DÉSORDRES DE L'INNERVATION
canis, qui est le plus haut degré de l'assoupissemenl et dans lequel on m* peut rien tirer des individus. C'est également ce qu*on appelait autrefois léthargie ou mort apparente.
Le coma est donc caractérisé par un sommeil profond, dans lequel Tiiitelligence, la sensibilité et le mouvement sont plus ou moins diminués. Il y a une sorte de résolution générale des membres, sans paralysie, et de temps à autre quelques mouvements spontanés, quelques contractions des membres après l'irritation de la peau, et enlin quelques mots inintelligibles après de pressantes sollicitations. Le visage est morne, presque immobile: il exprime l'abattement; les paupières sont demi-closes et les pupilles dilatées ou inégalt'S, ce (|ui distingue le coma du sommeil physiologique, dans lequel il y a toujours contraction des pupilles. — L'atropine exerce encore son action sur l'iris, qu'elle dilate au bout d'un quart d'heure, et à l'ophthalmoscope on voit le fond rouge de la choroïde traversé par les veines et les artères de la rétine sortant de la papille optique. — La respiration est lenlc ou profonde, souvent accompagnée d'un faible ronfleRient produit dans la gorge ou sur le bord des lèvres. Les battements du cœur persistent avec leurs caractères naturels, différence importante avec l'étal de syncope, ou ils sont rares et affaiblis ; avec la mort, où on ne les entend plus du tout. Ce sont des exemples de coma et de syncope qui ont été pris très souvent pour des cas de mort, suivie de préparatifs d'inhumation. Au temps où l'on ignorait l'auscultation, de semblables erreurs pouvaient être commises; mais à juvsent que Ton connaît les conditions matérielles de la vie qui résident dans le jeu du cœur et dans la possibilité d'apprécier ses battements au moyen de l'oreille, il est impossible de commettre de semblables fautes. Dans lasonmolonce, le coma, le carus, la léthargie, sauf obstacle situé au devant du cœur, on entend toujours à la région précordiale des batlemenli faibles, rares, éloignes, qui disparaissent dès que la vie a cessé. L'absence prolongée dos bruits du cœur sous l'oreille est, comme je l'ai démonlré(i), un dos signes les plus certains d^} la mort. Si l'on joint à ce caractère ceux qui rosullont do la cardiopuncture, — de l'abaissement de la lerapéralure à -^ -0 dogros, — et do la décoloration blanche de la choroïde que j'ai fait connaître, on verra qu'il n'est pas possible de confondre c«s cas avec la SNncopo.
l.o coma dure plus ou moins longtemps, suivant la nature de la cause qui lui a donne naissance. C'est un phénomène dont rimporlance diagnostique n'est psis considérable, car il se renconliv dans une foule de maladies dilTiMvnlos. Ntanmoins il fournil quelques lumières au diagnostic et au pivnoslic. Air.st la man.ère dont il s'eiabiit est utile à considérer.
Le coma sursonu dune manière Scv:»i'./j(rr et progressive, dans le cours ou à la tin d'une v.K\ia i.o, résulte toujours d'une maladie cérébrale. Alors rophihahnoscv»pe permet habituellement de reconnaître quelque lésion de
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la papille optique, de la rétine ou de la choroïde, de la nature de celles que j'ai indiquées. Au contraire, le coma phénomène primitif est plutôt la conséquence d'un état nerveux grave, d'une maladie adynamique, d'une fièvre pernicieuse apoplectique, etc., bien qu'il ne faille pas faire de cette assertion un principe général. Dans ces cas, l'oplithalmoscope ne révèle qu'un peu de congestion au fond de l'œil.
On observe le coma comme symptôme d'un grand nombre de maladies du cerveau, dans la méningite simple y dans la méningite tuberculeuse ou rkumatismaley après la période de vomissements et de constipation, avant le délire, les convulsions et la contracture ; dans Yencéphalite aiguë, après les autres phénomènes de la maladie ; dans la compression du cerveau par des épanchements de sang, de sérosité, à la suite d'une chute sur la tète, par un enfoncement des os du crâne et par les tumeurs de la dure-mère ; dans la congestion cérébrale et dans Vhémorrhagie du cerveau; mais dans ee dernier cas alors, le coma arrive subitement et s'accompagne de phénomènes de paralysie très marqués.
Ce phénomène s'observe en outre dans un grand nombre de maladies qu'il est difficile de rapporter à une altération matérielle du cerveau et de ses enveloppes. — Il succède à la syncope subite produite par une impression morale vive, une grande frayeur et un profond chagrin. -£- Il est le êjfmptôme constant des attaques d*épilepsie après leur période convulsive, et il dure de quelques heures à un jour entier. C'est alors un signe de congestion cérébrale. ^ On Tobserve après certaines attaques d'hystérie très violentes, et c'est le symptôme capital de la fièvre pernicieuse apoplectique ou comateuse: mais alors il revient d'une façon intermittente, régulièrement périodique, fait capital que le médecin ne doit pas ignorer, pour prévenir la mort en administrant le suUate de quinine aussitôt la fin du premier accès. — Le coma s'observe aussi dans l'anémie des centres nerveux produite pftr une hémorrhagie considérable et par Tinanition. C'est le symptôme capital de la congélation et de la mort par le froid ; car, ainsi que l'a dit Solander : Quiconque s'assied s'endort^ et qui s'endort ne se réveille plus. Enfin, tout empoisonnement et toute asphyxie peuvent le produire, comme on peut le voir dans Tivresse alcoolique, dans l'éthérisation par Téther et par le chloroforme, dans l'intoxication par le plomb, par l'opium, par les aolanées vireuses et dans l'asphyxie.
J'ai observé deux cas de coma sans fièvre ni aucun autre accident nerveux, dans lesquels les malades sont restés endormis plusieurs mois. On les taisait manger avec la sonde œsophagienne sans les réveiller. — C'étaient des lypémaniaques qui par moments se réveillaient, causaient avec lucidité, n'étaient que tristes et ne donnaient pas de signe de folie violent.