‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 132 sur 295 · SIGNES FOURMIS PAR L'AUSCVLTATION DU CŒUR · texte numérisé non relu

SIGNES FOURMIS PAR L'AUSCVLTATION DU CŒUR

à la technique de rauscultation, page 60, mais il importe ici de reprendre la question sous un aspect nouveau et d'exposer les signes fournis au diagnostic par la connaissance des phénomènes révélés par l'examen du cœur et son auscultation.

Le frémissement vibratoire ou cataire sous la main appuyée sur le cœur, et qui peut encore mieux être apprécié par l'oreille, indique quelquefois la péricardite exsuéUUive^ sans épanchement de liquide, mais ce n'est qu*un faible frottement; — au contraire, le frémissement avec susurrus, entendu à la base, indique un rétrécissement de V aorte; — à la pointe du cœur, une insuffisance mitrale^ et en haut du sternum, à la partie supérieure de l'aorte, un anévrysme aortique.

Le déplacement de Vimpulsion et, des bruits cardiaques indique soit une inversion des viscères, soit un épanchement de la plèvre, soit une maladie orp:anique du cœur et des gros vaisseaux. — Ainsi les épancheroents pleurétiques du côté gauche font que l'on entend les bruits du cœur à droite du sternum, et jusque sous le mamelon droit, tandis que les épanchements considérables de la plèvre gauche refoulent moins le cœur, mais cependant les bruits s'entendent mieux dans le cinquième espace, en dehors du mamelon, sur la ligne axillaire.

Le déplacement des bruits du cœur en bas indique une tumeur placée aa voisinage des oreillettes ou un anévrysme de l'aorte.

Vétendue du retentissement des bruits du cœur, chez un sujet qui n'est aucunement malade, annonce des palpitations nerveuses, mais chez quelqu'un qui est déjà sérieusement malade, cette transmission éloignée des bruits lévèle une infiltration tuberculeuse commençante, une hépatisation pulmonaire, une pléiade ganglionnaire tuberculeuse du médiastin, ou une forte hypertrophie du cœur. Dans ce cas, les battements s'entendent jusque dans le dos.

Là diminution d'intensité des bruits indique l'hypertrophie concentrique du cœur; la symphyse cardiaque ; l'emphysème pulmonaire qui couvre le coeur; l'hydropéricarde et la syncope.

La disparition prolongée des bruits du cœur, avec cessation du pouls, est le signe de la mort.

Si Ton étudie la signification des perturbations de rhythme des bruits cardiaques^ on voit que :

Le tic-tac normal, remplacé par des inégalités de contraction ou par des iatermiUences incomplètes, appelées faux pas du cœur^ indique une péricardite partielle ou une myocardite ; — une endocardite chronique, avec lésion valvulaire. primitive ou secondaire; — une dyspepsie intestinale, amenant une névrose cardiaque, ou enfin une lésion des origines du pneumogastrique, par la méningite tuberculeuse , par les tumeurs cérébrales et par les compressions du cerveau, à la suite d'un traumatisme.

Un seul bruit du cœur s'observe parfois avec soufQe systolique, lorsqu'une lésion des orifices empêche le claquement du redressement valvulaire.

Trois et quatre bruits du cœur simulant un bruit de galop ou de rappel^

304 TROUDLES DE l'APPAREIL CIRCULATOIRE.

nullement modifiés par la respiration, indiquent une péricardite ou unt hypertrophie du cœur avec néphrite parenchymaleuse, mais ce triple bniil existe quelquefois d'une façon intermittente à I*état normal, par le fait même des mouvements respiratoires qui augmentent ou diminuent la prev sion du sang dans Taorte.

Les bruits de souffle, de ràiie ou de sci(\ avec piaulement, indiquent toujours une maladie organique du cœur.

Rétrécissement de Vovifice aortique. — Un fort bruit de souffle au premier temps, c'est-à-dire systolique, à la base du cœur et en dedans du mamelon, est toujours le signe d'un rétrécissement aortique.

Insuffisance de Vorifice aortique. — Les bruits de souffle diastoliques, c'est-à-dire au deuxième temps, placés dans la même région, à la base et en dedans du mamelon, sont le signe d'une insuffisance des valvules de l'aorte et alors ils ont souvent le caractère récurrent donnant lieu h uu bruit qui se dirigerait de haut en bas.

Insuffisance de Vorifice auriculo-ventriculaire. — Un fort bruit de souffle systolique, c'est-à-dire au premier temps, entendu à la pointe du cœur et à la base, en dehors du mamelon, du coté de raisselle,est loujour> signe d'une insufflsance de l'oritice auriculo-ventriculaire, dû à une lésion des valvules mitrales.

Rétrécissement et insuffisance de Vorifice auriculo-ventriculaire. — Les bruits de souffles sysloliques, au premier temps, entendus à la pointe du cœur et à sa base, précédés d'autres petits bruits de souffle présystolique, annoncent qu'il y a eu en même temps rétrécissement et insuflisance de Torilice auriculo-ventriculaire.

Rétrécissement et insuffisance de Vorifice aortique. — Un double bruit de souffle, en dedans du mamelon et à la base du cœur, révèle le rétrécissement et l'insuffisance des valvules aortiques.

Rétrécissement de Vartère pulmonaire, — Un seul bruit de souffle, du premier temps, à la base, en dedans du mamelon, au niveau de la troisième cote vers le sternum, est le signe probable d'un rétrécissement de l'artère pulmonaire, mais, s'il y a en même temps de la cyanose, ce rétrécissement est certain.

Rétrécissement aortique et insuffisance mitrale. — Un double bruit de souffle systolique, c'est-à-dire au premier temps, l'un placé en dedans du mamelon, près du sternum, et l'autre en dehors du mamelon, vers Tais selle, et se propageant à la pointe du cœur, indique, le premier un rétrécissement de l'oriflce aortique, et le second une insuffisance de rorifice mitral.

Insuffisance aortique et insuffisance mitrale combinées. — Un double bruit de souffle, entendu l'un en dedans du mamelon, au second temps, et l'autre en dehors du mamelon, ou la pointe, au premier temps, indique, le premier une insuflisance aortique, et le second une insuffisance milnde. c'est-à-dire une insuffisance des deux orifices du cœur gauche.

Si les bruits de souffle intracardiaques ont le caractère du piaulement

SIGlfBS FOURNIS PAR LA PALPATION DBS ARTÈRES ET LE POULS. 395

el de la sde, du rouêt et de la rdpê^ ils annoncent qu'il existe un rétrécissement très prononcé des orifices cardiaques.

S&uflbs chlarotiques. — Certains sotifOes doux, entendus au premier temps, en dedans du mamelon, à la base du cœur, et se prolongeant dans Faorle, ont été attribués à la chlorose et appelés ehlorotique^i par opposition aux autres souffles qui ont été qualifiés de souf/feê brganiqùeê; mais il y a beaucoup à dire sur ce sujet, et les souffles appelés chlorotiqùes ne sont que des souffles dus à l'endocardite végétante spéciale qui accompagne h chlorose.

Périeardite êicke. — Certains bruits de frottement de la base du cœur, ayant le caractère de frôUment^ de craquement^ de cuir neuf^ souvent confondus avec les souffles intracardiaques sont, au contraire, extrûcardlaquêê^ et ils annoncent le premier ou le dernier degré de la péricardite, c'est-à-dire là péricardite sèche, avant l'épanchement ou après la résorption.

Page 1