre, dont je parlerai plus loin, se présente avec k double caractère de la spontanéité ou de la provocation par i*appui des mains. Ce sont des élancements, des coliquesy{\es douleurs provoquées piit

SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DB L ABDOMEN. S9i

k ptlptlion, ou des épreintes et du tHiesme s*il s'agit de souffrances au moment de la défécatioii. D'après leur siège, ces douleurs ont une signilicatioo diflérente et caractérisent des maladies d'estomaci d'intestin» du œcum, du côlon, du foie, de l'utérus, des reins, etc.

La douleur spontanée, sourde, avec brûlure à l'épigastre, se rattache aux aOections nerveuses chlorotiques de l'estomac si la digestion reste bonne, et à la gastrite aigué ou chronique, au contraire, si la digestion est douloureuse, pénible, accompagnée d'un léger mouvement fébrile. Elle porte le non éa gaUralgie dans le premier cas et de dy$pep$ie dans le second. — Des douleofs également spontanées, d'une forme à peu près semblable, s'observent entre l'ombilic et l'épigastre chez les sujets habituellement ooDStipés ou ayant des alternatives de diarrhée et de constipation. Elles appartiennent au côlon plus qu'à l'estomac; c'est une véritable cMonaigie t|ui se rattache à l'atonie du caecum et à l'obstruction du côlon par. les nialières iécales.

Les coliques sèches s'observent, soit dans le choléra sec, qui est très rare, soit dans la colique sèche des pays chauds, dont la nature est peu conque, soit dans la colique de plomb et dans les obstructions de l'intestin. — Les coliques humides, au contraire, sont le signe de l'irritation gastro-intestinale, de l'entérite aiguë ou chronique, de tumeurs cancéreuses de l'intestin et de toutes les maladies accompagnées de flux intestinal. Quelques personnes ont soutenu qu'il n'y avait de coliques que dans le côlon, parce que seul il recevait des nerfs de la vie de relation. C'est une erreur. Toutes les parties de l'intestin, ordinairement insensibles dans l'état normal,acquièrent, comme les tendons par exemple, une sensibilité organique très grande dans l'état de maladie, et les intestins grêles, malades et ulcérés, peuvent devenir aussi douloureux que le gros intestin.

Les douleurs spontanées de la défécation, épr^ifites ou ténestne^ annoncent toujours une dysenterie plus ou moins forte, des hémorrhoîdes, un rétrécissement du rectum ou une fissure à l'anus. On reconnaît qu'elles proviennent de la dysenterie aux matières rendues qui sont peu abondantes, glaireuses et ensanglantées ; aux hémorrhoîdes par ce que les matières sont mélangées de sang pur; aux rétrécissements du rectum qui produisent un suintement muqueux sanguin violent; enfin, à la fissure anale par le sentiment de brûlure horriblement douloureux qui suit la défécation.

n y a des douleurs spontanées de Thypochondre droit, revenant irrégulièrement par crises plus ou moins fortes, d'une feçon intermittente, souvent accompagnées d'ictère : ce sont des coliques hépatiques^ et elles révèlent ordinairement la présence de concrétions dans les conduits biliaures ou de calculs biliaires.

Des douleurs également spontanées d'une acuité intolérable, revenant par crises intermittentes irrégulières, accompagnées de vomissements sans fièvre, se montrent quelquefois à la région lombaire et dans le flanc. Ce sont Àes coliques néphrétiques annonçant l'existence de calculs dans les reins, les l>assinets et l'uretère.

^0^ SIGNES FOURNIS PAU L*JlABlTtDE DU COUPS.

Des douleurs lancinantes, accompagnées d'un sentiment de contracliun, s'observent souvent à l'In pogastre pendant la menstruation ; elles déjM'iident de la contractilité utérine mise en jeu, et elles appartiennent à la d\sménorrliéc. Ce sont des coliques utérines se rapprochant beaucoup d».s douleurs lancinantes qui existent pendant quelques jours après raccouchement.

La douleur provoquée est tantôt circonscrite ou partielle, et tantôt géiitrale. La j)remière s'observe à l'épigaslre dans la gastrite et dans le cancer de l'estoiiKic; dans toute la fosse iliaque droite dans la fièvre typhoïde ei les maladies aiguës ou chroniques du caecum ; sur le trajet du côlon dans la dysenterie ; à l'h y pogastre dans la métrite aiguë et dans les phlegmons de l'ovaire ou du ligament large, etc. Elle n'existe partout que dans l'entérite et la péritonite ; mais, dans cette dernière maladie, à l'état très aigu, elle a quelque chose de vraiment caractéristique. D'une acuité intolérable, elle esl tellement vive, que le moindre mouvement et le plus faible contact sur le ventre arrachent des cris de souffrance aux malades.

Quand la douleur est ainsi très aiguë et arrive subitement dans le cours d'une maladie antérieure telle que la fièvre typhoïde ou l'entérite ulcéreuv'. elle indique une perforation de l'intestin avec péritonite presque toujours mortelle.

Il V a enfin à l'intérieur du ventre des tumeurs dures ou fluctuantes, nées dans les nombreux organes contenus dans celte cavité. On les trouve à la région du foie. Si elles sont fluctuantes, anciennes et peu douloureuses, c'est qu'il s'agit d'un kyste hydatique; — si elles sont dures et maronuées, il s'agit de tumeurs cancéreuses, et s'il n'y en a qu'une seule au bord libre du foie il s'agit d'un vésicule biliaire, distendu par des calculs.

A la région épigastrique, si la tumeur occupe l'estomac elle résulte d'un cancer du pylore ou des parois gastriques.

Dans lu fosse iliaque droite, c'est une obstruction slercorale donnant lieu à de la typhlite ; — dans les flancs, ce sont des reins mobiles.

Au fond de l'ombilic, sur la ligne médiane, ce sont des tumeurs tuberculeuses du mésentère.

A rhypogaslre, si la tumeur est fluctuante, c'est la vessie distendue; si elle est latérale, c'est un kvste de l'ovaire.

Si elle est dure, ovoïde, résistante, animée de battements ou occupée par des mouvements actifs, c'est une grossesse et alors, selon la fonne et l'épotiue de la gestation, comme l'a fait connaître Matlei, on distingue la position du fœtus, et il est même possible de faire la version à travers les parois abdominales.

Ces tumeurs, par leur siège, par leur résistance et leur forme, indiquent en partie leur nature; mais malgré tout l'intérêt qui se rattache à leur élude, je me borne à les signaler pour ne pas trop effleurer un sujet qui est complètement du domaine de la pathologie spéciale.

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