ET LE POULS
La palpation des artères avec le doigt permet d'apprécier l'impulsion qu'elles reçoivent de l'ondée sanguine sortie du cœur, en même temps que la force, la fréquence et la régularité de cette impulsion. C'est le pouls.
Sans en connaître exactement la cause, Hippocrate et ses disciples ont signalé ce phénomène dans ses rapports avec le diagnostic et avec le pronostic, mais d'une façon si incomplète, qu'il na nous est presque rien resté de leurs observations. C'est Galien qui, par de nouvelles recherches, ajoutées à celles de ses maîtres, a fondé la doctrine du pouls. Malheureusement les nombreuses subdivisions qu'il a introduites dans l'étude du pouls, peu justifiées par l'observation, loin d'éclairer le sujet, n'ont fait que jeter la confusion dans les esprits, et les quarante-deuK espèces de pouls signalées par lui ne sont plus citées que comme des documents historiques bons à consulter, mais inutiles à la science.
A une époque plus rapprochée de nous, en 1731, Fr. Solano publia de nouvelles et intéressantes recherches (1) dans lesquelles on voit que cet auteur, interprétant les caractères du pouls à l'eKcmple de Galien, trouvait qu'ils pouvaient indiquer ici une hémorrhagie nasale, ailleurs de la diarrhée, des convulsions, des sueurs, etc. De ces essais fécondés par Bordeu(2) et Fouquet (3), sortit la doctrine du pouls et le système de sphygmologie
(1) SoUno, L^>ii lydiuê Apollinis, Madrid, 1731, io-fol. — Traduit en anglais par iiCtfOM Nik«U.
(i) Sordeu, Reekerekei iur le pouls, 1756. (3) Pouqiiel, Bimiw lepouU. Montpellier, 1707.
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de Técole de Monlpellier. Celle doclrine n a plus qu'un intérêt hislor qi> . et sauf quelques points de détails depuis longtemps acquis à la science, il n'en est rien resté que le souvenir d'observations ingénieuses, mais ln.[. subtiles pour élre vériliées.
Le pouls est Timpulsion communiquée au\ artères par Fondée sanguii.»qu'elles reçoivent au moment de la contraction des ventricules du cœur. Il résulte de la dilatalion intermittente des artères revenant sur elles-numts en vertu de leur élasticité et de leur force contractile, car, en outre de lnir tissu élastique, elles ont une couche contractile destinée à diminuer ou i élargir le diamètre des vaisseaux, selon ([u'elle se contracte dans le sen>du diamètre ou de la longueur des artères. Chaque diastole artérielle proiluil, sous le doigt, un choc qui indique le degré de tension du vaisseau et «jui coiTespond à la systole cardiaque, dont elle révèle la plus ou moins graiidr énergie. Elle coïncide avec le premier bruit ou systole du cœur. — Lacontraclililé augmentée ou aiïaiblie des artères et des capillaires, produite par différentes causes, peut modifier l'action du cœur et changer les caractères du pouls, mais la pulsation artérielle reste, dans son principe, un elTri des contractions cardiaques contre lesquelles luttent l'élasticité et h contractilité des artères et des capillaires. — M. Marey a combattu celU' manière traditionnelle d'envisager le pouls, en le plaçant exclusivement sous l'influence du relâchement primitif ou de la contraction du S}sleme capillaire, qui serait alors la cause de la fréquence, de la lenteur ou de la force des mouvements du cœur, mais cette opinion ne saurait èlr»' admise.
Le pouls doit être étudié sur les artères radiales, à Tendroil du poignet où elles sont superlicielles, c'est-à-dire près de Tarticulation du poignet eu dedans du tendon de l'abducteur du pouce. On le trouve également, raai> d*une façon moins nette, aux artères temporales, sur la carotide, elsurle> artères crurales.
Le pouls représente-t-il toujours la force de contraction du cœur? Oui dans les grosses artères, mais dans les petites le fait n'est point aussi évident. Chez les lapins au moins on sait que les petites artères, celles de l'oreille, ont des mouvements autonomes rhythmiqucs, distincts de coui du cieur. S'il en est ainsi, ou s'il j a quelque chose d'analogue ch» z l'honnne, il est impossible de n'en pas tenir compte pour expliquer ce qu'on appelle les battements nerveux des artères.
Pour explorer le pouls à l'artère radiale, il faut y appliquer rexlrémile libre de la face palmaire des trois doigts, index, médius et annulaire, réunis de manière à pouvoir comprimer et relâcher doucement le vaisseau contre le radius, sur le(]uel il appuie, ihi apprécie de cette manière la tension du vaisseau ainsi que la lre(|ueHce, la force, la dépressibilité, la mollesse, la régularité de l'impulsion artérielle. .Vlin de ne pas se tromper dans Tétude du pouls, il faut compter assez longtemps, c'est-à-dire pendant un quart ou une demi-minute, sur un bras et sur l'autre, à laide d'une montre à secondes ou d'un sablier mesurant un quart de minute.